Solennité de l’Immaculée Conception de Marie

Marie et le serpent.

Dans le récit du péché originel, juste avant la condamnation du serpent que nous avons entendue en première lecture, le serpent est présenté comme « le plus rusé de tous les animaux » créés par Dieu.

Le serpent instille le doute chez son interlocuteur, il provoque la division, il agit toujours contre Dieu.  Il a inversé la parole de Dieu dans le jardin d’Eden en disant : Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin.

Mais Dieu avait dit : vous pouvez manger de tous les arbres, à l’exception de l’arbre qui se trouve au milieu du jardin, l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Dans la condamnation du serpent, Dieu dit au serpent :
Maudit sois-tu, tu ramperas sur ton ventre, tu mangeras de la poussière…

Chacun sait que les serpents, comme tous les êtres vivants, ne peuvent se nourrir de poussière… Mais ce que Dieu dit au serpent, c’est que la nourriture qu’il prendra aura la saveur de la poussière, elle n’aura pour lui aucune saveur…

La seconde fois dans l’Histoire Sainte où il y a un combat entre l’homme et le serpent, c’est durant le séjour du Peuple dans le désert.  Alors que les Hébreux contournent le pays de Canaan, le peuple se met à murmurer
contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ?  Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël.
  (Nb 21,4-9)

Moïse dressa un serpent de bronze sur un mât, et tous ceux qui le regardaient étaient sauvés.

La troisième fois où il est question du serpent, c’est Jésus qui fait l’analogie entre le serpent de bronze de Moïse et sa propre mise à mort…

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. (Jn 3,14-15)

Enfin, dans le Livre de l’Apocalypse, on trouve une mention de ce même serpent, avec ses autres noms :
Oui, il fut rejeté, le grand Dragon, le Serpent des origines, celui qu’on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier. Il fut jeté sur la terre, et ses anges furent jetés avec lui. (Ap 12,9)

Telle est l’histoire du serpent dont le protévangile parlait déjà et dont la première actualisation se fit par l’Immaculée Conception de la Vierge Marie.  Pour être en mesure de répondre positivement à la demande de Dieu, comme nous l’avons entendu dans l’évangile tout à l’heure, il fallait que Marie soit sans péché, qu’elle soit comme Eve avant la chute.  Marie devient ainsi la Seconde Eve, la Nouvelle Eve.  Et son Oui à l’annonce de l’Ange, est un don total de sa vie à Dieu et à l’Enfant à naître.

L’ange avait affirmé au serpent à propos de la Nouvelle Eve : elle te meurtrira la tête et tu lui meurtriras le talon…

Marie vainquit le serpent tout au long de sa vie, et son Fils fut vainqueur définitif du serpent.  C’est la conclusion que nous a donnée l’Apocalypse dans le verset cité ci-dessus.  Oui, le serpent et tous ses anges furent jetés sur la terre, mais ils ont toujours le dessous, grâce à la victoire de Jésus, grâce au Oui de Marie, grâce à l’Immaculée Conception de Marie.

Tout est lié dans l’Histoire Sainte.  L’Immaculée Conception de Marie est déjà un fruit de la victoire de Jésus par sa mort et sa résurrection.  C’est ce que nous avons rappelé dans la prière d’ouverture de cette célébration.  Le Oui de Marie est aussi un Oui d’obéissance à l’appel de Dieu, un Oui vocationnel, qui ne trouve sa force et son couronnement que dans la mort et la résurrection de Jésus.

En ce temps de l’Avent, la fête de l’Immaculée Conception est comme un phare qui brille dans l’Attente…  Alors que la liturgie nous fait relire le prophète Isaïe qui annonce la venue d’un Sauveur, alors que la Préface de l‘Avent nous rappelle que nous attendons aussi le retour du Seigneur à la fin des Temps…  L’Immaculée Conception est la première lumière sur notre route, qui nous conduit chaque année par la naissance du Fils, jusqu’à sa Passion et sa Résurrection, et à l’attente de son retour glorieux.

Rendons grâce à Dieu pour le don qu’Il a fait à Marie dans son Immaculée Conception, pour le Oui que Marie a prononcé et qui a permis au Fils de Dieu de prendre chair en notre monde.  Que la participation à cette eucharistie nous fasse prendre toujours mieux conscience de l’amour infini que Dieu nous prodigue.  Cet amour a fait des merveilles en Marie.  Cet amour continue à faire merveille en chacun de nous.

