Janvier

DIMANCHE 1er : Selon un rite à présent bien rôdé, outre l’échange de vœux fraternels de Bonne Année avant le repas de midi, nous avons pu regarder le soir un film tout-à-fait détendu, aussi ouvertement anti-raciste que plein de drôleries, le cinéaste faisant épouser par quatre sœurs quatre races différentes : Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?
MARDI 3 : Autre rite tout aussi honoré, celui de la fermeture de l’hôtellerie jusqu’à la fin du mois.
VENDREDI 6 : Nous partageons avec tous nos employé(e)s un repas de Bonne Année d’où chacun se retirera avec un sac d’étrennes généreusement rempli.
DIMANCHE 8 : Père Abbé rejoint à Paris les 27 supérieur(e)s OCSO pour y plancher avec eux sur la question d’unifier ou non les 4 Régions de l’Hexagone. Il en reviendra mercredi matin avec 2 passagers : F. Pierre-André (étudiant) et Père Joseph, trésorier des spiritains qui l’hébergent chaque début de semaine.  Ce dernier a vivement souhaité faire chez nous sa retraite annuelle.
MERCREDI 11 : F. Christophe nous fait l’heureuse surprise de rentrer d’hôpital après trois semaines d’interventions diverses ; sa forme fait plaisir à voir et lui permet même de partager un peu de liturgie et tous les repas. Nous serons nombreux vendredi matin à nous rendre à l’infirmerie pour trinquer à la santé de ses 80 ans.
Ce même vendredi Père Abbé nous donne connaissance des nouveaux Conseils de liturgie et de formation : le premier, qui est aussi le plus consistant, comprend les FF. Jacques, Jean-Pierre, Louis-Marie, Patrick et Vincent ; le second se suffit de 3 membres : FF. Jacques, Daniel et Gilles.
Père Marc-André y ajoutera une ultime nomination celle d’un Père-Maître des novices, en la personne de F. Bernard-Marie, désigné haut la main dans le sondage.
MARDI 17 : Nous entamons en réunion du soir un essai de réponse à la seconde de trois questions pour le rapport de maisons au chapitre général, à renvoyer avant le 1er mai.
VENDREDI 20 : Père Marc-André se retire jusque mardi soir à Saint-Sixte pour mieux se préparer à la bénédiction abbatiale qu’il recevra jeudi des mains de notre évêque.
LUNDI 23 : L’Entreprise Varlet s’est attelée à la rude tâche d’abattre puis de débiter 7 à 8 châtaigniers de l’allée de la Grotte avant qu’ils ne tombent d’eux-mêmes de vieillesse. Dans le même temps la jeunesse de la communauté dépense son ardeur à nettoyer cloîtres et couloirs, fenêtres et carrelages, en vue d’offrir une maison digne de son nouvel abbé et de ses invité(e)s de jeudi.
MERCREDI 25 : Moyennant des retards considérables des trains venant du sud, abbés et abbesses commencent à arriver pour la bénédiction abbatiale et le soleil jusqu’alors boudeur sera lui aussi dès demain de la partie.
JEUDI 26 : L’eucharistie ayant lieu à l’heure de none, invité(e)s et communauté prennent ensemble au réfectoire le repas de midi. L’eucharistie présidée par notre évêque assisté de son auxiliaire et de l’évêque d’Arras comptera jusqu’à 60 prêtres tous regroupés dans le presbytère, et durera bientôt deux heures, closes par de longs applaudissements, avant que toute l’assistance ne se retrouve dans les couloirs de l’hôtellerie autour du verre de l’amitié.
LUNDI 30 : Sébastien et F. Michel préparent l’installation des citernes à incendie réclamées par les pompiers depuis des années. Il y en aura trois : une à hauteur du parking de l’hôtellerie, une autre dans la cour des ateliers et la troisième à l’entrée de l’allée de la Grotte.  Un accès Pompiers côté Sud des bâtiments nécessite l’ouverture d’un portail dans le mur de clôture, contre le magasin.

L’année nouvelle nous a vu entamer au réfectoire une biographie du Père Serge de Beaurecueil écrite par son confrère dominicain Jean-Jacques Pérennès : Passion Kaboul (Cerf 2014).

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Bénédiction abbatiale de Dom Marc-André

La bénédiction abbatiale du nouveau Père Abbé a eu lieu le jeudi 26 janvier 2016, en la fête des Saints Fondateurs de Cîteaux.
Monseigneur Laurent Ulrich, archevêque de Lille était accompagné de Monseigneur Gérard Colliche, évêque auxiliaire et de Monseigneur Jean-Paul Jaeger, évêque d’Arras.
Une vingtaine d’abbés et abbesses bénédictins et cisterciens s’étaient déplacés pour participer à la cérémonie, ainsi que des moines et des moniales, des prêtres et nombre d’amis de l’abbaye.

