Quinzième Dimanche du Temps Ordinaire

Le bon Samaritain

Le docteur de la loi avait demandé à Jésus : et qui est mon prochain ?  Après avoir développé sa parabole, Jésus pose la question inverse au docteur de la loi : qui a été le prochain de l’homme en détresse ?  Le changement de perspective est complet…

Pour Jésus, la question n’est pas de savoir : qui est proche de moi, mais : comment suis-je proche de lui.  Le prochain de quelqu’un, c’est celui qui lui vient en aide dans sa misère.  Ce n’est pas, comme le laissait entendre le docteur de la Loi, celui qui est en harmonie avec moi, celui avec qui je m’entends bien.  C’est l’interprétation courante de l’expression du Lévitique : tu aimeras ton prochain comme toi-même. 

Lorsque Paul rappelle ses déboires depuis qu’il est apôtre de Jésus-Christ, parmi les dangers qu’il évoque, il mentionne expressément les dangers des brigands, ainsi que les dangers du désert (2Co 11,26).  Pour un homme seul, même pour quelques personnes voyageant ensemble, les voyages étaient dangereux à l’époque.  La parabole de Jésus commence donc par un fait divers tout à fait courant.  En particulier la route descendant de Jérusalem à Jéricho était-elle réputée dangereuse, à cause de l’appât des brigands et de la multitude des pèlerins passant par là. 

Cela dit, Jésus ne précise pas qui est l’homme qui descendit par cette route.  Etait-ce un pèlerin, un commerçant, un touriste, un homme pieux ?  Nous ne savons pas.  Par contre, les trois personnes qui voient l’homme sur le bord de la route sont, eux, distinctement présentés. 

Le premier est un prêtre qui descend par ce chemin.  Le second est un lévite qui, peut-être, remonte vers Jérusalem.  Mais pour des raisons de pureté rituelle ou en vue d’occupations plus urgentes qu’ils ne souhaitent pas retarder… ils passent en faisant mine de ne pas voir l’homme à moitié mort.  Comme membres de la classe sacerdotale ils auraient dû être les premiers à pratiquer l’enseignement du Lévitique que le scribe récite devant Jésus…

Le troisième homme sert de modèle à Jésus.  Mais, pour ses interlocuteurs, le Samaritain est un païen, au moins un hérétique, et certainement pas un homme dont le comportement serait un modèle pour le docteur de la Loi.  Mais, dans la parabole de Jésus, c’est le seul qui pratique vraiment la Loi ! 

Par sa parabole, Jésus ne veut pas polémiquer avec ses interlocuteurs.  Il propose plutôt une situation anodine qui permettra de poser la vraie question : qui est le prochain de qui ?  Dans la vie courante, lorsque tout se passe bien, sans accidents, sans crises, sans oppositions, il n’est pas difficile de reconnaître en mon voisin mon prochain.  Mais lorsqu’une personne est en danger, quel qu’elle soit, comment puis-je me mettre à son service, comment serai-je son prochain pour l’aider à se sauver ? 

Les clercs, par respect envers la Loi de pureté, dissocient amour de Dieu et amour du prochain et « changent de trottoir ».  Le Samaritain, en revanche, ressent alors une compassion viscérale – l’attitude même de Jésus à la vue de la veuve de Naïm, l’attitude encore de Jésus lorsqu’il s’approche de la tombe où repose Lazare.  De manière plus générale, c’est l’attitude de Jésus et d »e son Père, devant le péché des hommes et le refus de répondre à l’amour de Dieu pour nous.  C’est par cette compassion viscérale que Jésus s’est fait homme pour nous ramener au Père. 

Dans la parabole telle que nous la rapporte Saint Luc, regardons ce que fait le Samaritain.  Il panse les plaies, puis il y verse de l’huile, et enfin du vin. Il y a une telle invraisemblance dans la succession de ces actes, que cela doit nous inciter à chercher ce que l’auteur veut dire.  Nous avons ici une relecture dans le plus pur style des midrashim juifs.

Le Samaritain c’est Jésus lui-même, descendu de sa monture pour s’approcher de chacun de nous.

