octobre

DIMANCHE 1er : Père Abbé n’était pas remonté d’Assise avec Père Timon que F. Bernard-Marie descendait toute la France jusqu’au pays basque, où se tient à Belloc une réunion de fromagers monastiques.  Nous avons communié au Chapitre Général par des comptes-rendus lus au réfectoire et par les commentaires de Père Abbé aux chapitres du soir.
SAMEDI 7 : Après cinq pleines semaines passées en Europe, Père Timon a grande hâte de rejoindre sa communauté de Maromby et F. Louis-Marie plus de hâte encore de la retrouver en l’y accompagnant. Il nous reviendra pour la Noël, remplacé d’ici-là à la schola par Père Jacques, à la cuisine par F. Daniel, au magasin par F. Laurent, au jardin et à ses bouquets par F. Gilbert. Le même soir, F. Daniel assisté de F. Patrick nous expose sur grand écran les dépenses et recettes de l’année écoulée.
DIMANCHE 8 : Dans la soirée, par KTO interposée, une interview de Dom Samuel, abbé de Novy Dvur en Tchéquie, se révèle être exactement la porte d’entrée qu’il fallait pour ouvrir la Visite Régulière que commencera demain Dom Lode abbé d’Orval : Où est Dieu dans votre vie ? Vous rend-Il heureux ? Dom Ginepro le rejoindra en fin de semaine pour conclure la Visite et, sans le vouloir, fêter avec nous les soixante années de profession de frère Henri.
LUNDI 16 : F. Vincent, qui ne fréquentait jusqu’à présent que des monastères flamands ou wallons, descend cette fois jusque dans les Cévennes où l’attendent nos Sœurs de Cabanoule pour une semaine de retraite.
MARDI 17 : Des travaux de restauration entrepris dans l’église paroissiale du monastère nécessitant le déménagement des chaises et du mobilier, leur ont trouvé une place toute désignée dans les alcôves vides de notre dortoir.
VENDREDI 20 : L’abbé Bernard Podvin se prête, une heure durant, à nous replonger dans les œuvres si savoureuses, et non retouchées, de St François de Sales, nous promettant même d’y revenir vendredi prochain.
DIMANCHE 22 : La présence à l’hôtellerie jusque vendredi de tous les novices et jeunes profès/professes cisterciens et bénédictins de langue néerlandaise, soit un total de 29 personnes en comptant leurs 4 encadrants, nous vaudra une causerie fort enrichissante de Sr Katarina de Nazareth sur les monastères de Belgique, des Pays-Bas et de leurs fondations congolaises.
LUNDI 23 : Une absence de 3 jours de Père Abbé lui permet de rejoindre à la Trappe les quelques Supérieurs de la Région Nord qui se rencontrent de loin en loin. Ce même jour, deux jeunes profès de la fraternité apostolique St Jean, Élijas de Lithuanie et Lazare du Togo, viennent partager intégralement quelques jours de notre vie de prière et de travail sous la conduite de notre Père-Maître Bernard-Marie.
VENDREDI 27 : L’abbé Podvin est revenu comme promis et nous a entre autres comblés de très courts extraits des œuvres salésienes ramassés en feuillets et cherchant à exprimer l’ensemble de sa spiritualité.

Après avoir écouté en lecture de réfectoire les ravages perpétrés par les talibans afghans Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans (Ed. Calmann-Lévy), nous poursuivons avec un ouvrage semblable, au Cambodge cette fois, devenu de 1975 à 1979 la proie des khmers rouges et que rédigea une réfugiée (Claire LY : Revenue de l’enfer. Quatre ans dans les camps des khmers rouges, aux Ed. de l’Atelier).

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Vingt-huitième Dimanche

Les invités au repas des noces.