Les photos se trouvent dans le diaporama suivant : http://www.abbaye-montdescats.fr/?page_id=6599

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Deuxième Dimanche du Temps Ordinaire

Jésus l’Envoyé de Dieu

Dimanche dernier nous célébrions la fête de l’Épiphanie et, lundi, la fête du Baptême de Jésus par Saint Jean Baptiste dans le Jourdain.  En ce second dimanche de l’année liturgique, l’Église nous rappelle encore le baptême de Jésus, mais surtout le message de Jean le Précurseur concernant Jésus.
D’après Saint Luc Jean et Jésus se connaissaient, puisqu’ils avaient des liens de parenté.  Mais ils ne connaissaient pas la mission à laquelle Dieu les appelait l’un et l’autre.  C’est le Baptiste qui, le premier, s’en va vivre au désert pour préparer la route au Seigneur.  Il se nourrit de sauterelles et de miel sauvage, nous rapporte Saint Matthieu (3,4).  La renommée de Jean se répand rapidement et les foules accourent auprès de lui pour se faire baptiser dans le Jourdain en se reconnaissant pécheur.
Jésus se décide alors à rejoindre Jean en vue de se lancer dans la mission pour laquelle Il s’est fait homme.  Jean est surpris de voir arriver son cousin Jésus… Il sait confusément qui Jésus est, mais il n’a pas encore reçu la réponse que l’Esprit lui a promise, comme il le précise lui-même :
Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
“Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”
Jésus lui-même a été poussé par l’Esprit pour se rendre auprès de Jean et quitter son métier et la maison familiale.  Il ne sait pas non plus quelle est sa véritable vocation, quelle est la volonté de son Père le concernant.  Il cherche sa vocation.
L’évangéliste Saint Jean, qui fut témoin oculaire de la rencontre entre Jésus et le Baptiste, est aussi celui qui est le plus discret sur la théophanie.  Dans la péricope que nous venons d’entendre, l’évangéliste fait dire au Baptiste :
J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui.
Le ciel ne s’entrouvre pas, il n’y a pas la voix du Père qui retentit… Chacun des évangélistes essaie de décrire l’événement avec des images empruntées à la tradition biblique.  Mais l’événement dont ils sont témoin dépasse, et de loin, ce que l’on peut en écrire.  À une autre occasion, Jésus nous donne la façon de voir et de comprendre les événements correctement.  Lorsque les chefs du peuple demandent à Jésus
« Par quelle autorité fais-tu cela ? »
Jésus leur pose cette autre question : « Le baptême de Jean d’où venait-il ? »
Ils répondent à Jésus : « Nous ne savons pas ! »
Alors Jésus leur dit : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »  (cf Mc 11,28-33)
Jésus n’a pas besoin de justifier ou de se justifier.  Les foules qui avaient reconnu en Jean un prophète, reconnaissaient en Jésus l’envoyé de Dieu.  Puisque les chefs du peuple ne reconnaissent pas Jean, Jésus estime que ce serait perdre son temps que d’essayer de les convaincre de sa propre origine.
Dans l’évangile de ce matin, Jean affirme :
Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu.
Jean, le plus grand et le dernier des prophètes, a vu, avec les yeux de la foi, l’Esprit descendre sur Jésus et reposer sur lui.  Jean a témoigné de sa vision, et il a accepté que quelques-uns de ses disciples le quittent pour suivre Jésus.  Parmi eux, le disciple que Jésus aimait, l’évangéliste Saint Jean, qui fut le témoin oculaire de cet événement.
Aujourd’hui nous entrons dans le cycle des Dimanches du Temps Ordinaire.  Chaque année nous revivons les événements de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus à travers l’un des évangélistes.  C’est pour nous, chaque année, l’occasion de raviver notre foi en Jésus le Fils de Dieu, qui s’est fait fils de Marie pour nous délivrer du péché et nous ramener dans l’intimité de Dieu son Père.
Nous avons besoin de raviver notre foi qui risquerait de s’affadir.  Tous les actes de la religion, la participation aux sacrements, la prière, la lecture spirituelle, sont les aliments qui nourrissent notre foi.  Cela ne nous permettra pas de voir l’Esprit Saint descendre sur telle ou telle personne, à l’image de Jean Baptiste.  Mais nous aurons la sensibilité aiguisée pour reconnaître la Présence Réelle dans le Tabernacle, ou la présence de Dieu dans le cœur de cette personne que nous aimons rencontrer…
Nous pouvons nous appliquer, à nous tous ici rassemblés, les paroles de Saint Paul entendues en deuxième lecture :
Avec tous ceux qui, en tout lieu,
invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ,
À tous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Amen.

Frère Bernard-Marie

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Décembre

DIMANCHE 4 : F.Bertin a définitivement tourné la page de sa chute du haut d’une échelle et remisé ses cannes. Dès demain nous le retrouverons sur son tracteur ou reprenant son service à la porterie. F.Christophe éprouve davantage de misère à quitter, sinon son sourire, du moins sa chaise roulante.
MARDI 6 : Père Marc-André, Frères Michel et Vincent s’absentent jusque jeudi soir pour aller visiter à Cîteaux notre F.Oswaldo, qui nous manque bien. Ce même jour dans la soirée nous revient de sa retraite au Val d’Igny F.Louis-Marie.