–      Il panse les plaies : cela rappelle les bandelettes de la résurrection, en même temps que la nouvelle naissance dans le baptême
–      Il oint d’huile : c’est l’onction de la confirmation
–      Il verse le vin : c’est l’eucharistie, avec le pain et le vin.
–      Il conduit à l’auberge : il fait entrer le « malade » dans l’Église, lieu de guérison
–      Il paiera le supplément à son retour : le Christ remboursera nos dettes, il efface nos fautes, il nous guérit de nos péchés rachète nos fautes.  Il le fera à la fin des temps, au Jugement dernier, lorsqu’Il nous accueillera au ciel avec tous les saints. 

Alors que nous allons maintenant monter à l’autel, demandons à Jésus de se faire proche de nous.  Lui, le Bon Samaritain, vient au secours de chacun de nous, tombés par notre péché et incapables de nous relever par nos seules forces.  Dans l’Eucharistie Jésus nous donne son corps à manger et son sang à boire, nourriture vivifiante pour la longue route qui nous reste à parcourir jusqu’à ce que nous partagions au ciel le festin d’éternité. 

Frère Bernard-Marie

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Juin

Samedi 1er : Que frère Florent veuille bien pardonner le rédacteur de la chronique pour cet oubli….impardonnable. En effet, c’est au jour de la Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth  que lui-même s’en va visiter nos sœurs de Baumgarten pour une retraite ô combien méritée. Il nous rentrera le 8.
 Pendant un certain temps, lors de ses chapitres Père Abbé va nous montrer comment la personne du Père Abbé est passée « du monarque au frère en charge », ce à partir du livre de Danièle Hervieux Léger  Le Temps des moines. Et comment cela est lié au développement de la vie communautaire. Il y a matière à réfléchir !!!!!!!

Dimanche 2 : Nous continuons à approfondir nos connaissances bibliques en regardant une émission de « La Foi prise au mot » consacrée, on l’aura peut-être deviné, à la figure de  Marie Madeleine…. Temps pascal oblige.

Vendredi 7 : Il est des jours plus appréciés les uns que les autres pour tous comme pour chacun. Celui-ci l’est de tout le monde puisqu’il s’agit de la journée de rupture de  rythme pour le deuxième trimestre de l’année. Quant au temps, il laisse à désirer surtout pour les promeneurs du dimanche….. ou plutôt du vendredi, mais en passant entre les gouttes !!!!!!

Lundi de Pentecôte : Comme chaque année depuis….quelques années, nous passons la journée avec la Fraternité des Parvis. Eucharistie à 11 h 00 avec renouvellement des engagements durables pour certains de leurs membres. Et Sainte Claire de nous gratifier d’une é…claircie car le soleil était au rendez-vous  pour le repas que nous avons pris dehors, alors que nous avions tout lieu de nous inquiéter en début de journée.

Samedi 15 : Père Abbé, Frère Bruno et Frère Albéric Marcel se rendent à Cîteaux  pour célébrer le 9ème centenaire de la Charte de Charité. Ils seront de retour le 17.

Dimanche 16 : A  travers 6 films la  chaîne culturelle Arte nous emmène à la découverte d’un monde tout à fait inconnu de nous, puisqu’il s’agit de « l’héritage….des Cisterciens » Nous commençons par la France. Manière à nous d’être en communion avec les frères et sœurs réunis à Cîteaux.

Lundi 17 : A chacun son tour. Après frère Florent, c’est frère Vincent qui s’en va passer huit jours de retraite du côté des Ardennes belges au monastère bénédictin d’Hurtebise. Cette semaine réparation du tunnel de lavage à la fromagerie, donc pas de fabrication. Aussi en profite-t-on pour abattre une partie des alcôves de l’ancien dortoir.

Dimanche 23 : La chorale Orphée dirigée par Olivier Clément, notre prof de chant, vient animer l’Eucharistie de la solennité du Saint Sacrement. Elle nous gratifie encore de quelques pièces de leur répertoire religieux après les Vêpres

Vendredi 28 :  Pour l’Eucharistie de la fête du Sacré Cœur, nous avons la joie de réentendre notre orgue après un peu plus de 6 mois de silence pour restauration. C’est toujours Monsieur Dubois qui est notre organiste, et qui a suivi la restauration.

Ce même jour, Père Abbé s’en va rejoindre la capitale. D’abord à  la Corref pour réviser les statuts en lien avec les abus commis par les clercs. Puis pour suivre une session organisée par l’IFHIM entendez l’Institut de Formation Intégrale de Montréal, chez les Sœurs de Martigné-Briand.