Nous lisons en cette fin du Temps ordinaire, les derniers chapitres de l’Évangile selon Saint Matthieu. Jésus est à Jérusalem et il répond aux chefs des prêtres et aux Anciens qui le harcèlent de questions pour le mettre à l’épreuve et trouver une raison de l’arrêter et de le condamner à mort. Jésus est bien conscient de la situation. Il sait que ses jours sont comptés, et il met toute sa science au service de son message pour essayer de convertir ses interlocuteurs.
Mais plus Jésus leur parle, plus ils sont convaincus qu’il faut supprimer ce trouble-fête pour sauver l’unité du Peuple, comme le rapporte Saint Jean dans la condamnation par le sanhédrin, lorsque Caïphe affirme :
Il est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple. (Jean 18,14)
C’est dans un tel environnement crispé que Jésus, de plus en plus précisément, parle des événements qui se préparent. La semaine dernière nous avons entendu la parabole des vignerons qui tuent jusqu’au fils unique pour accaparer l’héritage. En filigrane il s’agissait évidemment de Jésus lui-même qui prévoit sa condamnation inéluctable.
Le repas auquel sont conviés les convives n’est pas un repas ordinaire, mais un repas de noces pour le Fils du roi. Cette image fait référence, pour les auditeurs de Jésus, à l’union nuptiale entre Dieu et son peuple, comme nous le rapporte le prophète Isaïe dans la première lecture de ce matin. Les invités refusant de venir, et maltraitant ou tuant les messagers, le roi ordonne d’inviter tous ceux qui se trouvent sur les chemins et dans les carrefours. On peut s’étonner que, alors que tout est prêt, le roi ait le temps d’envoyer chercher de nouveaux convives… mais cela fait partie de la puissance des paraboles. Cette fois, la salle des noces est pleine de convives.
Le roi vient saluer chacun des invités, avant que le repas ne leur soit servi… Et il s’arrête auprès d’un convive qui n’a pas le vêtement de noce. Et il est jeté dehors, sans autre forme de procès. Qu’est-ce que Jésus a voulu dire, et comment Matthieu a réécrit la parabole à l’intention des chrétiens de tous les temps ?
Jésus met les Juifs en garde contre le fait que, s’ils ne répondent pas à l’invitation de Dieu d’être Son Peuple, le Peuple de l’Alliance, le privilège leur sera enlevé et donné à un autre peuple qui en donnera les fruits. Dans les différentes paraboles que Matthieu rapporte dans ces derniers chapitres, Jésus interpelle les grands prêtres et les anciens du peuple. Il veut leur faire comprendre, par des images, qui Il est, pourquoi Il est venu et ce qu’Il espère du Peuple : sa conversion et la foi. Mais plus Jésus parle, plus les membres du Sanhédrin se braquent contre lui…
Lorsque Matthieu rédige cette parabole et qu’il annonce la destruction de la ville, il songe bien évidemment à la ville et au Temple de Jérusalem que l’armée romaine a détruits en l’an 70 de notre ère.
Les nouveaux invités, les méchants comme les bons, trouvés sur les routes et dans les carrefours, se rapportent à la communauté chrétienne pour laquelle Matthieu a rédigé son Évangile. Ils proviennent de toutes les nations, et ne peuvent se glorifier de quelque privilège que ce soit dans leur élection. C’est par pure grâce que Dieu nous a invités et qu’Il nous invite à célébrer la noce de son Fils.
Mais Matthieu les invite à ne pas se glorifier de remplacer les premiers invités qui n’en étaient pas dignes. Nul ne peut se glorifier devant la grâce que Dieu nous accorde, gratuitement.
Il en est de même pour chacun de nous. Nous devons nous revêtir de l’habit des noces. Nous devons accepter de vivre selon la loi de Dieu, qui est loi d’amour, et sans mépriser ceux qui s’éloignent de la religion ou de la pratique religieuse. Qui suis-je pour juger mon frère, comme le disait déjà Saint Paul à plusieurs reprises à ses correspondants…
Jésus nous invite au festin des noces éternelles, dans les cieux. À nous de nous y préparer, en mettant le vêtement de noce. L’eucharistie qui nous rassemble nous fait déjà goûter à la joie de l’union avec Dieu et à la communion entre frères. Demandons à Jésus de nous faire découvrir, toujours davantage, combien Il est heureux de nous voir nous rassembler et combien Il nous comble de ses grâces.

Frère Bernard-Marie

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Septembre

SAMEDI 2 : Père Abbé nous quitte dans la matinée, direction Assise et le Chapitre Général des 102 communautés masculines et 65 monastères féminins de l’Ordre; retour programmé pour le jeudi 28.
DIMANCHE 3 : Tard dans la soirée nous est rentré de sa Bretagne natale Frère Jean, qui s’est on ne peut plus discrètement replongé dans la vie communautaire avec 2 semaines d’avance sur le programme arrêté  : Voyez qu’il est bon, qu’il est doux, d’habiter en frères tous ensemble.
VENDREDI 8 : Le Père Simoens, s.j. , professeur au Centre Sèvres  présent à l’hôtellerie pour y prêcher une retraite, se prête à nous donner deux impressionnantes causeries sur Jean 17 ainsi que sur la lectio divina.
SAMEDI 9 : Frère Louis-Marie s’absente une petite semaine chez sa maman et son frère avant de partir à Maromby jusqu’à la Noël ; Frère Bruno sera de même en famille du 22 au 27.
MERCREDI 13 : FR 3 Régional prend  à  l’église à l’heure de tierce quelques prises de vues on ne saurait plus discrètes, suivies d’une interview en direct avec quelques frères dans le jardin et la fromagerie.
VENDREDI 15 : Second jour de rupture de l’année, marqué comme le précédent par un lever libre suivi des laudes et de l’eucharistie à 7H00.  Chacun a toute latitude jusqu’aux complies, y compris celle de sortir hors clôture, ce dont plusieurs ne se sont pas privés. Ce même jour le cellérier allume le chauffage de la maison.
SAMEDI 16 : Des membres plus ou moins nombreux de la Fraternité des Parvis, laquelle occupe le presbytère depuis plusieurs années,  nous rencontrent de loin en loin en vue de mieux se connaître mutuellement.
DIMANCHE 17 : Père Prieur part assurer à Paris jusqu’au samedi 29 la rentrée universitaire du STIM dont il a la charge ; et Père Abbé étant au Chapitre Général jusqu’au 28, il ne reste plus à notre très digne Sous-Prieur P. Jean-Pierre qu’à monter en ligne, ce dont il s’acquitte avec beaucoup d’élégance. La complaisance que nos supérieurs ont mise depuis quelque temps à nous proposer de loin en loin de courts métrages KTO ou autres d’une grande richesse  allègera d’autant sa tâche.
DIMANCHE 24 : À la sortie de la messe F. Jean a fait une lourde chute sur le perron en aidant un handicapé en fauteuil; il s’en tire grâce à Dieu avec quelques jours de lit suivis d’une marche prudente avec deux cannes, puis une seule, puis aucune…
JEUDI 28 : Père Abbé est des nôtres depuis le début de l’après-midi. En dépit d’un courrier mail extrêmement fourni, il lui reste encore beaucoup à raconter…
VENDREDI 29 : P. Prieur est à son tour bien rentré ; le mois peut à présent se terminer. Nous l’avions entamé en écoutant au réfectoire un livre du Père Lassus, o.p., consacré à une recluse camaldule de Rome, Nazarena, 1907-1990 (Éd. Ste Madeleine), auquel a succédé le récit d’un voyage de 2.400 km consacré par Dom Eamon à la visite de tous nos monastères d’Espagne, du sud au Nord et de l’est à l’ouest, et raconté de main de maître par le talent de son fidèle secrétaire le Père Siméon de l’Abbaye de Spencer…