Frère Bernard-Marue

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Novembre

VENDREDI 3 : Les onze jours de présence des deux Frères-de-Saint-Jean, Éliyah et Lazare, prennent fin, non sans regret pour nous ; dans leur causerie d’adieux, ils nous ont encouragés à demander à Dieu des novices.
SAMEDI 4 : Suite à l’absence de F. Louis-Marie à Maromby et la nécessité faite à P. Jacques de tenir l’orgue, la schola est tenue de s’enrichir semaine après semaine : après F. Jean-Pierre, puis F. Vincent, voici aujourd’hui F. Bernard-Marie.
DIMANCHE 5 : La grand’messe a été chantée par Raphaël Buyse appuyé par la chorale de sa Fraternité des Parvis, toujours très vivante. Et le soir même le Père Yves Simoens, enseignant jésuite au Centre Sèvres, entamait une session biblique de 8 conférences d’une heure chacune : Homme et femme, de la Genèse à l’Apocalypse, à partir de longues citations impitoyablement littérales.
MERCREDI 8 : Père Abbé se rend sur la journée à Orval avec 4 frères soucieux de  voir comment cette communauté s’y est prise pour la diminution et la nouvelle disposition des stalles dans leur église. Et ce dimanche 12, accompagné cette fois de son prieur ils gagneront, la Grande Chartreuse une semaine durant pour la réunion annuelle de la C.M.F. réfléchissant sur « les  risques de dérives sectaires dans la vie religieuse » aidée en cela par le Prieur général de Chartreuse qui a travaillé la question.
DIMANCHE 12 : Heureuse surprise : F. Paul est en état de reprendre le grand orgue et il ne s’en prive pas !
Bernard-Marie s’absentera, lui, de son côté, trois jours en Belgique pour divers services concernant la bière et l’AIT dont il reprend le travail de trésorier
MARDI 14 : Nous retrouvons deux soirées de suite sur KTO la bonne figure de notre  récent conférencier le Père Simoens échangeant sur l’évangile de Jean avec le Père Devillers, de l’École biblique de Jérusalem.
VENDREDI 17 : Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis qui suit depuis lundi une retraite à l’hôtellerie avec 28 de ses prêtres, nous entretient de son diocèse (1,6 million d’habitants dont 30% de moins de vingt ans, le tout totalisant 150 nationalités et presqu’autant de confessions religieuses) ; il s’étonne et se réjouit de ce que pareil amalgame puisse générer une telle solidarité et fraternité.
SAMEDI 18 : A l’heure des vêpres Père Abbé nous fait la bonne surprise de son retour de Chartreuse, avec son Prieur, en ayant fait escale à Cîteaux et Acey pour un co-voiturage avec les Abbés respectifs.
LUNDI 20 : F. Bernard-Marie s’absente à nouveau quatre jours pour pouvoir suivre à Cîteaux une session liturgique  de la C.F.C. Et le soir au chapitre, Père Abbé nous informe que F. Laurent, après six années de présence en communauté, lui a demandé à faire son changement de stabilité pour le Mont des Cats.
MARDI 21 : Père Jacques, repart pour l’abbaye d’Acey, deux semaines au service du STIM-Bac.
VENDREDI 24 : Le Père Benoît Standaert, moine de Saint-André-lez-Bruges aujourd’hui ermite tout près du monastère de Wavreumont, un peu comme le fut à Simiane notre cher Dom André, nous parle de l’abondance du cœur au chapitre de quelques-unes de ses occupations ad intra et ad extra. Pareillement un petit film (50’) de la TV belge flamande reçu de Dom Lode abbé d’Orval et vaillamment sous-titré par frère Vincent, sera dimanche comme un prolongement heureux  de la Visite Régulière qu’il nous fit au début d’octobre.

Nous écoutons en ce moment en lecture de réfectoire : Ces femmes qui étaient mes sœurs ; Vie du Père Lataste, apôtre des prisons (1832-1869), biographie écrite par le Père Jean-Marie Gueulette, dominicain tout comme l’était le Père Lataste (Cerf 2012).

Père Abbé et tous les frères vous souhaitent une joyeuse et fervente Attente de Celui qui s’est présenté en disant :
« Je suis la lumière du monde ».

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Trente-troisième Dimanche du Temps Ordinaire

