Septembre

Samedi 1er: Retour de notre Frère Florent encore un peu patraque  de son séjour à l’hôpital. On ne peut lui souhaiter qu’un prompt rétablissement.
Mardi 4 : C’est  la rentrée des classes pour nos frères Gilles et Stanislas qui prennent la route pour une nouvelle session du Stim. Celle-ci se déroulera à l’abbaye des Neiges. Ils rentreront le 13. Durant ce temps, frère Henri sera pris en charge par l’hôpital d’Hazebrouck.
Mercredi 5 : Père Abbé s’en va conduire frère Gilbert à Scourmont pour quelques jours de retraite avant qu’il n’aille passer 3 mois à Orval comme il l’avait demandé depuis quelque temps.
Vendredi 7 : Père Abbé, frère Pierre et frère Patrick s’en vont chez « nos fille(s) Dieu » célébrer avec elles le 750ième anniversaire de leur fondation. Manière bien concrète, appréciable et appréciée de vivre la charité fraternelle les uns envers les autres. Retour le 10.
Ce même jour Frère Albéric-Marcel se rend à Lyon invité par le Cardinal Barbarin en personne pour fêter avec lui la naissance de la Vierge. Frère Albéric-Marcel se a été ordonné prêtre par le Cardinal, qui est un grand ami de Maromby. Il poursuivra jusqu’à Orange pour rencontrer M. Jérôme Busato, œnologue, qui prodigue ses précieux conseils à nos frères de Maromby et l’envoi de produits et matériels,  afin d’avoir un vin de qualité. Il rentrera le 11.
Samedi 8 : En communion avec nos sœurs de La Fille Dieu, nous lisons au réfectoire quelques pages sur les péripéties de leur rattachement à l’OCR en 1905. Le Mont des Cats ne deviendra leur maison mère qu’en 1920.
Dimanche 9 : Toujours en communion avec nos sœurs nous visionnons trois petites vidéos sur leur monastère. Nous complétons par un petit tour à Fontenay ; belles images agrémentées d’un commentaire très fervent du père Auberger, le spécialiste de ‘’l’unanimité cistercienne’’.
Vendredi 14 : Frère Bruno s’en va à Mariawald invité par D. Bernardus,  en tant qu’ancien abbé.  Samedi sera célébrée une Eucharistie de clôture, avant la fermeture définitive de l’abbaye. Il rentrera le 16.
Dimanche 16 : Nous visionnons le transfert de l’orgue de Radio France vers de Notre Dame de la Treille. Mr André Dubois, notre organiste actuel, en fut le principal organisateur. Un exploit : 40 tonnes, 7600 tuyaux, 20 km de câbles, 28 m de haut tel se présente l’orgue. C’est pour le moins impressionnant.
Lundi 17 : P Abbé s’envole pour Notre Dame de l’Harmonie pour y faire la visite régulière de cette petite annexe de Maromby. Il rentrera le 25 réconforté et rasséréné de ce qu’il aura vu et entendu des 6 frères qui composent la communauté.  Les frères mènent une vie monastique authentique malgré une grande charge de travail.  Ils ont également un bon rayonnement dans l’église des Seychelles, ce qui est encourageant. 
Samedi 22, Originaire des Etats Unis, Michaël Downey connaît le Mont des Cats depuis les années 1980, alors qu’il travaillait à l’Arche de Jean Vanier.  Théologien à le retraite depuis peu, il a été invité à participer à la création de la première faculté de théologie au Viet Nam.  Il nous brosse un portrait vivant de ce pays où fleurissent les vocations qui interrogent tout de même les évêques sur le sérieux de celles-ci.
Mardi 25 : Les moines du Mont des Cats reprennent le chemin des écoliers. Et pour cette session ‘cinéclub monastique’, P. Farin nous entraîne dans la Pologne communiste des années 60. Nous visionnons  ‘’IDA’’, Oscar du meilleur film étranger de 2015.  Avant de prononcer ses vœux perpétuels, la Sœur Anna est envoyée en famille où sa tante, Wanda la Rouge au passé chargé, lui découvre qu’elle est juive et orpheline. Les deux femmes partent alors en quête de ce qui a pu arriver aux parents d’Anna. Émouvante mise à l’épreuve de la vocation d’Anna dont la foi, éprouvée comme l’or au creuset, pourra rejoindre ses sœurs religieuses. Un film bouleversant pour sa thématique, mais aussi pour la beauté des images en noir et blanc.
Jeudi 27 : Père abbé participe au conseil presbytéral du diocèse comme le souhaite notre Evêque Mgr Ulrich.
Vendredi 28 : Nous vivons cette journée de manière « idiorythmique » c’est-à-dire  non pas à « un rythme idiot » mais « à chacun son rythme » à l’instar des moines du Mont Athos. On aura peut-être deviné qu’il s’agit de la journée trimestrielle de rupture de rythme. On en profite car la prochaine sera pour… 2019.