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Vingt-quatrième Dimanche du Temps

Le serviteur impitoyable.

Lorsque Jésus propose des paraboles, il a l’art de grossir les choses pour faire émerger la vérité essentielle qu’il veut nous faire comprendre. Rappelons quelques excès de langages…
L’homme qui réussit à multiplier par dix le talent qu’il avait reçu, devient gouverneur de dix villes (Lc 17,17).
Jésus reproche aux scribes et pharisiens de filtrer l’eau pour en enlever le moucheron, tandis qu’ils vont avaler le chameau (Mt 23,24).
Le bon berger, qui laisse dans le désert ses 99 brebis pour rechercher l’unique qui s’est perdue (Lc 15,4).
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au royaume de Dieu (Lc 18,25).

Ne soyons donc pas autrement surpris de voir le montant de la dette du premier serviteur du roi dans la parabole que nous venons d’entendre : 10 mille talents, cela fait 60 millions de pièces d’argent. Sachant que le salaire d’un journalier était d’une pièce d’argent (Mt 20,2), ce serviteur devra travailler pendant des centaines de siècles pour rembourser sa dette… De plus, après cet excès de la première dette, le montant ridicule de la dette de son collègue, à savoir 100 pièces d’argent. Et le comportement de cet homme qui exige : soit le remboursement immédiat soit la prison pour son collègue et sa famille.
Le roi ayant été mis au courant de l’affaire, fit appeler le serviteur impitoyable pour le sermonner :
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’
Et ensuite, dans sa colère, nous dit Jésus, le roi livra l’homme et sa famille aux bourreaux, donc à la torture. À l’époque, ses auditeurs savaient ce que cela voulait dire… Si certains avaient quelque affection pour ce malheureux, il leur restait à collecter au plus vite le montant de sa dette, avant que les bourreaux n’aient trop abîmé la victime. S’agissant des dix mille sicles, la course contre la montre est perdue d’avance. Ce sont des bourreaux de même acabit qui s’acharneront bientôt sur Jésus lui-même, une fois que Pilate leur aura laissé libre cours pour se défouler.
Ensuite, Jésus donne son propre commentaire qui nous place directement dans l’autre monde :
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur.
Le bourreau auquel le Père confiera ceux qu’il condamne, n’est autre que le démon lui-même dans les cachots et les peines de l’enfer. Nombreuses sont les pages des évangiles où Jésus explique ce qui attend ceux qui refusent de se convertir et de bien agir.
Dans la géhenne, dans la fournaise, dans le feu qui ne s’éteint pas (Mc 9,44.46), les condamnés sont au supplice permanent et ne peuvent en sortir. Rappelons-nous la parabole du riche et du pauvre Lazare.
Au séjour des morts, il (le riche) était en proie à la torture ; dit Jésus et, interpellant Abraham qu’il voit de loin le riche dit : je souffre terriblement dans cette fournaise (Lc 16,23.24). Cette géhenne, cette peine éternelle est bien pire que tout ce que les bourreaux sur terre peuvent imaginer pour faire souffrir leurs victimes.
Nous avons vu que les victimes pouvaient être rachetées par un bienfaiteur prêt à payer la rançon ou à rembourser la dette. C’est tout le message, tout le sens de la vie de Jésus lui-même. Comme l’affirme fortement Saint Paul lorsqu’il écrit aux Romains :
Au temps fixé par Dieu, Christ est mort pour les impies que nous étions.
Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile…
Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous,
alors que nous étions encore pécheurs. (Rm 5,6-8)
C’est cela que Jésus est venu nous dire. L’amour fou de Dieu fait qu’Il pardonne tous nos péchés et nous demande de faire de même envers ceux qui nous ont fait du mal. Dieu est ce roi qui a pardonné notre dette de 10 mille talents… À nous de pardonner à nos frères les 100 pièces d’argent.
La gloire, la béatitude qui nous attendent dans le ciel pour l’éternité vaut bien un petit pardon à taille humaine, alors que Dieu nous aime d’un amour divin.