Marc-AndreVENDREDI 9 : En fin de matinée nous arrive Dom Ginepro pour présider l’élection abbatiale arrêtée par lui lors de son dernier passage fin octobre. Elle se déroulera dès le lendemain, samedi 10, dans les meilleures conditions, après la messe du Saint Esprit, en présence de Dom Manu de St Sixte et Dom Bernardus de Tilbourg, venus comme témoins, du Père Podvin, vicaire épiscopal pour le monde religieux, et de Sœur Marie-Paule, bernardine d’Esquermes faisant office de secrétaire.  Les 20 électeurs ont choisi « pour un temps indéterminé », Père Marc-André, jusque-là notre prieur claustral. Tous nos invités nous ont quittés  le soir même, à l’exception de Dom Ginepro, qui a passé avec nous la journée du dimanche pour s’en retourner à Tamié le lundi matin.

JEUDI 15 : Le P. Farin est des nôtres pour une session cinématographique toujours fort sollicitée. Il nous projettera, pour ensuite le commenter, un film de Hitchcock : Le faux coupable, sorti vers 1950.  Le lendemain soir, le Père nous visionnera un autre suspense, celui-ci créé par lui sous la forme d’un conte de Noël  mais qui se révèle un peu plus difficile à suivre que le précédent.
VENDREDI 16 : L’entrée en retraite de Brigitte, employée de notre magasin, a été l’occasion d’un « pot » des plus chaleureux avec tous les autres employés de la maison et la communauté ; son inlassable sourire envers la clientèle a reçu en cadeau de remerciement de la communauté un Moulinex des plus indispensables à une maîtresse de maison et un séjour à Rome de 3 jours avec son mari de la part de tous les salariés. .
DIMANCHE 18 : Nous venons de recevoir notre calendrier liturgique Mont des Cats 2017, dont le maître d’œuvre est toujours notre frère Daniel, assisté du  chantre F.Louis-Marie, et qui se révèle année après année plus illustré et plus complet.
LUNDI 19 : En milieu d’après-midi Mr Bruno Lauvray a tenu en présence d’Olivier  de Lauriston une réunion communautaire d’information concernant la fromagerie. Durant cette année 2016 les responsables fromagers ont décidé d’investir pour maintenir notre outil industriel en bon état. Il a été en outre décidé d’embaucher 2 techniciens qui prendront leur service ce 2 janvier : Bernard Morez, 53 ans, comme maître fromager ; et Sébastien Salomez, 43 ans, comme responsable de l’entretien  matériel.
JEUDI 22 : F.Christophe est conduit à l’hôpital St Philibert pour y subir demain l’ablation d’une tumeur.
DIMANCHE 25 : La célébration de Noël s’est montrée comme le couronnement de toute l’année. Les vigiles de 22h.30 entièrement chantées et suivies de la messe de minuit n’ont pas été trop bousculées par la foule, et les responsables des décorations n’ont pas ménagé leur peine au réfectoire. Vous devriez voir quel sapin y trône, paré de tous les ors d’Ophir, sans compter les riants bibelots courant tout au long des tables. C’est là que nous avons échangé nos vœux après la messe du jour, sans oublier la mémoire de nos absents, à savoir F.Christophe, qui atteindra ses 80 ans d’âge le 13 janvier, et F.Oswaldo toujours en attente de guérison  à Cîteaux.
MARDI 27 : Comme chaque année à pareille époque l’évêque d’Anvers Mgr Bonny nous fait la joie d’un court séjour à l’hôtellerie. Le lendemain soir il nous brosse en une petite demi-heure un tableau saisissant de l’année écoulée, tant pour l’Église belge que pour son gouvernement et pour le Vatican.
VENDREDI 30 : L’actuel Conseil pastoral arrivant à terme en même temps que l’année, P.Abbé, après sondages et élections, nous fait connaître la composition du nouveau qui prendra effet le jour de l’An : outre lui-même et son prieur F. Jacques, il compte 4 membres, F.Jean-Pierre, F.Bernard-Marie, F.Michel et F.Gilles. Dans la foulée Père Marc-André nomme aussi un nouveau Sous-Prieur pour remplacer F. Pierre, 88 ans, en la personne de F. Jean-Pierre.
SAMEDI 31 : Il est réservé à F.Daniel de boucler l’année en soirée en projetant avec la joyeuse fantaisie qu’on lui connaît des photos de la communauté prises par lui tout au long de l’année.

Père Abbé et les Frères vous présentent leurs meilleurs vœux pour une année que viendra éclairer de sa joie la bénédiction abbatiale du jeudi 26 janvier. Ils confient aussi à vos prières frère Christophe hospitalisé depuis une semaine.

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Election abbatiale

P1030285Samedi 10 décembre 2016, les frères réunis en chapitre ont élu frère Marc-André Di Péa nouvel Abbé de l’Abbaye Sainte-Marie du Mont des Cats, pour un mandat à durée indéterminée, sous la présidence du Très Révérend Père, Abbé de Tamié, Dom Ginepro, et en présence de trois témoins : Mgr Bernard Podvin, délégué épiscopal à la vie consacrée, Dom Manu, Abbé de Saint-Sixte, Dom Bernardus, Abbé de Tilburg. L’acte officiel a été rédigé par Soeur Marie-Paule, cistercienne bernardine d’Esquermes (Monastère Notre-Dame de la Cessoie).
Frère Marc-André Di Péa avait été nommé supérieur de l’Abbaye en février 2016, suite à la démission de Dom Jacques.