La Parabole des Talents

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire… »
Tel est le verset d’évangile qui suit immédiatement la péricope que nous venons d’entendre.  Dans l’Évangile selon Saint Matthieu, Jésus s’adresse aux disciples dans le jardin des Oliviers.  Ils viennent de quitter pour la dernière fois le Temple.  En effet, après la parabole du jugement dernier qui suit celle des talents, nous entrons dans le récit de la Passion de Jésus.  C’est donc un moment important, pour Jésus, mais également pour les disciples.
Alors que Jésus a annoncé à plusieurs reprises qu’il montait à Jérusalem pour y mourir de la main des grands prêtres, maintenant que son Heure est toute proche, Il ne parle plus de celle-ci, mais Il parle de la fin du monde.  La destruction du Temple, la persécution des Juifs et des chrétiens annoncent un jugement plus important, le grand jugement que Dieu accomplira à Son Heure, heure que même le Fils de l’Homme ne connaît pas.
C’est dans ce contexte que l’on peut comprendre les trois paraboles apocalyptiques du chapitre 25 de l’évangile de Matthieu.  La parabole des talents parle de la rétribution lors du jugement dernier.  La valeur du talent que l’homme donne à ses serviteurs, est de 6 000 pièces d’argent, soit le salaire de près de 20 années de travail…  Montant faramineux… ce qui pose la question de la manière de doubler  la mise pour les deux premiers serviteurs.  On comprend dès lors l’angoisse du dernier de se voir voler cette fortune qui ne lui appartient pas… Et les banques, à l’époque, ne devaient pas être des plus sécurisées.
Lorsque vient le moment de rendre des comptes, le maître nous surprend à nouveau.  En effet, la récompense du premier et du second serviteur est la même :
Entre dans la joie de ton Seigneur.
Voilà une réponse bien étrange… La pointe de la parabole est bien dans le monde à venir, lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui.
Oui lorsque le maître dit à ses serviteurs : entre dans la joie de ton Seigneur, oui, il s’agit bien de la joie d’être pour toujours avec lui, dans son Règne de gloire, dans le ciel.  La gloire éternelle, c’est à cela que nous aspirons tous.
La vie que nous menons sur terre, nous prépare à cette vie éternelle.  Elle sera une vie d’amour, d’amour de Dieu, d’amour de tous ceux que nous avons aimés sur terre.  La manière avec laquelle nous faisons fructifier l’amour que Dieu nous prodigue, par l’amour que nous transmettons autour de nous, c’est cela qui fait fructifier les talents reçus.  En amour, oui, il est possible de doubler la mise, même si le montant initial est exorbitant…
Les deux dernières semaines de l’Année Liturgique, qui débutent aujourd’hui, nous font regarder vers notre mort, vers la fin du monde, vers le monde après la mort.  Tout ce que nous vivons sur la terre est semence de vie éternelle.  C’est dans ce sens que nous pouvons comprendre la prière d’ouverture de la célébration eucharistique de ce matin :
Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité :
car c’est un bonheur durable et profond
de servir constamment le créateur de tout bien.
La fidélité à Dieu, par la prière et par une vie quotidienne selon la volonté de Dieu, donne effectivement une joie profonde que le monde ne peut pas nous enlever.  La prière rappelle en outre que servir Dieu c’est servir le créateur de tout bien, c’est être co-créateur pour continuer l’œuvre de création, pour continuer à créer le bien.
Dieu nous a créés à notre naissance, Il nous a recréés par le baptême.  Et le bonheur durable et profond auquel nous aspirons est celui-ci : vivre de l’Amour de Dieu et transmettre cet amour.  Alors, lorsque viendra le Maître qui nous demandera des comptes, au terme de notre vie, nous serons invités à entrer dans la joie de notre Dieu et Seigneur.
Dans cette eucharistie, demandons à Jésus de nous faire entrer, petit à petit, dans le mystère de cet amour et que nous ouvrions notre cœur à la grâce divine qui ne demande qu’à nous combler de bonheur, durable et profond.
C’est ce que nous demandons encore dans la prière sur les Offrandes :
Que l’offrande placée sur ton autel nous obtienne la grâce de vivre pour toi et nous donne l’éternité bienheureuse.

Frère Bernard-Marie

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octobre

DIMANCHE 1er : Père Abbé n’était pas remonté d’Assise avec Père Timon que F. Bernard-Marie descendait toute la France jusqu’au pays basque, où se tient à Belloc une réunion de fromagers monastiques.  Nous avons communié au Chapitre Général par des comptes-rendus lus au réfectoire et par les commentaires de Père Abbé aux chapitres du soir.
SAMEDI 7 : Après cinq pleines semaines passées en Europe, Père Timon a grande hâte de rejoindre sa communauté de Maromby et F. Louis-Marie plus de hâte encore de la retrouver en l’y accompagnant. Il nous reviendra pour la Noël, remplacé d’ici-là à la schola par Père Jacques, à la cuisine par F. Daniel, au magasin par F. Laurent, au jardin et à ses bouquets par F. Gilbert. Le même soir, F. Daniel assisté de F. Patrick nous expose sur grand écran les dépenses et recettes de l’année écoulée.
DIMANCHE 8 : Dans la soirée, par KTO interposée, une interview de Dom Samuel, abbé de Novy Dvur en Tchéquie, se révèle être exactement la porte d’entrée qu’il fallait pour ouvrir la Visite Régulière que commencera demain Dom Lode abbé d’Orval : Où est Dieu dans votre vie ? Vous rend-Il heureux ? Dom Ginepro le rejoindra en fin de semaine pour conclure la Visite et, sans le vouloir, fêter avec nous les soixante années de profession de frère Henri.
LUNDI 16 : F. Vincent, qui ne fréquentait jusqu’à présent que des monastères flamands ou wallons, descend cette fois jusque dans les Cévennes où l’attendent nos Sœurs de Cabanoule pour une semaine de retraite.
MARDI 17 : Des travaux de restauration entrepris dans l’église paroissiale du monastère nécessitant le déménagement des chaises et du mobilier, leur ont trouvé une place toute désignée dans les alcôves vides de notre dortoir.
VENDREDI 20 : L’abbé Bernard Podvin se prête, une heure durant, à nous replonger dans les œuvres si savoureuses, et non retouchées, de St François de Sales, nous promettant même d’y revenir vendredi prochain.
DIMANCHE 22 : La présence à l’hôtellerie jusque vendredi de tous les novices et jeunes profès/professes cisterciens et bénédictins de langue néerlandaise, soit un total de 29 personnes en comptant leurs 4 encadrants, nous vaudra une causerie fort enrichissante de Sr Katarina de Nazareth sur les monastères de Belgique, des Pays-Bas et de leurs fondations congolaises.
LUNDI 23 : Une absence de 3 jours de Père Abbé lui permet de rejoindre à la Trappe les quelques Supérieurs de la Région Nord qui se rencontrent de loin en loin. Ce même jour, deux jeunes profès de la fraternité apostolique St Jean, Élijas de Lithuanie et Lazare du Togo, viennent partager intégralement quelques jours de notre vie de prière et de travail sous la conduite de notre Père-Maître Bernard-Marie.
VENDREDI 27 : L’abbé Podvin est revenu comme promis et nous a entre autres comblés de très courts extraits des œuvres salésienes ramassés en feuillets et cherchant à exprimer l’ensemble de sa spiritualité.