Frère Bernard-Marie

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Août

MERCREDI 2 : Sœur Joséphine, bernardine congolaise du monastère de Goma (RDC) en retraite à l’hôtellerie, nous parle de son pays qui, dit-elle, va mal (impunité, insécurité, guerres inter-tribales). Les Sœurs vivent d’une petite école (200 élèves) où Sr Joséphine enseigne les mathématiques.  Elles sont heureuses de pouvoir s’appuyer sur nos frères de Mokoto.
DIMANCHE 6 : Pour illustrer les chapitres de Père Prieur sur Simone Weil, nous regardons en deux fois un petit film passé en jumelage avec la TV allemande et riche en prises de vue sur les années 30.  Nous avions déjà visionné un film semblable.  La foi du Général de Gaulle, où on découvre qu’il était fervent catholique et, quand il le jugeait bon, gallican.
LUNDI 7 : La seconde cuve à incendie située derrière le cimetière et qui a en son temps nécessité la percée d’une grand-porte dans le mur de clôture, se voit à son tour remplie de ses 240 m³ d’eau (le double de la première cuve). Reste une troisième à installer dans la cour des garages.
JEUDI 10 : Père Abbé rentre de Maromby comme prévu dans l’après-midi avec F. Laurent, et plein d’autres bonnes choses à raconter ou partager. Sauf que F. Pierre-André, dans sa joie peut-être d’avoir retrouvé plein de jeunes frères, a tapé si fort dans leur ballon qu’il s’est rompu un tendon ; le voilà plâtré pour trois mois. Ce qui n’a pas empêché Père Timon de le nommer Père Maître des 4 jeunes profès.
SAMEDI 12 : Nos amis roumains Gabriel et Petru nous font leurs adieux ; ils seront remplacés dès demain par Daniel et Tibèriu.
DIMANCHE 13 : A l’heure du chapitre, un film haut en couleurs  sera visionné en plusieurs soirées sur quelques monastères de l’Athos. Il nous apprend aussi que la sainte Montagne semble connaître actuellement un regain de vocations mais surtout de visiteurs.
JEUDI 17 : Frère Gilbert s’est vu offrir une semaine de retraite à l’abbaye du Désert complétée par un pèlerinage à Lourdes. Son visa de séjour de 4 ans expire en avril prochain, mais il anticipera son retour dès janvier pour participer à l’élection du Prieur de Maromby.
VENDREDI 18 : Les médias diffusent l’admission à l’Université d’Oxford de Malala, la jeune nord-pakistanaise de vingt ans dont nous sommes en train d’écouter la lecture du livre au réfectoire : Moi, Malala, je lutte pour l’éducation  et je résiste aux talibans. Ce même jour nous arrive  pour le week-end notre frère Philippe, toujours aumônier à Roissy.  Père Abbé nous annonce que frère Denis vient d’achever à Mont-St-Bernard une année de présence.  Au terme de cette année la communauté de Mont Saint Bernard et frère Denis envisagent avec satisfaction de commencer deux années de probation en vue d’un changement de stabilité.
MARDI 22 : Nous avons une première réunion de groupes pour réfléchir à une meilleure disposition dans l’église pour faciliter le chant de l’Office.
MERCREDI 23 : Le Père Philippe Robert, jésuite anciennement supérieur à Lille, s’est vu envoyé à Namur pour aider à la mise sur pied d’une grande Province recouvrant toutes les communautés francophones européennes ; sujet d’actualité passionnant à entendre.
VENDREDI 25 : Frère Tomislav de Marija Zvijezda (Bosnie) nous fait la bonne surprise de son passage annuel « pour affaires » ; il nous restera jusque jeudi.
LUNDI 28 : Autre heureuse arrivée : celle de Père Timon, supérieur ad nutum de Maromby. Il nous arrive pour le Chapitre Général, précédé de la réunion régionale afro-malgache à Rome.