Pour fêter les colonnes de l’Église que sont les apôtres Pierre et Paul, nous regardons le dernier film sorti sur le 266ème successeur de saint Pierre  François, un homme de parole de Win Winders.

Quelques mouvements quant aux emplois sont à signaler. Côté magasin : retour du personnel salarié – Deo Gratias – Frère Laurent et Frère Stanislas marcheront en tandem pour les aider. Frère Edmond-Marie devient co-titulaire côté vestiaire et buanderie avec frère Laurent et co-titulaire de la sacristie avec frère Bruno.

Nos amis roumains seront bien présents dans nos cœurs avec Chaînes et terreurs, qui raconte comment Mgr Ploscaru, évêque de l’Église gréco-catholique roumaine à Lugoj en Roumanie, fut arrêté le 25 août 1949 pour être resté fidèle à Rome et n’être pas passé à l’Église orthodoxe comme le demandait le régime communiste. Aussi,  il passa quinze années en prison dont quatre en isolement complet. De ses épreuves, il dit beaucoup – de ses motifs de résistance, plus encore – et livre un magnifique double témoignage, historique et spirituel.

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Saint Jean-Baptiste, solennité

Jean Baptiste le Précurseur.

L’apparition de l’ange du Seigneur à Zacharie dans le Temple ressemble beaucoup à d’autres apparitions d’anges dans les annales de la Bible.  Rappelons-nous l’apparition à Abraham, alors âgé de 100 ans, et sa femme également avancée en âge pour la naissance d’Isaac (Gn 18).  Ou encore la femme de Manoah, qui était stérile.  L’ange du Seigneur lui apparut et lui promit un fils, qu’elle nomma Samson (Jg 13).  De ce point de vue Zacharie n’aurait donc pas dû être effrayé en voyant l’ange du Seigneur dans le Saint des Saints.  Mais surtout il n’aurait pas dû poser la question comment cela se fera-t-il ?, puisque les exemples anciens devaient lui être connus. 

C’est la raison pour laquelle l’ange se fâcha et rendit Zacharie sourd et muet.  Lorsqu’il sort du Temple, c’est par signes qu’il fait comprendre au peuple qu’il a eu une vision.  La bénédiction qu’il aurait dû donner à l’assistance à ce moment-là, ne fut pas donnée. 

Le mutisme forcé de Zacharie dure jusqu’à la circoncision de l’enfant, jusqu’au moment où Zacharie confirme ce que sa femme Élisabeth a dit : son nom est Jean.  On peut comprendre que les témoins, les proches et tous les habitants de la montagne de Judée se dirent l’un à l’autre : que sera donc cet enfant ?  Mais ils n’auront la réponse que bien plus tard.  En effet, ce n’est qu’à l’âge adulte que Jean s’en ira dans le désert pour préparer la route au Seigneur.  Membre de la caste sacerdotale, Jean aurait pu devenir prêtre dans le Temple de Jérusalem, à la suite de son père et de ses ancêtres.  Il a préféré répondre à l’autre appel de Dieu, dans la lignée des grands prophètes du passé.  C’est pourquoi comme première lecture nous avons entendu la vocation d’Isaïe.  Le comportement de Jean face à Hérode Antipas ressemble à s’y méprendre aux invectives des grands prophètes, tels que Élie et Élisée dans le Royaume du Nord, Jérémie à Jérusalem au moment de l’invasion par Nabuchodonosor. 

Lorsque le prophète Ananie, fils d’Azzour, eut brisé le joug de bois que portait Jérémie, celui-ci lui répondit :

Les prophètes qui nous ont précédés, toi et moi, depuis bien longtemps, ont prophétisé contre de nombreux pays et de grands royaumes la guerre, le malheur et la peste.
Le prophète qui annonce la paix n’est reconnu comme prophète vraiment envoyé par le Seigneur, que si sa parole s’accomplit (Jér 28,8-9).

Pour pouvoir accomplir leur mission prophétique, Dieu leur des grâces particulières, dont nous retrouvons des traces dans les visions que certains reçurent au début de leur ministère.  La première lecture de ce jour est un de ces exemples.  Ezéchiel quant à lui reçut un livre à avaler qui, dans sa bouche, avait le goût du miel, mais remplit ses entrailles d’amertume (Ez 3,3 et // en Apoc 10,8-11). 