Et pour finir le mois en…. beauté, ce dimanche 30, nous regardons « La vie secrète des animaux du village ». Tant de petits animaux ont fait d’un village haut perché du beau pays de Gaule leur repère et leur lieu de vie.  Les commentaires sont assurés par l’actrice belge, Cécile…….. de France

A l’occasion du 100ième anniversaire de la fin de la Grande Guerre, nous lisons, au réfectoire, ‘’Un Prêtre aux armées’’  ou les mémoires d’un certain Mgr Poncet témoin de la Grande Guerre, surtout les années 17-18;  A un âge déjà avancé il a décidé d’en faire un récit détaillé.

Nous commençons ensuite ‘‘Le tour de France par deux enfants d’aujourd’hui’’,  qui nous entraîne sur  les routes de France et celles de l’enfance.  

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Vingt-sixième Dimanche de Temps Ordinaire

Prophètes pour aujourd’hui.

Jésus fait route pour Jérusalem, et Il a commencé à enseigner à ses disciples qu’il sera mis à mort dans la ville sainte.  Les disciples commencent à s’inquiéter, et chacun cherche à se situer dans la groupe, en se posant la question : Qui est le plus grand parmi nous ?  C’est l’évangile que nous avons entendu la semaine dernière.
Dans l’évangile selon Saint Marc, c’est ici la seule occurrence où un disciple autre que Pierre prend la parole…  Luc reprend cette péricope, après quoi Jacques et Jean, son frère, proposent à Jésus de faire tomber le feu du ciel sur le village des Samaritains qui ont refusé d’accueillir Jésus (Lc 9,54-55).  On comprend alors pourquoi Jésus leur donna le surnom de « Fils du tonnerre » (Mc 3,17).  Signe parmi d’autres que Jésus a choisi ses disciples dans la foule des gens rencontrés sur son chemin, sans leur demander de lettres de recommandations.
Jean donc, intervient auprès de Jésus pour dire qu’il est interdit de faire des miracles au nom de Jésus à ces gens qui ne sont pas de ceux qui nous suivent.  Non seulement ils ne suivent pas Jésus, mais ils ne sont pas avec les disciples.  Jean veut garder pour le petit troupeau des intimes le pouvoir de faire des miracles, tout comme Josué fils de Noun dans la lecture du Livre de l’Exode.
Dieu n’est pas aussi sourcilleux… Il n’est pas pointilleux.  Dieu donne sa grâce, Il partage ses dons avec générosité et ne demande qu’à ce qu’ils portent des fruits.  C’est la réponse de Moïse à Josué, c’est également la réponse de Jésus à Jean.
Dans la suite de l’évangile de ce jour, Jésus complète l’enseignement que nous avons entendu la semaine dernière.  Jésus a pris un enfant et l’a mis au milieu des disciples.  Il s’agit ici des causes de « scandale » qui risquent de faire tomber ces « petits ».  Dans la menace, Jésus parle de l’homme qui serait attaché à une meule et jeté au fond du lac.  Il est possible que Jésus se réfère ici à certains condamnés par le pouvoir romain qui subirent cette peine…  Mais la sentence dans la bouche de Jésus est particulièrement rude, surtout dans le contexte.
Les deux premières sentences Si ta main… si ton pied… représentent l’agir de l’homme.  La troisième Si ton œil… traduit les intentions profondes.
Les petits qui croient en moi… ce sont tous ces chrétiens, jeunes et vieux, dont la foi risque de vaciller par les scandales ou les actions déplacées.  Nous sommes tous concernés.  Nous sommes tous appelés à mettre nos actes en harmonie avec notre foi, avec notre pratique religieuse.
L’interpellation de l’apôtre Saint Jacques dans la seconde lecture de ce jour vaut également pour nous aujourd’hui.  Les « riches » que Jacques invective, pourraient être ceux que le pape François traite de cléricalisme.  Le pouvoir des clercs, quels qu’ils soient, est le même que le pouvoir des riches dont parle Saint Jacques.  Que faisons-nous pour aider les pauvres, « ces petits qui croient en moi » pour reprendre l’expression de Jésus ?  Nous sommes appelés à prendre la dernière place, avec Jésus.  Le prêtre n’est pas au-dessus de la mêlée, il est serviteur de la communauté à laquelle il est envoyé, comme le rappelle encore le pape François.  Le moine, quant à lui, est invité à une vie d’humilité et de disponibilité.  La tâche principale qui nous est demandée, est de prier.
Le Corps qui est l’Église souffre des scandales de certains de ses membres.  Ce Corps est aussi complexe, voire plus complexe, que le corps humain.  Dans le corps humain il y a les bras et les jambes, ceux qui agissent.  Il y a également le cœur et la respiration, ceux qui aiment et ceux qui prient.  Pour remédier au malaise qui secoue l’Église, le Pape nous demande de privilégier la prière et le jeûne.  C’est à tous les chrétiens que le Pape s’adresse.  Mais certains, dans le Corps qui est l’Église, sont plus spécialement dédiés à la prière et le jeûne : les moines et les moniales, les contemplatifs et les contemplatives.
Jésus et Moïse nous invitent tous à devenir prophètes pour notre temps.  Cela demande de chacun de nous une attention pour entendre la Parole que l’Esprit nous donne à dire, et la force de la dire.  Cela aussi demande humilité et écoute dans la prière.
La participation à l’eucharistie du dimanche, la prière quotidienne, sont des outils qui nous permettent de connaître ce que Dieu attend de nous.  C’est durant ces temps privilégiés avec Dieu, qu’Il nous parle, pour nous et pour nos proches.  Demandons à Jésus, au cours de cette Eucharistie, de nous éclairer sur notre agir.  Demandons-Lui aussi la force d’agir selon ce qu’Il nous inspire.  De cette manière, nous serons vraiment prophètes du Seigneur pour l’Église d’aujourd’hui.