Dom Marc-André Di Péa
« Je suis moine du Mont des Cats depuis le 28 septembre 1972. J’ai été envoyé plusieurs fois en mission à Madagascar, et finalement élu prieur titulaire de la communauté de Maromby. Au terme du mandat, j’ai rejoint, il y a deux ans, le monastère du Mont des Cats.
Nous poursuivons avec joie, avec père Jacques qui reste prieur de l’Abbaye, ce service communautaire, « Comme celui qui sert ». »

La bénédiction abbatiale sera donnée au cours d’une messe par Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille, à l’abbaye Sainte-Marie du Mont des Cats, le jeudi 26 janvier 2017 à 14h30, fête des Saints fondateurs de Cîteaux (Robert de Molesmes, Albéric et Etienne Harding). Cette célébration est ouverte aux fidèles.

Conformément à la tradition de solitude et de recueillement, cette information ne donne pas lieu à des communications ultérieures.
Les journalistes qui le souhaitent peuvent assister à cette bénédiction (merci de vous signaler au contact ci-dessous), un temps d’échange avec le père Abbé et Mgr Ulrich sera organisé à l’issue de cette bénédiction.
Marie Schockaert – 06 88 26 77 00 – relationspresse@lille.catholique.fr

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Novembre

MERCREDI  2 : Au terme de son week-end prolongé en communauté Dom Ginepro regagne ses montagnes, non sans avoir promis un prochain retour le 10 décembre en vue d’une élection abbatiale.
À l’heure de None, le soleil qui accompagna notre procession au cimetière était tel, et le cimetière lui-même à ce point fleuri qu’il nous semblait baigner nous-mêmes dans la lumière de nos défunts.
Dans l’heure qui suivit, Bertin ne résista pas au plaisir de sa première sortie en chaise roulante, 28 jours après sa terrible chute… Depuis, il a de plus repris place au réfectoire.
SAMEDI 5 : L’appel du pape à l’accueil des migrants, auquel nous ne savions comment répondre, vient de trouver, offert par notre ancien curé, un débouché inattendu : leur offrir de venir profiter des douches à l’hôtellerie les lundis et jeudis,  à l’heure de la  messe du soir.
LUNDI 7 : F. Jessé rejoint la communauté de Tibériade (Belgique) pour une seconde session.
Ce même jour Mère Anne-Marie de Campénéac, fondatrice d’Ampibanjinana (1993) atteinte par la limite d’âge depuis février, vient rencontrer les deux prieurs successifs de Maromby, Daniel qui a bien contribué à l’implantation de son petit monastère et  Marc-André qui prit la suite ; elle espère mener à bien l’histoire de la fondation.
MARDI 8 : F. Christophe est à son tour hospitalisé pour quelques jours.
Le soir, Mère Anne-Marie nous parle de l’abondance du cœur de ses deux communautés d’Ampibanjinana puis de Campénéac, retrouvée après 23 ans d’absence durant lesquels il n’y eut  que 2 entrées…
JEUDI 10 : F. Jacques a retrouvé ses anciennes responsabilités au STIM-bac et part les honorer chez nos Sœurs de Laval jusqu’à la fin de la semaine prochaine.
SAMEDI 12 : F. Pierre fête aujourd’hui ses soixante ans de profession religieuse prononcée le 11 novembre 1956. Étant musicien et même compositeur, il nous a fait écouter durant le repas de midi, sur fond de Mozart, l’enregistrement d’un hymne d’action de grâce de sa façon, écrit par lui pour ses 88 ans de vie et conclu par un Magnificat en grégorien. La journée s’est achevée par un repas, plus que festif lui aussi, dans le coin « rencontre » aménagé au fond du réfectoire. Elle sera encore prolongée ultérieurement par un film de deux heures visionné en deux soirées : « Chocolat. »
MARDI 15 : Père Marc-André se rend en début d’après-midi à Lille partager le Conseil presbytéral diocésain.
Vendredi il se rendra au Conseil diocésain de  Pastorale, lancé par notre évêque et qui rassemble deux fois par an plus d’une  centaine de  participants, prêtres, diacres,  laïcs engagés dans les paroisses et mouvements, aussi bien que consacrés  de 18 heures à 22 heures ! Père Marc-André en a beaucoup admiré l’organisation ainsi que la méthode de travail extrêmement efficace. Le thème en était : l’implication des chrétiens dans la vie sociale et politique ».
Ce même mardi, nous revient également d’Angers frère  Laurent, au terme de son mois de français à Mission-Langues, et demain nous rentrera F. Jacques de Laval.
LUNDI 21 : Sébastien pose des rideaux aux fenêtres du réfectoire. Preuve s’il en était besoin que le Nord sait aussi souffrir des ardeurs du soleil !
MARDI 22 : F. Christophe nous est rentré d’hôpital, 2 semaines jour pour jour après son hospitalisation. Dès le lendemain avant les laudes  il se transportait à l’église dans son fauteuil roulant, ce qui était allé un peu vite en besogne…tandis que frère Bertin a troqué le fauteuil contre 2 cannes.
JEUDI 24 : À l’instar des hôpitaux et des grandes surfaces, l’entrée de l’infirmerie est à présent équipée d’une porte d’ouverture automatique qui n’est pas sans simplifier le passage des malades ainsi que ceux de l’infirmier avec ses plateaux.
VENDREDI 25 : Le chapitre du soir a été assuré par le Père Eeckhout, dominicain de l’École biblique de Jérusalem dont les 36 ans de présence à cette École ont fait de lui une autorité aussi passionnée à s’exprimer que passionnante à écouter.
DIMANCHE 27 : Notre frère Bertin a repris sa stalle au chœur.
Au chapitre du soir frère Laurent nous a donné quelques échos de son séjour, très studieux, à Mission-Langues qui ne peut accueillir que 28 « élèves » étrangers à la fois, répartis en  4 groupes de 7 selon leur avancement personnel. La grosse majorité cette année est vietnamienne et leur famille religieuse leur laisse une année préalable pour apprendre notre langue avant de suivre les cours du séminaire à Paris  ou autres avant de partir en mission ..
MERCREDI 29 : Notre supérieur nous donne une excellente causerie sur la relation qui se noue lentement entre la fraternité du Parvis et notre communauté.