Après avoir écouté en lecture de réfectoire les ravages perpétrés par les talibans afghans Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans (Ed. Calmann-Lévy), nous poursuivons avec un ouvrage semblable, au Cambodge cette fois, devenu de 1975 à 1979 la proie des khmers rouges et que rédigea une réfugiée (Claire LY : Revenue de l’enfer. Quatre ans dans les camps des khmers rouges, aux Ed. de l’Atelier).

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Vingt-huitième Dimanche

Les invités au repas des noces.

Nous lisons en cette fin du Temps ordinaire, les derniers chapitres de l’Évangile selon Saint Matthieu. Jésus est à Jérusalem et il répond aux chefs des prêtres et aux Anciens qui le harcèlent de questions pour le mettre à l’épreuve et trouver une raison de l’arrêter et de le condamner à mort. Jésus est bien conscient de la situation. Il sait que ses jours sont comptés, et il met toute sa science au service de son message pour essayer de convertir ses interlocuteurs.
Mais plus Jésus leur parle, plus ils sont convaincus qu’il faut supprimer ce trouble-fête pour sauver l’unité du Peuple, comme le rapporte Saint Jean dans la condamnation par le sanhédrin, lorsque Caïphe affirme :
Il est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple. (Jean 18,14)
C’est dans un tel environnement crispé que Jésus, de plus en plus précisément, parle des événements qui se préparent. La semaine dernière nous avons entendu la parabole des vignerons qui tuent jusqu’au fils unique pour accaparer l’héritage. En filigrane il s’agissait évidemment de Jésus lui-même qui prévoit sa condamnation inéluctable.
Le repas auquel sont conviés les convives n’est pas un repas ordinaire, mais un repas de noces pour le Fils du roi. Cette image fait référence, pour les auditeurs de Jésus, à l’union nuptiale entre Dieu et son peuple, comme nous le rapporte le prophète Isaïe dans la première lecture de ce matin. Les invités refusant de venir, et maltraitant ou tuant les messagers, le roi ordonne d’inviter tous ceux qui se trouvent sur les chemins et dans les carrefours. On peut s’étonner que, alors que tout est prêt, le roi ait le temps d’envoyer chercher de nouveaux convives… mais cela fait partie de la puissance des paraboles. Cette fois, la salle des noces est pleine de convives.
Le roi vient saluer chacun des invités, avant que le repas ne leur soit servi… Et il s’arrête auprès d’un convive qui n’a pas le vêtement de noce. Et il est jeté dehors, sans autre forme de procès. Qu’est-ce que Jésus a voulu dire, et comment Matthieu a réécrit la parabole à l’intention des chrétiens de tous les temps ?
Jésus met les Juifs en garde contre le fait que, s’ils ne répondent pas à l’invitation de Dieu d’être Son Peuple, le Peuple de l’Alliance, le privilège leur sera enlevé et donné à un autre peuple qui en donnera les fruits. Dans les différentes paraboles que Matthieu rapporte dans ces derniers chapitres, Jésus interpelle les grands prêtres et les anciens du peuple. Il veut leur faire comprendre, par des images, qui Il est, pourquoi Il est venu et ce qu’Il espère du Peuple : sa conversion et la foi. Mais plus Jésus parle, plus les membres du Sanhédrin se braquent contre lui…
Lorsque Matthieu rédige cette parabole et qu’il annonce la destruction de la ville, il songe bien évidemment à la ville et au Temple de Jérusalem que l’armée romaine a détruits en l’an 70 de notre ère.
Les nouveaux invités, les méchants comme les bons, trouvés sur les routes et dans les carrefours, se rapportent à la communauté chrétienne pour laquelle Matthieu a rédigé son Évangile. Ils proviennent de toutes les nations, et ne peuvent se glorifier de quelque privilège que ce soit dans leur élection. C’est par pure grâce que Dieu nous a invités et qu’Il nous invite à célébrer la noce de son Fils.
Mais Matthieu les invite à ne pas se glorifier de remplacer les premiers invités qui n’en étaient pas dignes. Nul ne peut se glorifier devant la grâce que Dieu nous accorde, gratuitement.
Il en est de même pour chacun de nous. Nous devons nous revêtir de l’habit des noces. Nous devons accepter de vivre selon la loi de Dieu, qui est loi d’amour, et sans mépriser ceux qui s’éloignent de la religion ou de la pratique religieuse. Qui suis-je pour juger mon frère, comme le disait déjà Saint Paul à plusieurs reprises à ses correspondants…
Jésus nous invite au festin des noces éternelles, dans les cieux. À nous de nous y préparer, en mettant le vêtement de noce. L’eucharistie qui nous rassemble nous fait déjà goûter à la joie de l’union avec Dieu et à la communion entre frères. Demandons à Jésus de nous faire découvrir, toujours davantage, combien Il est heureux de nous voir nous rassembler et combien Il nous comble de ses grâces.