Frère Bernard-Marie

 

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Vingt-troisième Dimanche

Jésus se rend en territoire païen.

La semaine dernière, nous avons repris la lecture de l’évangile selon Saint Marc, après avoir entendu tout le mois d’août le discours sur le Pain de Vie dans l’Évangile de Jean.  Après avoir décrit le pur et l’impur face aux remarques des scribes et des pharisiens, Jésus se rend dans le pays de Tyr et de Sidon.  C’est lorsqu’il séjourne incognito dans ce pays païen que la Syro-Phénicienne vient le supplier de guérir sa fille possédée par un esprit impur.  Jésus adresse cette parole dure à la femme : Il n’est pas bon de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens…   Jésus à ce moment estime en effet qu’Il est envoyé aux seules brebis perdues d’Israël.  Mais, devant la foi à déplacer les montagnes de cette femme païenne, Jésus exauce sa prière.
De là, Jésus reste en territoire païen et se rend dans les territoires au-delà du Jourdain, dans la Décapole.  C’est l’évangile de ce matin.  Ici Jésus fait une autre guérison, encore d’une personne malade.  Puis, au début du chapitre huit, Marc rapporte la seconde multiplication des pains, qui se fait en faveur des foules païennes.  Cette séquence non plus ne sera pas proposée dans la lecture dite continue de l’évangile selon Saint Marc.
Mais pourquoi donc Jésus quitte-t-il le pays d’Israël ?  Dans la tradition juive, quitter le pays signifie ne plus être sous la dépendance du Dieu d’Israël.  Jésus passait par une crise grave, comprenant que les foules ne reconnaissaient pas en lui le nouveau Moïse, mais l’homme qui guérit et donne à manger gratuitement.  Ils envisagent de nommer Jésus roi, roi terrestre, mais ne reconnaissent pas son pouvoir et sa parole prophétiques.
Une telle « fuite » hors du périmètre sacré d’Israël fut également le fait du prophète Élie.  Après avoir montré sa puissance face aux 400 prophètes de Baal sur le Mont Carmel, Élie s’enfuit de peur des représailles de la reine Jézabel (1R 19).  Dieu vint en aide à Élie et le rassura sur sa mission.  Il fit de même avec Jésus.  Dans les deux cas, Élie et Jésus, il s’agit d’un accès de découragement, en voyant que les actions entreprises ne donnent pas les effets attendus.  Jésus s’est présenté comme le nouveau Moïse attendu par le peuple, et celui-ci n’a vu en Jésus qu’un guérisseur et un faiseur de miracles.  Mais le peuple ne s’interrogea pas sur le fond.
Comme Dieu confirma Élie dans sa mission de prophète sur le Mont Sinaï, Il confirma certainement Jésus dans son ministère de l’annonce de la survenue du Règne de Dieu.  De retour des pays limitrophes, Jésus agit de manière nouvelle, d’une part en enseignant les foules par des paraboles plutôt que les miracles, d’autre part en enseignant directement aux disciples les mystères de ce Royaume.
Ce fut une étape dans la vie de Jésus… une étape dont nous n’avons que quelques bribes, mais suffisamment pour nous rendre compte que sa mission ne fut pas simple, et que le doute était de la partie.  Viendront ensuite les critiques de plus en plus vives, voire féroces, des chefs du peuple, ce qui conduira à la mise à mort de Jésus.
Jésus, comme Élie, a vécu ce que tant de gens vivent durant leur vie.  Après avoir fait tout ce qu’on pensait bien faire, après s’être fatigué et dépensé pour la bonne cause, devant l’ingratitude des uns, la critique des autres, l’incompréhension, ou encore notre propre vieillissement, chacun se demande un jour s’il n’a pas fait fausse route.
Comme Jésus, comme Élie, nous sommes alors invités à nous « poser », à nous arrêter pour réfléchir à ce qui a été et ce qui ne va plus.  Dieu alors viendra à notre secours et nous éclairera pour reprendre notre route.  Comme Il a fait pour Élie – qui nomma Élisée prophète pour lui succéder – et pour Jésus – qui modifia sa façon d’annoncer la venue du Règne.
Pour nous aussi, parfois, la situation est difficile.  Sans entrer dans les détails de la crise que traverse actuellement l’Église… avec les loups qui hurlent de tous côtés, tant dans la bergerie qu’en-dehors, on ne sait plus à quel saint se vouer.  Certains vont jusqu’à demander la démission du Pape.  Personne ne possède toute la vérité.  Souvenons-nous de l’expression qu’aurait dite Sainte Catherine de Sienne : Mieux vous être dans l’erreur avec le pape que dans la vérité contre le pape.  Et, pour reprendre l’appel du pape François, seuls la prière et le jeûne viendront à bout de la crise…
Dans cette Eucharistie, demandons à Jésus de nous éclairer sur notre route et de nous confirmer si nécessaire dans les choix faits ou à faire.  L’Eucharistie, repas de communion, est le prélude de la communion avec tous les saints dans le ciel.  Jésus, Seigneur, Christ et Sauveur, nous aidera dans les épreuves.