Lorsque Jean Baptiste commença sa vie publique de prophète dans le désert, les foules venaient à lui avec ferveur et se faisaient baptiser dans le Jourdain en signe de pénitence.  C’est ce que nous rapportent les évangiles.  Mais Jean non plus n’y alla pas de main morte, invectivant les foules d’engeance de vipères.  Et tous de lui poser la question que devons-nous faire ?  

Mais, lorsque Jean s’en prit à la vie privée du roi Hérode Antipas – qui avait épouse Hérodiade, la femme de son frère Philippe – Hérode emprisonna le prophète et chercha une occasion de le mettre à mort (Mc 6 ; Mt 14).  C’est ainsi que moururent nombre de prophètes de l’Ancien Testament, c’est ainsi que devait mourir Jésus… 

Comme nous le rapporte Luc, Jean et Jésus étaient apparentés, puisqu’Élisabeth est présentée comme la cousine de Marie.  Mais les liens devaient être plus forts, puisque Jean fut rempli de l’Esprit Saint lorsque, toujours dans le sein de sa mère, il entendit la voix de Marie, qui était enceinte de Jésus.  Avant sa vie publique, Jésus suivit quelque temps Jean pour voir comment il s’y prenait.  Puis Jésus commença sa vie publique en se faisant baptiser par Jean.  Donc, dans ce contexte de relations fortes, Jésus dut être fortement impressionné par la mort de Jean.  Il se rendit alors vraiment compte, en voyant comment les chefs religieux s’opposaient à son propre enseignement, qu’il risquait fort d’être un jour mis à mort. 

Lorsque Jésus monta à Jérusalem pour la Pâque, Il savait que ses jours étaient comptés.  Il savait que « son Heure » était arrivée et c’est avec courage qu’il alla au-devant de celle-ci.  Dans l’Évangile selon Saint Luc, c’est sur le Mont des Oliviers que Jésus – après sa résurrection – fit ses adieux à ses disciples et qu’Il monta au ciel.  À ce moment-là Il bénit les foules venues à sa rencontre.  Pour Luc, Jésus donna ainsi à toutes les nations la bénédiction que Zacharie n’avait pas pu donner aux Juifs rassemblés dans le Temple.  Le Peuple Saint, aujourd’hui, ce sont tous les peuples qui croient en Jésus-Christ, le Fils de Dieu.   

Dans l’Ancienne Alliance, l’Esprit était donné aux prophètes pour arracher et renverser, pour détruire et démolir, pour bâtir et planter (Jr 1,10).

Jean le Baptiste, le Précurseur, eut du mal à comprendre ce qui lui arrivait.  En effet, c’est dans la mort et la résurrection de Jésus que toute vocation prend sa source.  C’est par la mort de Jésus que la mort de Jean reçut tout son sens. 

Aujourd’hui chacun de nous a reçu l’Esprit dans les sacrements du baptême et de la confirmation.  Nous sommes appelés à être, à notre tour, à notre petite place, témoin de la Parole de Jésus.  Si la persécution guette, si la parole qui doit être proclamée dérange, Dieu donne la grâce nécessaire pour tenir ferme. 

Hier nous célébrions le Corps et le Sang du Christ.  C’est le pain venu du ciel qui a un goût de miel dans notre bouche, et qui dans l’amertume de la contrariété et la persécution, nous donne la force de témoigner de notre foi.  Demandons à Jésus de nous combler de ses grâces pour annoncer qu’Il est présent dans notre monde. 

Frère Bernard-Marie

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Dimanche de Pentecôte

Le Saint Esprit transforme les apôtres.