Frère Bernard-Marie

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Septembre

SAMEDI 2 : Père Abbé nous quitte dans la matinée, direction Assise et le Chapitre Général des 102 communautés masculines et 65 monastères féminins de l’Ordre; retour programmé pour le jeudi 28.
DIMANCHE 3 : Tard dans la soirée nous est rentré de sa Bretagne natale Frère Jean, qui s’est on ne peut plus discrètement replongé dans la vie communautaire avec 2 semaines d’avance sur le programme arrêté  : Voyez qu’il est bon, qu’il est doux, d’habiter en frères tous ensemble.
VENDREDI 8 : Le Père Simoens, s.j. , professeur au Centre Sèvres  présent à l’hôtellerie pour y prêcher une retraite, se prête à nous donner deux impressionnantes causeries sur Jean 17 ainsi que sur la lectio divina.
SAMEDI 9 : Frère Louis-Marie s’absente une petite semaine chez sa maman et son frère avant de partir à Maromby jusqu’à la Noël ; Frère Bruno sera de même en famille du 22 au 27.
MERCREDI 13 : FR 3 Régional prend  à  l’église à l’heure de tierce quelques prises de vues on ne saurait plus discrètes, suivies d’une interview en direct avec quelques frères dans le jardin et la fromagerie.
VENDREDI 15 : Second jour de rupture de l’année, marqué comme le précédent par un lever libre suivi des laudes et de l’eucharistie à 7H00.  Chacun a toute latitude jusqu’aux complies, y compris celle de sortir hors clôture, ce dont plusieurs ne se sont pas privés. Ce même jour le cellérier allume le chauffage de la maison.
SAMEDI 16 : Des membres plus ou moins nombreux de la Fraternité des Parvis, laquelle occupe le presbytère depuis plusieurs années,  nous rencontrent de loin en loin en vue de mieux se connaître mutuellement.
DIMANCHE 17 : Père Prieur part assurer à Paris jusqu’au samedi 29 la rentrée universitaire du STIM dont il a la charge ; et Père Abbé étant au Chapitre Général jusqu’au 28, il ne reste plus à notre très digne Sous-Prieur P. Jean-Pierre qu’à monter en ligne, ce dont il s’acquitte avec beaucoup d’élégance. La complaisance que nos supérieurs ont mise depuis quelque temps à nous proposer de loin en loin de courts métrages KTO ou autres d’une grande richesse  allègera d’autant sa tâche.
DIMANCHE 24 : À la sortie de la messe F. Jean a fait une lourde chute sur le perron en aidant un handicapé en fauteuil; il s’en tire grâce à Dieu avec quelques jours de lit suivis d’une marche prudente avec deux cannes, puis une seule, puis aucune…
JEUDI 28 : Père Abbé est des nôtres depuis le début de l’après-midi. En dépit d’un courrier mail extrêmement fourni, il lui reste encore beaucoup à raconter…
VENDREDI 29 : P. Prieur est à son tour bien rentré ; le mois peut à présent se terminer. Nous l’avions entamé en écoutant au réfectoire un livre du Père Lassus, o.p., consacré à une recluse camaldule de Rome, Nazarena, 1907-1990 (Éd. Ste Madeleine), auquel a succédé le récit d’un voyage de 2.400 km consacré par Dom Eamon à la visite de tous nos monastères d’Espagne, du sud au Nord et de l’est à l’ouest, et raconté de main de maître par le talent de son fidèle secrétaire le Père Siméon de l’Abbaye de Spencer…

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Vingt-quatrième Dimanche du Temps

Le serviteur impitoyable.

Lorsque Jésus propose des paraboles, il a l’art de grossir les choses pour faire émerger la vérité essentielle qu’il veut nous faire comprendre. Rappelons quelques excès de langages…
L’homme qui réussit à multiplier par dix le talent qu’il avait reçu, devient gouverneur de dix villes (Lc 17,17).
Jésus reproche aux scribes et pharisiens de filtrer l’eau pour en enlever le moucheron, tandis qu’ils vont avaler le chameau (Mt 23,24).
Le bon berger, qui laisse dans le désert ses 99 brebis pour rechercher l’unique qui s’est perdue (Lc 15,4).
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au royaume de Dieu (Lc 18,25).