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Juillet

SAMEDI 1er  : Le Père Michel Farin nous revient avec 4 séquences de 35 minutes sur la Résurrection ou plus exactement le tombeau vide tel qu’ont pu le vivre la Vierge Marie, Marie-Madeleine, Pierre, enfin les deux disciples d’Emmaüs, et que le Père a passées au Jour du Seigneur du Temps Pascal 1983. Ce même samedi soir nous est revenu notre fidèle ami Philippe Duc.
LUNDI 3 : Bonne surprise au réfectoire avec le retour de Gabriel et Petru (Pierre), autres amis fidèles qui nous arrivent année après année, en même temps que le chant du coucou.
VENDREDI 7 : A l’heure du chapitre nous avons pu regarder sur la chaîne KTO une brève interview de Charles Wright sur son livre  concernant l’expérience spirituelle de Dom André Louf : Le chemin du cœur (Salvator 2017). Et nous récidiverons dimanche, à propos des Récits fondateurs, un gros volume biblique offert en cadeau de fête à Père Abbé et qui nous donne entre autres le plaisir de voir de près deux grands noms actuels de l’édition : Frédéric Boyer et Daniel Marguerat.
DIMANCHE 9 : A compter d’aujourd’hui la permanence à la porterie débute non plus après tierce mais avant laudes, ce qui ne facilite évidemment pas la tâche de président du travail.
MERCREDI 12 : A la mi-septembre la fromagerie intègrera à sa production un format  de grands fromages rectangulaires de 6 kg dont les rares échantillons d’essai ont connu le plus grand succès au réfectoire.
JEUDI 13 : Père Abbé s’octroie 48 heures de repos à Saint-Sixte avant les grands déplacements qui l’attendent dans la seconde moitié  du mois.
DIMANCHE 16 : Nous avons pu en soirée admirer la première partie d’un film animalier du naturaliste Jean-Michel Bertrand : Vertige d’une rencontre.  Prises dans le vaste Parc national de la Barre des Écrins (Hautes Alpes), ses vues tant d’oiseaux que de quadrupèdes sont des prouesses de patience et de beauté. Nous en verrons mardi la seconde partie, dont le cinéaste est particulièrement fier, car consacré en majeure partie à l’aigle, son vol, son aire et ses aiglons.
LUNDI 17 : L’abbé Pascal Dame, curé à Roubaix et délégué diocésain pour l’inter-religiosité (Roubaix affiche 107 nationalités), nous a consacré une trop courte session sur l’Islam, insistant sur l’exigence d’une inlassable écoute toute de retenue et de respect, en même temps que sur la fermeté d’une pratique chrétienne  solide et sans compromission.
VENDREDI 21 : Plus des 2/3 des frères ont répondu « présent » à la chaleureuse invitation de notre première fondation – Tilburg aux Pays-Bas, 1880 – pour une  rencontre de nos deux communautés. Un autocar les y a conduits en 3 heures de temps, de suite après le chant des laudes, et ramenés pareillement à l’heure des complies.
DIMANCHE 23 : Nos  deux jeunes frères étudiants de Maromby, Pierre-André  et Jessé, nous ont fait ce soir leurs adieux au terme de toutes leurs années d’étude.  Après-demain Dom Marc-André les ramènera à Madagascar où il se rend pour l’ordination sacerdotale de leur supérieur P.Timon, le samedi 5 août. Il nous reviendra le jeudi 10 en compagnie de frère Laurent, qui s’y est formé lui-même durant 3 mois auprès de leur couturière.
SAMEDI 29 : Frère Jean part fêter ses 50 ans de profession dans sa Bretagne natale.

Nous avons écouté au réfectoire une brève biographie des 3 voyants de Fatima jusqu’à l’entrée de Lucia au Carmel dans les années 50 ; écrite par l’abbé Guillaume Hünermann à cette date, elle vient d’être rééditée telle quelle cette année : Fatima (Salvator 2017). Nous abordons maintenant l’histoire d’une autre enfant, Malala Yousafzai,  jeune nord-pakistanaise : Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans (Ed. Calmann-Lévy, 2013).

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Solennité de Saint Benoît, père des moines

La vie spirituelle selon Saint Benoît.

Lorsque Saint Benoît quitte la ville de Rome, ce n’est pas d’abord pour fuir le monde des affaires, des plaisirs, de l’ambition. Déjà il est interpellé par Dieu et veut le chercher avant tout. Comme le relate Saint Grégoire le Grand dans la vie de Benoît qu’il écrivit :
Méprisant donc l’étude des lettres, il se mit en quête d’un genre de vie sainte. 
Aussi se retira-t-il, savamment ignorant et sagement inculte. (Vie, Introduction)

Après s’être mis au service du curé d’Effide, écrit encore Saint Grégoire :
plus désireux de souffrir les maux du monde que ses louanges, de se fatiguer dans les travaux de Dieu plus que d’être promu aux faveurs de cette vie, (il) quitta sa nourrice en secret et gagna une retraite située dans un lieu désert appelé Subiaco (Vie, I,3).

Peu de temps après Benoît, vivant toujours dans la plus grande solitude, seulement nourri par les bons soins du moine Romain, reçut la visite d’un prêtre avec un repas de fête. Celui-ci dit à Benoît en arrivant :
 » Lève-toi et prenons de la nourriture car c’est Pâques aujourd’hui « . 
À quoi l’homme de Dieu répondit : 
 » Je sais que c’est Pâques puisque j’ai mérité de te voir « . (Vie, I,7)

C’est fête, dit Benoît, parce que Dieu lui a envoyé quelqu’un dans sa solitude. Tout entier dans sa prière solitaire, chaque événement qui sort de l’ordinaire est action de grâce, toujours parce que c’est le Christ ressuscité par sa Providence qui visite ceux qui L’aiment.

La solitude de Benoît n’a pas duré et il s’est retrouvé à la tête de plusieurs petites communautés de moines à Subiaco. De là, il est parti avec les plus jeunes, pour fonder un monastère au Mont Cassin, situé plus au Sud dans la botte Italienne. C’est en ce lieu béni qu’il a mis la dernière main à la petite règle pour débutants (RB 72), qu’on appelle aujourd’hui la Règle de Saint Benoît. C’est en ce même lieu qu’il a terminé sa vie.

Dans sa règle, Saint Benoît ne propose qu’une seule échelle, celle de l’humilité. Il ne parle nulle part d’un éventuel parcours spirituel pour ses moines. La prière est décrite de manière systématique voire pointilleuse pour ce qui regarde les offices liturgiques. Quant à la prière personnelle, que nous appelons l’oraison ou la prière silencieuse, Benoît n’en parle qu’accessoirement. Et encore, il met en garde contre des temps trop longs en communauté, au risque de fatiguer certains. Mais en-dehors des Heures canoniques, il permet aux moines de prolonger leur prière personnelle dans l’oratoire.