L’évolution humaine et spirituelle que vécurent les apôtres, entre l’arrestation de Jésus la veille de la passion et de sa mort, et la Pentecôte, est particulièrement impressionnante.  Lorsque Jésus fut arrêté par la soldatesque envoyée par les grands prêtres, Pierre et les autres apôtres commencèrent par s’interposer.  Pierre sortit le glaive et trancha l’oreille du serviteur du grand prêtre.  Mais Jésus lui dit de remettre son glaive dans son fourreau, et Il se laissa emmener sous bonne garde.  La plupart des disciples présents prirent leurs jambes à leur cou pour s’enfuit et éviter d’être arrêtés à leur tour pour complicité.  D’après les évangélistes, seuls Pierre et Jean demeurèrent quelque temps encore dans les parages.  C’est alors que Pierre renia par trois fois son maître, lui qui avait affirmé quelques heures plus tôt qu’il était prêt à mourir avec Jésus…

Lorsque Jésus ressuscita et qu’il se montra aux femmes venues au tombeau, elles Le reconnurent et allèrent annoncer la nouvelles aux disciples.  Mais, selon la plupart des évangiles, ces derniers ne crurent pas ces « racontars de femmes ».  Pierre alla bien jusqu’au tombeau pour vérifier et, rapporte Saint Luc, tout étonné de ce qui était arrivé, il s’en retourna chez lui (24,12).  Ne sachant pas trop ce qui allait leur advenir après la mort de Jésus, la plupart des disciples avaient repris leur métier de pécheur.  C’est dans ce contexte que Saint Jean place une des apparitions du Ressuscité sur les rives du lac der Galilée. 

Les enseignements que Jésus avait donnés aux disciples durant sa vie publique sur le Royaume à venir, les annonces qu’Il fit de sa mort prochaine à Jérusalem… les disciples n’avaient rien compris et se trouvaient complètement démunis devant la catastrophe de la mort de Jésus.  Ils ne pouvaient rien faire d’autre que d’aller reprendre leurs activités antérieures.  Les trois ans passés avec Jésus leur semblaient être une parenthèse heureuse dans une vie laborieuse.   

Mais c’était sans compter avec Jésus lui-même… et avec l’Esprit Saint.  Les apôtres retournent en pèlerinage à Jérusalem pour la fête de la Pentecôte.  Les voilà qui se retrouvent dans la Chambre Haute où ils avaient pris le dernier repas avec Jésus juste avant sa Passion.  Encore sous le choc des événements dramatiques qui s’étaient produits ces jours-là, les apôtres verrouillent les portes de l’endroit où ils se trouvent et se remémorent tout ce qu’ils ont vécu ensemble lorsque Jésus était avec eux.

C’est alors que le ciel s’ouvrit, et l’Esprit, tel un vent violent, descendit sur la maison où ils étaient.  Et l’Esprit se posa sur chacun des disciples, sous la forme d’une langue de feu.  Autant le vent fut violent à l’extérieur, autant la force de l’esprit fut violent pour ces hommes.  Immédiatement, les apôtres deviennent des autres hommes.  Eux qui, il y a quelques jours seulement, fuyaient comme des lapins et se terraient comme des rats, voilà qu’ils ouvrent grandes portes et fenêtres et n’ont plus peur de rien ni de personne…

Alors que les foules accourent pour voir le prodige du vent tombant sur la maison où les disciples se trouvaient, Pierre et les autres apôtres parlent désormais sans aucune peur des merveilles de Dieu et proclament que Jésus est ressuscité des morts.  La transformation fut donc radicale, presque instantanée.  Elle transforma en un instant les pêcheurs de Galilée, ces gens simples et sans instruction, en messagers de la Bonne Nouvelle. 

Cette transformation est l’œuvre de l’Esprit Saint, comme le leur avait promis Jésus, comme nous l’avons entendu dans l’évangile de ce jour :

Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur, l’Esprit Saint …

Dans la conclusion de son évangile, Saint Luc met dans la bouche de Jésus des paroles similaires :

je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis.
Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus
d’une puissance venue d’en haut. (Lc 24,49)

Le Défenseur aida les disciples à se ressouvenir de tout, comme Jésus le disait aussi dans la lecture de l’évangile de ce jour.  Le Défenseur, c’est l’Esprit Saint, la force d’en haut…  Toutes ces dénominations montrent bien que ce n’est aucune force humaine qui a permis à l’Église d’être toujours vivante 20 siècles après la Pentecôte.  Reconnaissons humblement que l’Église a traversé les flots, se maintenant contre vents et marées, grâce à l’action de l’Esprit Saint en elle.  Les ambitions humaines, les divisions entre croyants, les puissances du mal, n’ont pas eu raison de la grâce divine, n’ont pas eu raison des dons du Saint Esprit. 