Frère Bernard-Marie

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Août

Mercredi 1, nous arrivait du Brésil Père Matias Fonseca de Medeiros, moine de la congrégation bénédictine brésilienne.  Plusieurs raisons le font venir régulièrement en Europe, dont la responsabilité de l’édition en Portugais du Bulletin de l’AIM (Aide Inter-Monastères).  Comme il y a trois ans, il est venu au Mont des Cats revoir Frère Bernard-Marie.  Au chapitre il nous parle de sa congrégation bénédictine et de tout ce qu’elle doit à Mgr Gérard van Caloen, moine de Maredsous et restaurateur de la Congrégation brésilienne entre 1895 et 1910.  Il insiste sur le fait que la réussite de l’œuvre demandée à Dom Gérard van Caloen a abouti à cause de sa forte personnalité.   Après avoir été président de la Congrégation, Dom Gérard fut nommé évêque de l’état de Paraiba dans le Nord du Brésil.  Il est l’arrière-grand-oncle de Frère Bernard-Marie, raison pour laquelle ce dernier a fait des recherches sur son parent, et qu’il s’est rendu au Brésil en 2015.  Père Matias lui avait alors facilité le voyage.
Dimanche 5 : Notre frère Florent entre à l’hôpital en vue d’une opération à la colonne vertébrale.
Mardi 7 : Isaac se sentira moins seul. En effet, Igor, déjà venu de Croatie « dans une vie antérieure » le rejoint pour trois semaines. Lui aussi reçoit le statut de « regardant ».
Vendredi 10 : Frère Jean Pierre s’en va du côté de Grenoble pour assister au mariage d’un de ses neveux. Il rentrera lundi 13.
Dimanche 12 : Les mélomanes de la maison – et les autres aussi – ont le plaisir d’entendre « le coucou », « le printemps » de Vivaldi et « la Moldau » (Smetana) dans le cadre de La Folle Journée consacré à Dame Nature.
Lundi 13 : Après Gabriel et Vlad, c’est au tour de Petre et Daniel – tous deux déjà venus – de partager notre vie pendant quelques semaines. Frère Albéric Marcel quant à lui, s’en va à Campénéac où, sa cousine moniale à Ampibanjinana, vient pour suivre la session de formation « Ananie ». Il rentrera le jeudi 16.
Mardi 14 : Pour préparer nos cœurs et nos âmes à la fête de l’Assomption, nous écoutons une conférence du Père Philippe Fabre « Marie et l’accueil de la grâce ».
Dimanche 19 : Au décès de leur mère, deux frères et une sœur apprennent qu’ils ne toucheront leur héritage que s’ils font ensemble, à pied, la marche du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais ils se détestent autant qu’ils détestent la marche. Ils se mettent pourtant en route, mus par l’appât du gain. Ils rejoignent leur guide au Puy et découvrent qu’ils marcheront avec un groupe de six autres personnes, dont un jeune beur qui fait croire à son cousin un peu naïf qu’il l’emmène à La Mecque, alors qu’il poursuit une jeune pèlerine, l’amour de sa vie… Voilà de quoi traite De la Mecque à Saint Jacques que nous regardons.