Déjà nous vous présentons tous nos vœux de paix et de joie à l’occasion des fêtes de Noël et de Bonne Année et vous  assurons de notre prière.

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Trente-troisième Dimanche du Temps Ordinaire

Il n’en restera pas pierre sur pierre.

Le Temple de Jérusalem, construit par le roi Salomon et embelli au cours des siècles suivants, aurait bien pu faire partie des sept merveilles du monde antique.  Après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, ce Temple fut détruit et tout l’or qui le recouvrait et tous les ustensiles en or furent emportés comme prise de guerre et déposés dans le trésor de Babylone.  C’était en 600 avant Jésus-Christ.
Ce temple fut reconstruit sous le roi Darius par l’intermédiaire d’Esdras et de Néhémie, comme nous le lisons dans les Livres de la Bible à eux attribués.  C’est ce second Temple que le roi Hérode le Grand, qui mourut peu après la naissance de Jésus, avait décidé d’embellir pour lui rendre sa splendeur d’antan.
C’est ce Temple aussi dont il est question dans la réplique des Juifs à Jésus dans l’Évangile de Jean : Il a fallu 46 ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours, tu le relèveras ! (Jean 2,20).  Du temps de Jésus donc, le Temple de Jérusalem avait retrouvé sa grandeur et, même s’il n’égalait pas la splendeur du premier, il était la gloire de tout le peuple Juif.
C’est dans cette ambiance que les disciples s’émerveillent devant la construction et que Jésus répond : il n’en restera pas pierre sur pierre.  Voilà de quoi surprendre, tant les disciples, que tous ceux qui suivent Jésus et écoutent sa Parole.  L’évangéliste ne veut pas seulement appliquer cette parole mystérieuse de Jésus à l’actualité catastrophique que fut la destruction du Temple par les armées romaines sous l’autorité de Titus.  L’évangile fut écrit historiquement après cet événement, mais Jésus voulait dire autre chose lorsqu’il prononça cette phrase.
Le temple fut détruit.  La liturgie du temple et les sacrifices s’arrêtèrent.  Pour le judaïsme ce fut une catastrophe, un deuil national qui est célébré chaque année jusqu’à ce jour.  Mais la religion doit-elle se plier aux temples et à leurs liturgies ?
Rappelons-nous la réponse que Jésus fit à la Samaritaine dans l’Évangile selon Saint Jean : l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père (Jean 4,21).
L’important pour Jésus, n’est pas de célébrer les rites ancestraux, à Samarie ou à Jérusalem, mais l’important c’est d’adorer le Père en esprit et en vérité.  Adorer le Père, voilà la vraie religion.  La beauté des temples, la grandeur des églises, l’ampleur des rites, tout cela est accessoire et voué à disparaître.
Les bâtiments, aussi beaux soient-ils, ne sont là que pour nous aider à entrer en relation avec Dieu.  Ils ne sont qu’un instrument parmi d’autres.  Ils ne sont pas la garantie que Dieu est présent, ils ne sont pas la garantie que nous sommes présents à Dieu en y entrant.
Rappelons encore l’humilité du roi Salomon lui-même lors de la dédicace du premier Temple, lorsqu’il s’adressait à Dieu dans sa prière : Est-ce que, vraiment, Dieu habiterait sur la terre ? Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir : encore moins cette Maison que j’ai bâtie ! (1R 8,27)
Nous avons célébré la semaine dernière la fête de la Dédicace de la Basilique du Latran.  Toute la liturgie et les lectures insistaient sur l’importance non pas des pierres matérielles, mais des pierres vivantes que sont les croyants rassemblés en Église.  Jésus disait du Temple : Il ne restera pas pierre sur pierre.  Mais de l’Église Corps du Christ, nous savons que la tête, le Christ, est déjà dans les cieux et que le corps que nous formons continue à marcher sur cette terre.
Ne nous lamentons donc pas si la matérialité des bâtiments religieux ne survit pas à travers les siècles.  L’important est que l’église spirituelle, l’Église corps du Christ, grandisse jusqu’à sa pleine mesure et que tous ses membres entrent dans la Jérusalem Nouvelle, la Jérusalem céleste où nous verrons Dieu notre Père face à face.
Demandons au Seigneur dans cette Eucharistie de devenir toujours davantage pierre vivante de l’édifice spirituel de l’Église et d’avoir un jour part au festin éternel dans son Royaume.