Ne soyons donc pas autrement surpris de voir le montant de la dette du premier serviteur du roi dans la parabole que nous venons d’entendre : 10 mille talents, cela fait 60 millions de pièces d’argent. Sachant que le salaire d’un journalier était d’une pièce d’argent (Mt 20,2), ce serviteur devra travailler pendant des centaines de siècles pour rembourser sa dette… De plus, après cet excès de la première dette, le montant ridicule de la dette de son collègue, à savoir 100 pièces d’argent. Et le comportement de cet homme qui exige : soit le remboursement immédiat soit la prison pour son collègue et sa famille.
Le roi ayant été mis au courant de l’affaire, fit appeler le serviteur impitoyable pour le sermonner :
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’
Et ensuite, dans sa colère, nous dit Jésus, le roi livra l’homme et sa famille aux bourreaux, donc à la torture. À l’époque, ses auditeurs savaient ce que cela voulait dire… Si certains avaient quelque affection pour ce malheureux, il leur restait à collecter au plus vite le montant de sa dette, avant que les bourreaux n’aient trop abîmé la victime. S’agissant des dix mille sicles, la course contre la montre est perdue d’avance. Ce sont des bourreaux de même acabit qui s’acharneront bientôt sur Jésus lui-même, une fois que Pilate leur aura laissé libre cours pour se défouler.
Ensuite, Jésus donne son propre commentaire qui nous place directement dans l’autre monde :
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur.
Le bourreau auquel le Père confiera ceux qu’il condamne, n’est autre que le démon lui-même dans les cachots et les peines de l’enfer. Nombreuses sont les pages des évangiles où Jésus explique ce qui attend ceux qui refusent de se convertir et de bien agir.
Dans la géhenne, dans la fournaise, dans le feu qui ne s’éteint pas (Mc 9,44.46), les condamnés sont au supplice permanent et ne peuvent en sortir. Rappelons-nous la parabole du riche et du pauvre Lazare.
Au séjour des morts, il (le riche) était en proie à la torture ; dit Jésus et, interpellant Abraham qu’il voit de loin le riche dit : je souffre terriblement dans cette fournaise (Lc 16,23.24). Cette géhenne, cette peine éternelle est bien pire que tout ce que les bourreaux sur terre peuvent imaginer pour faire souffrir leurs victimes.
Nous avons vu que les victimes pouvaient être rachetées par un bienfaiteur prêt à payer la rançon ou à rembourser la dette. C’est tout le message, tout le sens de la vie de Jésus lui-même. Comme l’affirme fortement Saint Paul lorsqu’il écrit aux Romains :
Au temps fixé par Dieu, Christ est mort pour les impies que nous étions.
Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile…
Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous,
alors que nous étions encore pécheurs. (Rm 5,6-8)
C’est cela que Jésus est venu nous dire. L’amour fou de Dieu fait qu’Il pardonne tous nos péchés et nous demande de faire de même envers ceux qui nous ont fait du mal. Dieu est ce roi qui a pardonné notre dette de 10 mille talents… À nous de pardonner à nos frères les 100 pièces d’argent.
La gloire, la béatitude qui nous attendent dans le ciel pour l’éternité vaut bien un petit pardon à taille humaine, alors que Dieu nous aime d’un amour divin.

Frère Bernard-Marie

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Août

MERCREDI 2 : Sœur Joséphine, bernardine congolaise du monastère de Goma (RDC) en retraite à l’hôtellerie, nous parle de son pays qui, dit-elle, va mal (impunité, insécurité, guerres inter-tribales). Les Sœurs vivent d’une petite école (200 élèves) où Sr Joséphine enseigne les mathématiques.  Elles sont heureuses de pouvoir s’appuyer sur nos frères de Mokoto.
DIMANCHE 6 : Pour illustrer les chapitres de Père Prieur sur Simone Weil, nous regardons en deux fois un petit film passé en jumelage avec la TV allemande et riche en prises de vue sur les années 30.  Nous avions déjà visionné un film semblable.  La foi du Général de Gaulle, où on découvre qu’il était fervent catholique et, quand il le jugeait bon, gallican.
LUNDI 7 : La seconde cuve à incendie située derrière le cimetière et qui a en son temps nécessité la percée d’une grand-porte dans le mur de clôture, se voit à son tour remplie de ses 240 m³ d’eau (le double de la première cuve). Reste une troisième à installer dans la cour des garages.
JEUDI 10 : Père Abbé rentre de Maromby comme prévu dans l’après-midi avec F. Laurent, et plein d’autres bonnes choses à raconter ou partager. Sauf que F. Pierre-André, dans sa joie peut-être d’avoir retrouvé plein de jeunes frères, a tapé si fort dans leur ballon qu’il s’est rompu un tendon ; le voilà plâtré pour trois mois. Ce qui n’a pas empêché Père Timon de le nommer Père Maître des 4 jeunes profès.
SAMEDI 12 : Nos amis roumains Gabriel et Petru nous font leurs adieux ; ils seront remplacés dès demain par Daniel et Tibèriu.
DIMANCHE 13 : A l’heure du chapitre, un film haut en couleurs  sera visionné en plusieurs soirées sur quelques monastères de l’Athos. Il nous apprend aussi que la sainte Montagne semble connaître actuellement un regain de vocations mais surtout de visiteurs.
JEUDI 17 : Frère Gilbert s’est vu offrir une semaine de retraite à l’abbaye du Désert complétée par un pèlerinage à Lourdes. Son visa de séjour de 4 ans expire en avril prochain, mais il anticipera son retour dès janvier pour participer à l’élection du Prieur de Maromby.
VENDREDI 18 : Les médias diffusent l’admission à l’Université d’Oxford de Malala, la jeune nord-pakistanaise de vingt ans dont nous sommes en train d’écouter la lecture du livre au réfectoire : Moi, Malala, je lutte pour l’éducation  et je résiste aux talibans. Ce même jour nous arrive  pour le week-end notre frère Philippe, toujours aumônier à Roissy.  Père Abbé nous annonce que frère Denis vient d’achever à Mont-St-Bernard une année de présence.  Au terme de cette année la communauté de Mont Saint Bernard et frère Denis envisagent avec satisfaction de commencer deux années de probation en vue d’un changement de stabilité.
MARDI 22 : Nous avons une première réunion de groupes pour réfléchir à une meilleure disposition dans l’église pour faciliter le chant de l’Office.
MERCREDI 23 : Le Père Philippe Robert, jésuite anciennement supérieur à Lille, s’est vu envoyé à Namur pour aider à la mise sur pied d’une grande Province recouvrant toutes les communautés francophones européennes ; sujet d’actualité passionnant à entendre.
VENDREDI 25 : Frère Tomislav de Marija Zvijezda (Bosnie) nous fait la bonne surprise de son passage annuel « pour affaires » ; il nous restera jusque jeudi.
LUNDI 28 : Autre heureuse arrivée : celle de Père Timon, supérieur ad nutum de Maromby. Il nous arrive pour le Chapitre Général, précédé de la réunion régionale afro-malgache à Rome.