Des fruits spirituels possibles, probables, voire souhaités, de cette organisation minutieuse de la vie cénobitique, rien n’est dit… Benoît décrit avec minutie le cadre qu’il propose. La pratique de la vie monastique implique que nous respections ce cadre. Les fruits que nous pouvons en espérer, en attendre, ne sont pas décrits. Pourtant, Saint Benoît les a connus lui-même, comme nous le rapporte Saint Grégoire :
dans sa contemplation, une chose tout à fait admirable s’ensuivit car le monde entier, comme rassemblé sous un seul rayon de soleil, fut offert à ses yeux.

Et le pape de commenter :
Pour l’âme qui voit le Créateur, toute créature paraît bien exiguë. En effet bien que cette âme n’ait contemplé qu’un faible rayonnement de la lumière du Créateur, tout le créé se réduit pour elle à de petites proportions, car par la lumière elle-même de cette vision intime, le sein de son esprit s’élargit et son cœur grandit tellement en Dieu qu’il se tient élevé au-dessus du monde. (Vie, XXXV,3.6)

La prière, la vie contemplative, ne sont pas l’apanage des moines. Il n’est pas rare aujourd’hui de rencontrer des personnes vivant dans le monde qui s’inspirent de la Règle de Saint Benoît pour leur vie de prière. Mais, plus que pour ces derniers, la Règle est écrite pour aider les moines à atteindre un degré d’union à Dieu. Notre cadre de vie, avec ses temps de prière, de lectio divina, de travail et de vie fraternelle, est propice à une expérience spirituelle. Sainte Thérèse d’Avila, après avoir décrit par le menu les nombreuses demeures du Château Intérieur, insiste auprès de ses sœurs pour qu’elles ne cherchent pas à situer géographiquement, si l’on peut dire, où elles en sont dans leur itinéraire spirituel.

La vie spirituelle est une expérience tellement individuelle qu’il est difficile de la chosifier. C’est pourquoi Saint Benoît n’en parle pas. Mais reconnaissons que notre cadre de vie est propice pour avancer toujours plus et vivre à notre tour cette expression qui lui est chère : Ne rien préférer à l’amour du Christ. (RB 4)

Et Benoît conclut sa Règle avec cette invitation solennelle :
Qui que tu sois donc qui te hâtes vers la patrie céleste, 
accomplis, avec l’aide du Christ, cette petite règle pour débutants, 
alors, sous la garde de Dieu, tu parviendras à ces plus hauts sommets 
de doctrine et de vertu. (RB 72)

Cela rappelle ce qu’il écrivait dans le Prologue :
À mesure qu’on progresse dans une sainte vie et dans la foi, le cœur se dilate, 
et c’est avec une indicible douceur d’amour que l’on court 
dans la voie des commandements de Dieu. (RB Prol)

En ce jour de fête, demandons à Dieu dans cette Eucharistie la grâce de suivre l’exemple et les enseignements de Saint Benoît pour pour avoir part, nous aussi, à la vie éternelle dans son Royaume.

Frère Bernard-Marie

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Juin

VENDREDI 2 : F. Oswaldo nous arrive de Cîteaux pour une semaine. Le soir même Père Abbé l’invite à nous parler au chapitre, ce qui est loin de l’embarrasser, et nous moins encore.
SAMEDI 3 : Aux premières vêpres de la Pentecôte chaque frère trouve à sa place dans les stalles un psautier tout neuf  recouvert cuir noir et marqué à son nom, œuvre de notre frère Vincent, relieur.
LUNDI 5 : La Fraternité diocésaine des Parvis de Lille a tenu cette année encore à renouveler dans notre église abbatiale  les engagements annuels de ses membres au cours d’une grand’messe particulièrement festive rehaussée encore par la présidence du nouvel évêque auxiliaire de Lille, Antoine Hérouard. Le temps magnifiquement ensoleillé leur permit ensuite de pique-niquer autour d’une « baraque à frites » installée pour l’occasion dans le jardin de l’hôtellerie avec bon nombre d’entre nous invités à  s’y joindre. Père Prieur n’était pas du nombre, ayant dû monter à Paris pour « examiner » ses étudiants du Stim-Bac arrivés en fin d’année.
MERCREDI 7 : Un journaliste et un photographe de l’hebdomadaire Famille chrétienne sont passés discrètement 24 heures à l’hôtellerie pour y rencontrer quelques responsables et prendre des clichés.
DIMANCHE 11 : Après avoir rempli son devoir de citoyen en allant déposer au village son bulletin de vote pour les élections législatives, frère Pierre ira le soir même satisfaire à un autre devoir en se rendant à l’hôpital pour un examen de 48 heures.
VENDREDI 16 : Le docteur a envoyé frère Henri en  observation à l’hôpital d’Hazebrouck. F. Henri  nous reviendra le mardi 27, remis en meilleure forme.
DIMANCHE 18 : Un petit détachement de la Fraternité des Parvis est revenu partager l’animation de la messe dominicale, avant d’être rejoint par la communauté dans le jardin de l’hôtellerie pour le repas de midi. Selon le mot heureux de Père Abbé, nos deux fraternités sont en train de s’apprivoiser ; voici déjà quelques années qu’ils sont locataires du presbytère inoccupé de la paroisse St Bernard et que les liens se tissent entre nous ; ce mardi 20 nous serons invités à échanger en communauté sur la suite à  donner à cet apprivoisement, nous et l’Esprit Saint.
LUNDI 19 : F. Michel s’est attaqué à un travail impressionnant qui vient s’ajouter à celui du revernissage des portes de l’église : rien moins que repeindre les chéneaux du toit de l’église. De son côté notre hôte longue-durée Roberto n’est pas en reste pour les longs chantiers dans les jardins et les clôtures. Ce dont nous pouvons tous nous montrer reconnaissants.
VENDREDI 23 : Un technicien attendu depuis longtemps est venu paramétrer le nouveau surpresseur d’eau installé par Sébastien pour toute la maison ; sa mise en route a donné un fameux coup de fouet à la circulation.