Frère Bernard-Marie

 

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Octobre

SAMEDI  1er : Nos deux étudiants roumains ont repris le chemin de l’Université. Nous y avons perdu la voix superbe de Rarèsh, qui par deux fois  nous dépanna  à l’église, pour y assurer le chant de communion.
LUNDI 3 : Jour à marquer d’un caillou blanc : celui du retour de F. Jacques, après six mois d’absence et de repos qui durent lui paraître plus courts qu’à nous. Du coup F. Michel s’en va faire une retraite, plus courte celle-ci, chez nos Sœurs de Blauvac, dans le Vaucluse, jusque mardi prochain.
MARDI 4 : F. Bertin a fait cet après-midi une chute en tombant du haut d’une échelle ; plusieurs frères l’ont trouvé marchant péniblement à quatre pattes pour gagner l’infirmerie, d’où frère Gilles se hâta de le faire transporter au CHU pour examens : fracture du bassin, deux mois d’immobilisation complète ! Cela n’altéra en rien son moral, tout comme lorsqu’il s’était affreusement blessé à la jambe, voici  onze ans.
DIMANCHE 9 : Père Jacques conduit à l’avion Père Marc-André pour sa première Visite Régulière à Maromby. En plus de son bagage habituel notre supérieur emmène un second colis moins lourd, quoique plus encombrant : une cithare  ! Au fil des jours Père Marc-André nous enverra de la jeune communauté malgache qu’il dirigea 4 et 6 ans durant, de bonnes nouvelles, à l’exception du gros rhume qu’il avait emporté là-bas.
DIMANCHE 16 : Le troisième dimanche d’octobre est au Mont des Cats le dimanche de la Saint Hubert, marqué par la bénédiction des chevaux et la présence de joueurs de cors de chasse en grande livrée. C’est dire le grand concours de peuple qu’il amène chaque fois. Notre magasin en tira parti pour afficher une ouverture non-stop de 11 h. à 17 h. Ce même dimanche était également celui du pèlerinage des étudiants que les dominicains de Lille logent chez eux durant l’année universitaire et que Père Jacques est allé rencontrer au pied de notre grande statue de Ste Marie du Mont après les vêpres. Pour clore ce beau jour, il nous montrera, comme le dimanche précédent, des photos prises par lui durant son séjour en Angola. Les conditions de digne misère  d’une population vivant dans ce qui reste des grandes constructions de l’occupation portugaise illustrent parfaitement la fable du chien et du loup apprise à l’école.
LUNDI 17 : En milieu de matinée F. Jessé, moyennant bien des mésaventures, rejoint en Belgique la communauté de Tibériade pour la première de 4 sessions d’une semaine, tandis qu’en milieu d’après-midi F. Bertin nous  rentrait d’hôpital après deux semaines d’absence et déjà la possibilité pour lui de commencer à se déplacer en chaise roulante.
VENDREDI 21 : Cette fin de semaine est bien animée : hier déjà nous est revenu Philippe Duc. Ce matin F. Bruno s’éclipse trois jours à Westmalle ; demain F. Gilles gagnera le Barroux pour une session d’infirmiers, et F. Laurent se rendra pour un mois de français à Angers, afin d’y recouvrer les bienfaits de son  séjour de l’an passé. Mais, cerise sur le gâteau, dimanche nous rentrera de Maromby notre supérieur.
DIMANCHE  23 : En sus du grand bienfait de ce retour, Père Marc-André nous annonce l’ordination sacerdotale du prieur de Maromby, Père Timon, en juillet prochain. Mais dès mardi Père Marc-André aura de nouveau à s’absenter 3 jours à Paris ; Père Jacques l’y rejoindra vendredi pour une réunion du STIM et tous deux en reviendront avec Dom Ginepro, que nous n’avions plus revu depuis sa nomination de Père Marc-André comme supérieur ad nutum.
MERCREDI 26 : F. Henri est hospitalisé  quelques jours à Saint Philibert.
SAMEDI 29 : La Fraternité des Parvis de Lille, qui a fait du presbytère du Mt des Cats sa « résidence secondaire », est venue en nombre y passer ce week-end, ce qui, entre autres, nous valut une eucharistie dominicale comme nous n’en avons jamais connue jusqu’à présent : textes, musique, joie et allégresse, bref tout sauf l’homélie de notre supérieur, ce qui dit vraiment tout.