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Juillet

SAMEDI 1er  : Le Père Michel Farin nous revient avec 4 séquences de 35 minutes sur la Résurrection ou plus exactement le tombeau vide tel qu’ont pu le vivre la Vierge Marie, Marie-Madeleine, Pierre, enfin les deux disciples d’Emmaüs, et que le Père a passées au Jour du Seigneur du Temps Pascal 1983. Ce même samedi soir nous est revenu notre fidèle ami Philippe Duc.
LUNDI 3 : Bonne surprise au réfectoire avec le retour de Gabriel et Petru (Pierre), autres amis fidèles qui nous arrivent année après année, en même temps que le chant du coucou.
VENDREDI 7 : A l’heure du chapitre nous avons pu regarder sur la chaîne KTO une brève interview de Charles Wright sur son livre  concernant l’expérience spirituelle de Dom André Louf : Le chemin du cœur (Salvator 2017). Et nous récidiverons dimanche, à propos des Récits fondateurs, un gros volume biblique offert en cadeau de fête à Père Abbé et qui nous donne entre autres le plaisir de voir de près deux grands noms actuels de l’édition : Frédéric Boyer et Daniel Marguerat.
DIMANCHE 9 : A compter d’aujourd’hui la permanence à la porterie débute non plus après tierce mais avant laudes, ce qui ne facilite évidemment pas la tâche de président du travail.
MERCREDI 12 : A la mi-septembre la fromagerie intègrera à sa production un format  de grands fromages rectangulaires de 6 kg dont les rares échantillons d’essai ont connu le plus grand succès au réfectoire.
JEUDI 13 : Père Abbé s’octroie 48 heures de repos à Saint-Sixte avant les grands déplacements qui l’attendent dans la seconde moitié  du mois.
DIMANCHE 16 : Nous avons pu en soirée admirer la première partie d’un film animalier du naturaliste Jean-Michel Bertrand : Vertige d’une rencontre.  Prises dans le vaste Parc national de la Barre des Écrins (Hautes Alpes), ses vues tant d’oiseaux que de quadrupèdes sont des prouesses de patience et de beauté. Nous en verrons mardi la seconde partie, dont le cinéaste est particulièrement fier, car consacré en majeure partie à l’aigle, son vol, son aire et ses aiglons.
LUNDI 17 : L’abbé Pascal Dame, curé à Roubaix et délégué diocésain pour l’inter-religiosité (Roubaix affiche 107 nationalités), nous a consacré une trop courte session sur l’Islam, insistant sur l’exigence d’une inlassable écoute toute de retenue et de respect, en même temps que sur la fermeté d’une pratique chrétienne  solide et sans compromission.
VENDREDI 21 : Plus des 2/3 des frères ont répondu « présent » à la chaleureuse invitation de notre première fondation – Tilburg aux Pays-Bas, 1880 – pour une  rencontre de nos deux communautés. Un autocar les y a conduits en 3 heures de temps, de suite après le chant des laudes, et ramenés pareillement à l’heure des complies.
DIMANCHE 23 : Nos  deux jeunes frères étudiants de Maromby, Pierre-André  et Jessé, nous ont fait ce soir leurs adieux au terme de toutes leurs années d’étude.  Après-demain Dom Marc-André les ramènera à Madagascar où il se rend pour l’ordination sacerdotale de leur supérieur P.Timon, le samedi 5 août. Il nous reviendra le jeudi 10 en compagnie de frère Laurent, qui s’y est formé lui-même durant 3 mois auprès de leur couturière.
SAMEDI 29 : Frère Jean part fêter ses 50 ans de profession dans sa Bretagne natale.

Nous avons écouté au réfectoire une brève biographie des 3 voyants de Fatima jusqu’à l’entrée de Lucia au Carmel dans les années 50 ; écrite par l’abbé Guillaume Hünermann à cette date, elle vient d’être rééditée telle quelle cette année : Fatima (Salvator 2017). Nous abordons maintenant l’histoire d’une autre enfant, Malala Yousafzai,  jeune nord-pakistanaise : Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans (Ed. Calmann-Lévy, 2013).

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Solennité de Saint Benoît, père des moines

La vie spirituelle selon Saint Benoît.

Lorsque Saint Benoît quitte la ville de Rome, ce n’est pas d’abord pour fuir le monde des affaires, des plaisirs, de l’ambition. Déjà il est interpellé par Dieu et veut le chercher avant tout. Comme le relate Saint Grégoire le Grand dans la vie de Benoît qu’il écrivit :
Méprisant donc l’étude des lettres, il se mit en quête d’un genre de vie sainte. 
Aussi se retira-t-il, savamment ignorant et sagement inculte. (Vie, Introduction)

Après s’être mis au service du curé d’Effide, écrit encore Saint Grégoire :
plus désireux de souffrir les maux du monde que ses louanges, de se fatiguer dans les travaux de Dieu plus que d’être promu aux faveurs de cette vie, (il) quitta sa nourrice en secret et gagna une retraite située dans un lieu désert appelé Subiaco (Vie, I,3).