Nous lisons au réfectoire l’autobiographie bien intéressante de Georges  Vielledent  : Médecin de campagne, une vie (Calmann-Levy 2014).

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Homélie pour la Saint Jean-Baptiste

La vocation de Jean, et la nôtre.

Jean avait tout pour vivre une vie bien rangée.  Son père Zacharie était prêtre du Seigneur et officiait au Temple où il assurait le service avec son groupe.  Élisabeth, sa mère était elle aussi de descendance sacerdotale.  La famille était installée dans la montagne de Judée, non loin de Jérusalem et du Temple, pour pouvoir s’y rendre rapidement, tant pour les fêtes de pèlerinage que pour les célébrations du shabbat.  Zacharie, lorsqu’il était de service, pouvait rentrer chez lui le soir sans enfreindre les règles de la distance à parcourir.
Jean donc, aurait pu suivre son père et devenir prêtre dans le Temple.  Mais sa vocation propre, il l’a reçue de Dieu Lui-même.  Jean a souvent dû s’interroger sur le miracle de sa naissance, que ses parents lui ont raconté.  Il a dû se demander si les paroles que le prophète Isaïe avait dites ne s’accordaient pas à sa personne :
J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ;
j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.
Jean s’est retiré à l’écart, dans le désert, pour savoir ce que Dieu attendait de lui.  Même si le courant sacerdotal commençait à avoir des opposants, tels les Esséniens et autres communautés de séparés ou de « parfaits », l’appel de Dieu que Jean entendait ne fut pas aisé à préciser.  Qui pouvait lui servir de rabbi pour l’initier à sa vocation propre ?  Il se savait appelé à préparer le chemin pour la venue du Sauveur.  Mais comment faire, que faire, où aller ?
Zacharie son père a également expliqué à Jean l’annonce qu’il avait reçue dans le Temple et qui donne une idée de la vocation de l’enfant à naître.  L’ange lui avait en effet promis :
Il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, … et préparer au Seigneur un peuple bien disposé (Lc 1,17).
Il y a nombre d’autres vocations prophétiques qui sont explicitées dans les Livres de l’Ancien Testament.  Élie et Élisée, Isaïe, Ezéchiel, Jérémie et combien de moins connus, qui d’une manière ou d’une autre ont reçu de Dieu une parole pour leurs contemporains.
Jean devait également se souvenir de la réponse que Jérémie donna au prophète Hananie :
Les prophètes qui ont été avant moi et avant toi, dès les temps anciens, ont prophétisé … le malheur et la peste. (Jr 28,8)
Lorsque le Seigneur appelle Ezéchiel, le livre qu’il est invité à manger est doux comme le miel dans la bouche, mais ensuite il devient amertume dans ses entrailles (Ez 2,8).   Il en fut de même pour le Baptiste.  Jean se joignit au mouvement des prédicateurs appelant à la conversion pour préparer la venue du Messie dont l’attente se faisait pressante.  C’est pour cette vocation spécifique que Dieu l’avait appelé.  Il doit préparer le chemin pour le Seigneur, comme Jean le dira lui-même et comme nous le rappellent les Évangiles.
Très vite Jean invita ses auditeurs à confesser leurs péchés et à recevoir un baptême de conversion dans les eaux du Jourdain.  Une fois qu’il avait trouvé sa voie, la voie à laquelle Dieu l’avait appelé dès le sein de sa mère Elisabeth, Jean confessa :
Celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et s’arrêter, c’est celui qui baptise du Saint-Esprit.
J’ai vu, et j’ai rendu témoignage… (Jn 1,33)
Mais, une fois qu’il a baptisé Jésus, et que les événements ne se passent pas comme il les prévoyait… depuis la prison où l’a enfermé Hérode Antipas, Jean envoie ses disciples pour demander à Jésus :
Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? (Lc 7,19)
Aujourd’hui encore, Dieu appelle…  Pas toujours de manière aussi solennelle dans le Temple, pas toujours pour un ministère de premier plan.  Rarement pour appeler des peuples à se convertir.  Toujours est-il qu’à chacun de nous, Dieu propose un chemin.  Il nous invite à Le suivre, à Lui faire confiance, et à avancer.  Sommes-nous attentifs à entendre ses appels ?  Sommes-nous disposés à répondre à ses invitations ?
Tant de fois, nous ne connaissons pas le terme de la route que nous avons prise.  Peu importe, Dieu nous accompagne, Il nous guide.  Et, un jour, tout s’éclaire…
En cette fête de Saint Jean Baptiste, demandons à Dieu de nous éclairer, de nous donner la force de poursuivre sur la route qu’Il nous invite à prendre.  Qu’Il rassure ceux qui doutent, qu’Il confirme ceux qui hésitent, qu’Il encourage ceux qui avancent.  Qu’Il comble de sa paix et de sa grâce ceux qui Lui font confiance.  Reprenons à notre compte la prière d’ouverture de cette célébration :
Accorde à ton Église le don de la joie spirituelle, et quide l’esprit de tous les croyants dans la voie du salut et de la paix.  Amen.