Après avoir entendu en lecture de réfectoire : Martyr. Vie et mort de Jacques Hamel, courte biographie d’un prêtre aîné du diocèse de Rouen cruellement  mis à mort à la fin de sa messe le 26 juillet dernier et rédigée par Jan de Volder (Cerf), nous entamons une Histoire des Papes de Pierre à François, de John W. O’Malley (Lessius 2O16)

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Septembre

SAMEDI 3 : Fr. Tomislav de Marija Zviezda (Bosnie), venu comme chaque été pour une courte visite fraternelle, nous partage un peu de la vie quotidienne des 3 membres de sa communauté, auxquels s’ajoute à présent un novice envoyé en formation à Novy-Dvur (Tchéquie). Encadrés par la Caritas bosniaque, ils vivent de l’exploitation d’une petite fromagerie et d’un grand troupeau de bovins.
DIMANCHE 4 : Pour nous unir à l’Église universelle en ce jour de canonisation de Mère Teresa, nous avons regardé en soirée un court documentaire fait sur elle et ses Sœurs de Calcutta, dans l’un des États les plus surpeuplés (plus de 1.000 habitants au km²) et les plus pauvres du monde.
LUNDI 5 : Le lourd portail d’entrée du monastère fatiguait énormément aux heures de passage intensif des véhicules. Pour le soulager, une barrière légère entre en service aujourd’hui, permettant ainsi de le laisser grand ouvert plusieurs heures de suite.
Durant l’été finissant on a également déployé une grande ardeur à l’entretien de toute la maison : pour laver les vitres, repeindre des mètres carrés de murs et de boiseries ; revernir les portes du cloître et des couloirs de l’hôtellerie ; mener à bien le grand ménage du garage à bière, la réfection des toitures de la cour de la ferme, et alibi aliorum multorum.  Initiative du président du travail F. Bernard-Marie, de F. Michel, F. Florent, F. Jessé et F. Pierre-André, les réalisateurs et tant d’autres dévouements difficiles à dénombrer.
MARDI 6 : F. Tomislav poursuit son pèlerinage d’été en emmenant à Tamié F. Bernard-Marie pour une réunion des fromagers dont celui-ci nous parlera  samedi à son retour.
MERCREDI 7 : Nous avons dans nos murs pour leur retraite de rentrée les 24 séminaristes de Metz avec leur supérieur. L’entretien que celui-ci nous accorda ce soir fut on ne peut plus enrichissant : de ses 24 aspirants au sacerdoce, 7 seulement proviennent de diocèses lorrains ; les 17 autres ratissent depuis l’Inde jusqu’à l’Afrique noire en passant par Madagascar sous l’Équateur.
Dans un tout autre domaine, une entreprise est venue cette semaine   enlever les pylônes qui soutenaient en clôture les câbles électriques aériens ; ils n’ont plus leur raison d’être puisque toutes les lignes sont désormais souterraines.
JEUDI 8 : Notre magasin anticipe la suppression prochaine des sacs-plastic en mettant en vente des sacs-carton plastifiés en couleur : côté face une reproduction alléchante de nos fromages et bières, et côté verso une vue reposante du monastère prise depuis la route de Berthen.
DIMANCHE 11 : F. Pierre-André de Maromby a repris le chemin de l’école pour une année de formation à l’Institut d’Etudes Religieuses de la Catho de Paris. L’horaire est très différent de celui de l’année précédente : deux jours intensifs de cours par semaine à Paris, et le reste du temps à la maison avec des travaux à mener à bien.
LUNDI 12 : À peine rentré de sa sortie à Tamié pour y traiter des fromageries monastiques, F. Bernard-Marie s’absente sur la journée, cette fois à Bruxelles pour les brasseries.
VENDREDI 16 : La Société téléphonique SFR est venue remplacer sur la journée tous les téléphones fixes de la maison, à commencer par le standard de la porterie, très miniaturisé et difficile à manier pour certains au commencement.
LUNDI 26 : La communauté de Saint-Sixte a voulu marquer les vingt ans d’abbatiat de son abbé par une sortie sur la journée, qui se termina au Mont des Cats par les vêpres suivis de la concélébration, avec lecture bilingue de l’épître et de l’évangile ; le tout clos par le partage d’un généreux repas du soir lui aussi bilingue et si joyeux.

Conclure cette trop brève chronique par des nouvelles de quelques-uns de nos anciens vous occasionnera sans doute autant de plaisir qu’à nous. Le premier, F. Louis, atteindra ses 92 ans à la fin de l’année ; premier partout : à l’office divin dès les vigiles, au réfectoire où il n’est astreint à aucun régime, n’ayant d’autre aide que celle d’une canne (quand il ne l’a pas oubliée), ni d’autre occupation que la prière. F. Henri (83 ans) et F. Christophe (79 ans) ne pourraient en dire autant, ayant besoin tous deux, le premier d’un déambulateur et le second d’un fauteuil roulant qu’il pousse devant lui le plus souvent plutôt qu’il ne s’y assoit. F. Paul (âge de F. Henri) est également handicapé d’une épaule plusieurs fois opérée, mais ne connaît d’autre thérapie que de pouvoir continuer à tenir le grand orgue. Pour terminer par un grand coup de soleil  – comme le temps actuellement – nous laissons à F. Pierre, notre sous-prieur et grand responsable de la porterie à 88 ans, la joie de vous annoncer qu’il fêtera ce 12 novembre ses soixante ans de profession religieuse.