Peu de temps après Benoît, vivant toujours dans la plus grande solitude, seulement nourri par les bons soins du moine Romain, reçut la visite d’un prêtre avec un repas de fête. Celui-ci dit à Benoît en arrivant :
 » Lève-toi et prenons de la nourriture car c’est Pâques aujourd’hui « . 
À quoi l’homme de Dieu répondit : 
 » Je sais que c’est Pâques puisque j’ai mérité de te voir « . (Vie, I,7)

C’est fête, dit Benoît, parce que Dieu lui a envoyé quelqu’un dans sa solitude. Tout entier dans sa prière solitaire, chaque événement qui sort de l’ordinaire est action de grâce, toujours parce que c’est le Christ ressuscité par sa Providence qui visite ceux qui L’aiment.

La solitude de Benoît n’a pas duré et il s’est retrouvé à la tête de plusieurs petites communautés de moines à Subiaco. De là, il est parti avec les plus jeunes, pour fonder un monastère au Mont Cassin, situé plus au Sud dans la botte Italienne. C’est en ce lieu béni qu’il a mis la dernière main à la petite règle pour débutants (RB 72), qu’on appelle aujourd’hui la Règle de Saint Benoît. C’est en ce même lieu qu’il a terminé sa vie.

Dans sa règle, Saint Benoît ne propose qu’une seule échelle, celle de l’humilité. Il ne parle nulle part d’un éventuel parcours spirituel pour ses moines. La prière est décrite de manière systématique voire pointilleuse pour ce qui regarde les offices liturgiques. Quant à la prière personnelle, que nous appelons l’oraison ou la prière silencieuse, Benoît n’en parle qu’accessoirement. Et encore, il met en garde contre des temps trop longs en communauté, au risque de fatiguer certains. Mais en-dehors des Heures canoniques, il permet aux moines de prolonger leur prière personnelle dans l’oratoire.

Des fruits spirituels possibles, probables, voire souhaités, de cette organisation minutieuse de la vie cénobitique, rien n’est dit… Benoît décrit avec minutie le cadre qu’il propose. La pratique de la vie monastique implique que nous respections ce cadre. Les fruits que nous pouvons en espérer, en attendre, ne sont pas décrits. Pourtant, Saint Benoît les a connus lui-même, comme nous le rapporte Saint Grégoire :
dans sa contemplation, une chose tout à fait admirable s’ensuivit car le monde entier, comme rassemblé sous un seul rayon de soleil, fut offert à ses yeux.

Et le pape de commenter :
Pour l’âme qui voit le Créateur, toute créature paraît bien exiguë. En effet bien que cette âme n’ait contemplé qu’un faible rayonnement de la lumière du Créateur, tout le créé se réduit pour elle à de petites proportions, car par la lumière elle-même de cette vision intime, le sein de son esprit s’élargit et son cœur grandit tellement en Dieu qu’il se tient élevé au-dessus du monde. (Vie, XXXV,3.6)

La prière, la vie contemplative, ne sont pas l’apanage des moines. Il n’est pas rare aujourd’hui de rencontrer des personnes vivant dans le monde qui s’inspirent de la Règle de Saint Benoît pour leur vie de prière. Mais, plus que pour ces derniers, la Règle est écrite pour aider les moines à atteindre un degré d’union à Dieu. Notre cadre de vie, avec ses temps de prière, de lectio divina, de travail et de vie fraternelle, est propice à une expérience spirituelle. Sainte Thérèse d’Avila, après avoir décrit par le menu les nombreuses demeures du Château Intérieur, insiste auprès de ses sœurs pour qu’elles ne cherchent pas à situer géographiquement, si l’on peut dire, où elles en sont dans leur itinéraire spirituel.

La vie spirituelle est une expérience tellement individuelle qu’il est difficile de la chosifier. C’est pourquoi Saint Benoît n’en parle pas. Mais reconnaissons que notre cadre de vie est propice pour avancer toujours plus et vivre à notre tour cette expression qui lui est chère : Ne rien préférer à l’amour du Christ. (RB 4)

Et Benoît conclut sa Règle avec cette invitation solennelle :
Qui que tu sois donc qui te hâtes vers la patrie céleste, 
accomplis, avec l’aide du Christ, cette petite règle pour débutants, 
alors, sous la garde de Dieu, tu parviendras à ces plus hauts sommets 
de doctrine et de vertu. (RB 72)

Cela rappelle ce qu’il écrivait dans le Prologue :
À mesure qu’on progresse dans une sainte vie et dans la foi, le cœur se dilate, 
et c’est avec une indicible douceur d’amour que l’on court 
dans la voie des commandements de Dieu. (RB Prol)

En ce jour de fête, demandons à Dieu dans cette Eucharistie la grâce de suivre l’exemple et les enseignements de Saint Benoît pour pour avoir part, nous aussi, à la vie éternelle dans son Royaume.

Frère Bernard-Marie

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