Jeudi 23 : F Patrick s’en va passer quelques jours en famille pour célébrer les 50 ans de mariage de cousins qui lui sont très proches.  Ces derniers sont investis dans la vie de l’Église en tant que membres de la Communauté Vie Chrétienne, de spiritualité Ignacienne.
Samedi 25 :   Visite courte mais très sympa du colonel et de Madame Richard  Evraire   du « Royal 22ème Régiment », seul régiment canadien-français, dont Sa Majesté Elisabeth II en est colonelle en chef.     Accompagnés du capitaine Martin, ils sont venus célébrer le centenaire de la bataille Cherisy (près de Arras) où leur troupe fut cruellement décimée.  C’est au cours de cette bataille que le général Vanier a été blessé à la jambe…  Ils nous laissent en souvenir un très bel album sur leur régiment et un magnifique rappel de toutes les batailles engagées sous forme d’un riche tissage sous-verre rappelant leur drapeau et dédicacé à notre père abbé.

Rien ne va plus dans la paroisse de Sainte-Marie aux-Fleurs, à Saint-Germain-La-Villeneuve : les membres de l’équipe florale se crêpent le chignon, une pétition de fidèles circule contre le curé, l’évêque est mécontent, la chapelle Sainte-Gudule est menacée de démolition, on a vandalisé le confessionnal et la vieille Marguerite entend parler les morts… Sans compter que Monsieur le curé a disparu ce matin. Nous ne risquons pas de nous nous ennuyer en écoutant Monsieur le curé fait sa crise roman de Jean Mercier, éd. Emmanuel 2016, d’autant plus que la critique lui est plus que favorable.  Ainsi par exemple : « Un formidable roman, plein d’intelligence, d’humour et de sagesse. » Claire Lesegretain – La Croix
« Un récit bouleversant qu’on lit sans s’arrêter, par un auteur qui semble bien comprendre les prêtres d’aujourd’hui. »   Abbé Amar – Padreblog
« Une invitation à nous convertir nous-mêmes, à convertir le regard que nous portons sur l’Église. Passionnant.»   Erwan Le Morhedec – Koztoujours

Dans un village cosaque de la Russie encore soviétique des années 1980, un jeune homme découvre l’Évangile et décide d’y consacrer sa vie.  Le père Alexandre Siniakov, de l’Église orthodoxe de Russie, raconte dans  cet ouvrage son chemin atypique qui l’a conduit des steppes du Caucase à la France des écrivains qu’il lisait en secret.
Dans Comme l’éclair part de l’Orient, l’auteur retrace son itinéraire spirituel et intellectuel qui prend librement racine entre les peines du déracinement et les joies de la migration,  entre les prophètes et les ânesses. Les pérégrinations d’un pèlerin russe contemporain et hors frontières.