Nous lisons au réfectoire le livre fort intéressant qu’Yves Chiron vient de consacrer à la figure d’Annibale Bugnini, lazariste italien qui se trouve être l’un des artisans les plus engagés en même temps que les plus controversés de la réforme liturgique (Annibale Bugnini, DDB 2016).

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Vingt-cinquième Dimanche du Temps Ordinaire

Le gérant malhonnête

Lorsqu’on entend les paraboles que Jésus nous propose, on imagine souvent qu’Il les crée de toutes pièces pour les besoins de son enseignement.  On peut toutefois inverser la question et se demander si Jésus ne part pas d’un événement local et matériel, un fait divers concret, pour donner un enseignement spirituel et général.
La vie des agriculteurs de Galilée était particulièrement rude à l’époque de Jésus.  Hérode le Grand quelques décennies plus tôt avait montré l’exemple à ses successeurs, quant à la manière de taxer les travailleurs pour payer ses dépenses somptueuses et la construction de ses palais et forteresses.  Hérode Antipas, ayant décidé de construire la capitale de la Galilée à Tibériade, exigea des collecteurs d’impôts de serrer la vis et d’exiger toujours plus de taxes.  La crise était telle que les petits agriculteurs des bords du lac avaient dû hypothéquer leurs terres et n’étaient plus que des journaliers travaillant sur leur propre sol.  Le propriétaire, lui, vivait dans l’une ou l’autre grande ville romaine, après avoir nommé un gérant pour la gestion courante.
Le gérant, sachant son maître loin et incapable de contrôler sa gestion, en profite pour s’enrichir lui-même sur les revenus du domaine.  Mais lorsque le propriétaire l’apprend, nous ignorons comment, il met le gérant en demeure de régler ses comptes rapidement.  Ne pouvant plus dissimuler les détournements antérieurs, le gérant entreprend une nouvelle trahison, encore une fois en sa faveur, et demande aux créanciers de modifier les déclarations de dettes.  Les quantités sont colossales, puisque deux oliviers donnent à peine de quoi produire un baril d’huile…
Tel est le fait divers, peut-être le « scandale » dont tout le monde parlait et que Jésus utilise comme point de départ d’un enseignement.  Jésus ne juge pas les faits.  Il ne dit pas ce que devint ce gérant malhonnête… Jésus ne moralise pas sur le comportement du gérant, mais il donne son avis :
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté.
Le maître en question, c’est Jésus lui-même qui donne maintenant l’interprétation :
En effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière.
Lorsque son maître lui a demandé les comptes de sa gestion, le gérant a agi rapidement pour sauver sa peau, pour pouvoir vivre.  Mais les fils de la lumière, que font-ils ?  Lorsque Dieu nous demandera les comptes de notre vie, lorsque Dieu jugera nos actes avant de nous donner la vie éternelle, que nous restera-t-il ?  Sommes-nous aussi habiles que le gérant pour gagner la vie éternelle ?  Telle est l’interpellation que Jésus a illustrée avec ce gérant malhonnête.
Comment les disciples du Royaume de Dieu doivent-ils le comprendre ?  C’est ce que Jésus précise dans la sentence qui suit :
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres…
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent.
L’appel est précis… Le gérant n’avait en vue que sa survie sur cette terre, et mit tout en œuvre dans ce but.  Les croyants sont invités à avoir foi en la vie éternelle, et à tout mettre en œuvre dans ce but.  Sommes-nous prêts à répondre à tout moment aux appels du Seigneur à nous convertir et à obéir à sa Loi d’amour ?  Il est vrai que si nous sommes divisés, si nous donnons trop de place à l’argent et à notre devenir terrestre, nous n’avons plus ni l’énergie ni la volonté de nous investir en vue de Dieu.
Rappelons-nous encore la réponse que Jésus met dans la bouche de Dieu, dans la parabole du propriétaire qui agrandit sa grange pour stocker sa récolte et profiter de la vie :
Insensé, cette nuit même, ton âme te sera redemandée ;
et ce que tu as amassé, qui l’aura ?
Il en est ainsi de celui qui amasse des biens pour lui-même,
et qui n’est point riche en Dieu.  (Luc 12,20-21)
Jésus utilise l’exemple concret du gérant pour nous inviter à nous mettre en marche vers son Royaume et à prendre tous les moyens pour réussir.  C’est ce qu’Il exprime aussi dans ce verset de l’Évangile selon Saint Matthieu :
le royaume des Cieux subit la violence,
et des violents cherchent à s’en emparer (Mt 11,12b).
Suivre Jésus, faire partie du Royaume, n’est pas une sinécure.  Jésus nous demande de mettre toute notre force, toute notre volonté à entrer nous-même et à inviter les autres à participer à la sainteté.  Il n’y a pas de demi-mesures, nous devons nous investir totalement, pour le Bien.  Ne cherchons pas, comme le gérant, à sauver notre peau, cherchons à sauver notre âme…
Que la participation à cette eucharistie nous donne le courage de mettre toutes nos énergies au service de Dieu et de son Règne, pour sa plus grande gloire et pour le salut du monde.

Frère Bernard-Marie

 

 

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