En cette fête de la Pentecôte, reprenons quelques strophes de la séquence grégorienne Veni Sancte Spiritus qui exprime à merveille le rôle de l’Esprit Saint dans nos vies de chrétiens.  Que ce soit notre prière à l’Esprit Saint en ce jour de fête :

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime, le cœur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
A tous ceux qui ont la foi, donne le salut final, donne la joie éternelle.

Amen.

Frère Bernard-Marie

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Mai

Dimanche 5 : Nous recevons Mgr Herrouard  « dans les mêmes conditions » que Mgr Ulrich. A savoir : Mgr Hérouard préside l’Eucharistie avec une très belle homélie à la clé. Nous partageons ensuite  un  repas fraternel. Après None, il nous entretient de sa réflexion sur l’Europe. Mgr Hérouard fait partie de la Comece (Commission des Episcopats de la Communauté européenne) dont il nous en apprend le fonctionnement. Il nous rappelle la figure emblématique qu’était Robert Schumann, en particulier. Pour Mgr Hérouard, l’Europe doit retrouver une âme. Et enfin il commente brièvement ce que pensait Jean Paul II de la question. Il fait de même pour le pape François.

Ce même jour, souffrant des jambes, notre frère Laurent est hospitalisé assez urgemment à St Philibert. Il nous rentrera le mercredi 15 mais pas encore très en forme. Depuis sa situation s’améliore.

Mardi 7 : Chapitre conventuel pour présenter au consentement de la communauté le projet de réhabilitation de notre hôtellerie bien nécessaire qui sera approuvé à la quasi unanimité. Les travaux commenceront en janvier 2020 et donc la fermeture pour 6 mois de l’ hôtellerie. Reste à trouver les aides financières. A votre bon cœur !  …  

Vendredi 10 : P.Bruno se rend au rendez-vous annuel en famille pour quelques jours, tandis que P. Bernard-Marie sur la journée va visiter sa maman centenaire.  

Lundi 13 : Père Abbé s’en va du côté de Frattochie y faire la visite régulière en compagnie de Dom Ginepro. A son retour, Père Abbé nous partage ce qu’il a vécu à l’occasion de  cette visite. La communauté compte 16 frères unis et fraternels dans le respect de chacun. Trois points essentiels se dégagent, d’abord la vente de Frattochie avec peut-être une bonne piste en vue, puis le transfert progressif à Fano qui suppose de s’adapter à une situation « d’exode » ;  enfin le mandat de Dom José touché par la limite d’âge, au bout de 9 années d’un service efficace et unanimement apprécié.

Quant à frère Jean, il s’en retourne du côté de la Bretagne pour une célébration locale de la béatification de Frère Michel Fleury. Tous deux rentreront le 24.

Dimanche 19 : Peut-être est-ce le premier « clin Dieu » de Jean Vanier puisque un groupe de « Foi et lumière » est là pour le week-end. Quant à nous, nous regardons une émission spéciale que KTO lui a consacrée à l’occasion de son décès.

Lundi 27 : Frère Oswaldo s’en va revoir – non pas sa Normandie comme dit la chanson – mais l’île Maurice – c’est tout de même autre chose – qu’il n’a pas revue depuis onze ans qu’il est au Mont des Cats. Il rentrera le 29 août.

Vendredi 31 mai : Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth et des sœurs de la Plaine à leurs frères du Mont des Cats. Avec au programme des réjouissances : messe solennelle présidée par le Père Abbé, repas festif comme il se doit dans ces cas-là, visite des lieux, partage fraternel, goûter et office des Vêpres pour clore cette bien belle journée.

Lectures au réfectoire :
Benoît Lobet : Être prêtre aujourd’hui. Fragments d’autobiographie spirituelle. La vie de ce prêtre du diocèse de Tournai en Belgique, ses amitiés dans le monde de la culture et au sein de l’aristocratie belge, ses racines paysannes, sa conception de la spiritualité, multipliant les références à la figure du Christ, ce récit invite à la méditation…

  Yves Combeau. L’Evangile en direct. « Le Jour du Seigneur » est la plus ancienne émission de télévision au monde. Rien que çà.  Voici son histoire et celle de ceux qui l’ont faite et la font encore.

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