Frère Bernard-Marie

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Fête de la Sainte Trinité

Le Seigneur vint se placer auprès de Moïse…

Tout au long de l’Ancien Testament, Dieu vient à la rencontre des hommes.  D’abord Adam et Ève et leurs descendants ; Noé ; les Patriarches ; puis  le Peuple Élu.  Dès le récit du Paradis au début du Livre de la Genèse, Dieu se promène dans le Jardin au souffle du jour, pour converser avec nos premiers parents (Gn 3,8).  Des expressions similaires ont été utilisées pour exprimer la relation privilégiée du Seigneur avec d’autres héros de la Bible.
Lorsque le Seigneur vient à la rencontre d’Abraham sous le chêne de Mambré, Il se présente à lui sous l’apparence de trois anges (Gn 18,1-2).  Le Seigneur se tenait debout, près d’eux lorsqu’ils mangèrent avec Abraham, dit l’interprétation midrashique de la rencontre.  Les trois anges ont donné la première représentation de la Trinité dont nous célébrons aujourd’hui la fête.  L’icône de la Trinité qui se trouve près de la Croix rappelle cette analogie.  Mais restons encore quelques instants dans l’Ancien Testament.
Lorsque Dieu décide d’appeler Moïse pour délivrer le Peuple de la servitude d’Égypte, Il lui apparaît dans le buisson ardent dans le désert du Sinaï, près du Mont Horeb.  C’est là que Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jethro (Ex 3,1-2).  Et le texte poursuit :
Le Seigneur vit qu’il faisait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson. « Moïse, Moïse », dit-il, et il répondit : « Me voici ». (Ex 3,4)
C’est la même relation que relate la première lecture de ce matin, où nous voyons le Seigneur descendre et se tenir auprès de Moïse avant de proclamer son nom :
Yahvé, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux,
lent à la colère, plein d’amour et de fidélité.
Saint Bernard, dans un texte célèbre où il commente l’Annonciation de l’Ange Gabriel à Marie, ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme que l’ange Gabriel, Adam et Ève, les patriarches et les saints, et Dieu Lui-même attendent avec impatience sa réponse à l’annonce qui lui fut faite.  Dieu se trouve donc à côté de Marie lorsque l’ange la questionne (Saint Bernard, Missus Est 4,8).
Dieu Créateur ne pouvant pas venir en personne rejoindre les hommes de manière plus sensible, envoya son propre Fils qui prit chair de la Vierge Marie.  Le Fils était invité à représenter en notre chair le visage du Dieu d’Israël.  Le Fils avait en quelque sorte le double de l’esprit du Père, de manière plus forte qu’Élisée vis-à-vis de son maître Élie (2R 2,9).
C’est ainsi que, tout au long de sa vie sur terre, Jésus a affirmé qu’Il était en complète communion avec son Père, comme nous l’a rappelé l’évangile de ce matin.  Jésus n’est pas venu pour juger le monde, mais pour convertir le monde et révéler combien le Père aime le Fils et veut aimer tous les hommes :
Dieu a tellement aimé le monde… qu’il a envoyé son Fils…
pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Mais l’enseignement de Jésus ne s’arrête pas là.  La veille de sa passion et de sa mort, Jésus annonce aux disciples un autre Messager :
le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. (Jn 14,26)
Et un peu plus loin, toujours dans le discours après la Cène, Jésus dit :
Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que
c’est de mon bien qu’il (l’Esprit) reçoit et qu’il vous expliquera. (Jn 16,15)
Le Père envoya son Fils, le Fils envoya l’Esprit qui procède du Père et du Fils.  Les trois Personnes de la Trinité, chacune à sa manière, nous accompagnent sur notre route terrestre.
Dieu, Dieu le Père, nous aime d’un amour inouï, sans limites, infini.  Difficile d’imaginer à mesure humaine cet amour divin.
Dieu, Jésus-Christ s’est fait homme pour nous apprendre combien le Père nous aime.  Il est venu également pour nous montrer comment répondre, avec nos moyens humains, à l’amour divin.  Jésus a fait route sur nos chemins pour nous inviter à faire route à notre tour avec Lui.
Dieu, Esprit Saint, nous est donné pour nous rappeler toutes les paroles que Jésus a dites. Mais également, et surtout, pour nous inspirer nos actes et nos propres paroles.
Dans tous les cas, Dieu est à nos côtés.  Que ce soit le Père par son amour, le Fils par son exemple, l’Esprit qui nous inspire le faire et le dire… nous ne sommes jamais seuls.  Dieu est là, Dieu veille sur nous.
Demandons à Dieu, en cette Eucharistie, de nous aider à toujours davantage prendre conscience qu’Il est à nos côtés, qu’Il nous aime et qu’Il veut nous acheminer vers un bonheur et un amour toujours plus profonds.

Frère Bernard-Marie

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