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Solennité de la Dédicace de notre Eglise

(1R 8,22-23.27-30 ; 1P 2,4-9 ; Jn 10,22-30)

Nous célébrons aujourd’hui la fête de la dédicace de cette église.  Construite en 1898 et dédicacée en juin de cette année-là, c’est-à-dire il y a juste 120 ans.  Du fait des ravages de la première guerre mondiale, il fallut reconstruire l’église (sauf les murs) et elle fut à nouveau consacrée le 30 août 1950.
Avec Saint Bernard, rappelons-nous ce qui fait la gloire d’une église, ce qui fait la joie de ceux qui la fréquentent…
Qui pourrait redouter de déclarer saints ces murs que les mains sacrées des évêques ont sanctifiés par de si grands mystères ?  Depuis lors, en outre, on le sait bien, ils ont retenti continuellement de saintes lectures, ils ont fait écho aux murmures de saintes prières, ils ont été honorés par la présence de saintes reliques, et les saints esprits  y ont tenu une veille incessante.
Et plus loin, en justifiant cette affirmation solennelle, Bernard précise sa pensée :
Ces murs, il est vrai, peuvent eux-mêmes être qualifiés de saints…  II n’en demeure pas moins que leur sainteté n’a pas à être honorée pour elle-même, car il est bien certain qu’ils n’ont pas été sanctifiés pour eux-mêmes.  Au contraire, c’est en raison des corps que la maison est sainte, en raison des âmes que les corps sont saints, et en raison de l’Esprit qui les habite (Rm 8,11) que les âmes sont saintes.  (Saint Bernard, Sermon IV pour la Dédicace, 1 et 4)
C’est donc parce que cette demeure est un lieu de prière, un lieu de rencontre avec le Dieu Saint qu’elle est sainte.  La sainteté de la demeure n’est pas pour elle-même, mais pour nous qui nous réunissons ici chaque jour, plusieurs fois par jour, pour prier le Seigneur, l’adorer, le supplier… Le Seigneur est présent dans ce lieu saint et nous demandons avec insistance, tout au long de notre vie, qu’Il fasse sa demeure aussi dans notre cœur.  Afin que nous ne soyons qu’un cœur et qu’une âme, entre nous en communauté, avec ceux qui viennent prier avec nous, mais également avec tous les moines qui nous ont précédés, avec tous les saints, avec les anges et avec Jésus lui-même, qui nous invite ici à nous approcher de Dieu son Père.
Lorsque Saint Pierre nous parle de la construction de la demeure spirituelle, dont la pierre angulaire est, évidemment, le Christ en personne… On peut aussi rapprocher cela de la spiritualité bernardine en affirmant, sans crainte d’exagérer, que nous sommes tous, chacun pour sa part, au sein de la communauté de prière, la pierre angulaire, précieuse, qui fera tenir la Maison de Dieu.  Nul n’est de trop, tous sont indispensables à la bonne marche et à la prière commune.
Dans la péricope de son épître que nous avons entendue, Pierre rappelle un verset du Psaume 117 :  La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle…
Ce Psaume a probablement été composé à l’époque de Néhémie pour la Dédicace du Temple reconstruit après l’exil.  Il s’agit d’une liturgie processionnelle qui fait avancer le peuple depuis les parvis jusque devant le Temple.  Les portes en sont ouvertes solennellement et les prêtres avancent jusqu’à l’autel.  C’est à ce moment précis que l’on chante ce verset : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle…
On peut aisément imaginer que Jésus, sous la colonnade de Salomon sur le parvis du Temple, a participé à la liturgie de la Dédicace, comme nous le rappelle Saint Jean dans l’évangile de ce jour.  Savoir que Jésus a chanté ce Psaume au Temple pour les fêtes, lui donne une coloration particulière.  Ce n’est pas un Psaume de jadis, c’est un Psaume que Jésus a chanté !  Ce Psaume, nous le chantons tous les dimanches à Laudes, pour célébrer non plus la fête de la Dédicace du Temple, mais l’entrée triomphale de Jésus ressuscité dans le Temple du ciel.
En cette fin de journée de fête de la Dédicace de notre église, rendons grâce à Dieu d’avoir été choisis comme pierres vivantes de notre communauté monastique, de la communauté de prière qui se réunit ici.  Demandons à Dieu de ne pas nous laisser tomber.  La prière n’a pas vraiment cessé en ce lieu depuis bien avant la première dédicace de cette église.  Que le Seigneur nous donne la persévérance et les vocations pour perpétuer la louange de son Nom en ce lieu.
Que la participation à cette Eucharistie, prémices du festin éternel dans le Temple, nous donne la joie spirituelle : nous faisons déjà partie de la grande communauté des croyants qui chantent pour l’éternité les louanges de Dieu dans le Temple non fait de main d’homme.

Frère Bernard-Marie

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