Solennité de Saint Benoît, père des moines

La vie spirituelle selon Saint Benoît.

Lorsque Saint Benoît quitte la ville de Rome, ce n’est pas d’abord pour fuir le monde des affaires, des plaisirs, de l’ambition. Déjà il est interpellé par Dieu et veut le chercher avant tout. Comme le relate Saint Grégoire le Grand dans la vie de Benoît qu’il écrivit :
Méprisant donc l’étude des lettres, il se mit en quête d’un genre de vie sainte. 
Aussi se retira-t-il, savamment ignorant et sagement inculte. (Vie, Introduction)

Après s’être mis au service du curé d’Effide, écrit encore Saint Grégoire :
plus désireux de souffrir les maux du monde que ses louanges, de se fatiguer dans les travaux de Dieu plus que d’être promu aux faveurs de cette vie, (il) quitta sa nourrice en secret et gagna une retraite située dans un lieu désert appelé Subiaco (Vie, I,3).

Peu de temps après Benoît, vivant toujours dans la plus grande solitude, seulement nourri par les bons soins du moine Romain, reçut la visite d’un prêtre avec un repas de fête. Celui-ci dit à Benoît en arrivant :
 » Lève-toi et prenons de la nourriture car c’est Pâques aujourd’hui « . 
À quoi l’homme de Dieu répondit : 
 » Je sais que c’est Pâques puisque j’ai mérité de te voir « . (Vie, I,7)

C’est fête, dit Benoît, parce que Dieu lui a envoyé quelqu’un dans sa solitude. Tout entier dans sa prière solitaire, chaque événement qui sort de l’ordinaire est action de grâce, toujours parce que c’est le Christ ressuscité par sa Providence qui visite ceux qui L’aiment.

La solitude de Benoît n’a pas duré et il s’est retrouvé à la tête de plusieurs petites communautés de moines à Subiaco. De là, il est parti avec les plus jeunes, pour fonder un monastère au Mont Cassin, situé plus au Sud dans la botte Italienne. C’est en ce lieu béni qu’il a mis la dernière main à la petite règle pour débutants (RB 72), qu’on appelle aujourd’hui la Règle de Saint Benoît. C’est en ce même lieu qu’il a terminé sa vie.

Dans sa règle, Saint Benoît ne propose qu’une seule échelle, celle de l’humilité. Il ne parle nulle part d’un éventuel parcours spirituel pour ses moines. La prière est décrite de manière systématique voire pointilleuse pour ce qui regarde les offices liturgiques. Quant à la prière personnelle, que nous appelons l’oraison ou la prière silencieuse, Benoît n’en parle qu’accessoirement. Et encore, il met en garde contre des temps trop longs en communauté, au risque de fatiguer certains. Mais en-dehors des Heures canoniques, il permet aux moines de prolonger leur prière personnelle dans l’oratoire.

Des fruits spirituels possibles, probables, voire souhaités, de cette organisation minutieuse de la vie cénobitique, rien n’est dit… Benoît décrit avec minutie le cadre qu’il propose. La pratique de la vie monastique implique que nous respections ce cadre. Les fruits que nous pouvons en espérer, en attendre, ne sont pas décrits. Pourtant, Saint Benoît les a connus lui-même, comme nous le rapporte Saint Grégoire :
dans sa contemplation, une chose tout à fait admirable s’ensuivit car le monde entier, comme rassemblé sous un seul rayon de soleil, fut offert à ses yeux.

Et le pape de commenter :
Pour l’âme qui voit le Créateur, toute créature paraît bien exiguë. En effet bien que cette âme n’ait contemplé qu’un faible rayonnement de la lumière du Créateur, tout le créé se réduit pour elle à de petites proportions, car par la lumière elle-même de cette vision intime, le sein de son esprit s’élargit et son cœur grandit tellement en Dieu qu’il se tient élevé au-dessus du monde. (Vie, XXXV,3.6)

La prière, la vie contemplative, ne sont pas l’apanage des moines. Il n’est pas rare aujourd’hui de rencontrer des personnes vivant dans le monde qui s’inspirent de la Règle de Saint Benoît pour leur vie de prière. Mais, plus que pour ces derniers, la Règle est écrite pour aider les moines à atteindre un degré d’union à Dieu. Notre cadre de vie, avec ses temps de prière, de lectio divina, de travail et de vie fraternelle, est propice à une expérience spirituelle. Sainte Thérèse d’Avila, après avoir décrit par le menu les nombreuses demeures du Château Intérieur, insiste auprès de ses sœurs pour qu’elles ne cherchent pas à situer géographiquement, si l’on peut dire, où elles en sont dans leur itinéraire spirituel.

La vie spirituelle est une expérience tellement individuelle qu’il est difficile de la chosifier. C’est pourquoi Saint Benoît n’en parle pas. Mais reconnaissons que notre cadre de vie est propice pour avancer toujours plus et vivre à notre tour cette expression qui lui est chère : Ne rien préférer à l’amour du Christ. (RB 4)

Et Benoît conclut sa Règle avec cette invitation solennelle :
Qui que tu sois donc qui te hâtes vers la patrie céleste, 
accomplis, avec l’aide du Christ, cette petite règle pour débutants, 
alors, sous la garde de Dieu, tu parviendras à ces plus hauts sommets 
de doctrine et de vertu. (RB 72)

Cela rappelle ce qu’il écrivait dans le Prologue :
À mesure qu’on progresse dans une sainte vie et dans la foi, le cœur se dilate, 
et c’est avec une indicible douceur d’amour que l’on court 
dans la voie des commandements de Dieu. (RB Prol)

En ce jour de fête, demandons à Dieu dans cette Eucharistie la grâce de suivre l’exemple et les enseignements de Saint Benoît pour pour avoir part, nous aussi, à la vie éternelle dans son Royaume.

Frère Bernard-Marie

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Juin

VENDREDI 2 : F. Oswaldo nous arrive de Cîteaux pour une semaine. Le soir même Père Abbé l’invite à nous parler au chapitre, ce qui est loin de l’embarrasser, et nous moins encore.
SAMEDI 3 : Aux premières vêpres de la Pentecôte chaque frère trouve à sa place dans les stalles un psautier tout neuf  recouvert cuir noir et marqué à son nom, œuvre de notre frère Vincent, relieur.
LUNDI 5 : La Fraternité diocésaine des Parvis de Lille a tenu cette année encore à renouveler dans notre église abbatiale  les engagements annuels de ses membres au cours d’une grand’messe particulièrement festive rehaussée encore par la présidence du nouvel évêque auxiliaire de Lille, Antoine Hérouard. Le temps magnifiquement ensoleillé leur permit ensuite de pique-niquer autour d’une « baraque à frites » installée pour l’occasion dans le jardin de l’hôtellerie avec bon nombre d’entre nous invités à  s’y joindre. Père Prieur n’était pas du nombre, ayant dû monter à Paris pour « examiner » ses étudiants du Stim-Bac arrivés en fin d’année.
MERCREDI 7 : Un journaliste et un photographe de l’hebdomadaire Famille chrétienne sont passés discrètement 24 heures à l’hôtellerie pour y rencontrer quelques responsables et prendre des clichés.
DIMANCHE 11 : Après avoir rempli son devoir de citoyen en allant déposer au village son bulletin de vote pour les élections législatives, frère Pierre ira le soir même satisfaire à un autre devoir en se rendant à l’hôpital pour un examen de 48 heures.
VENDREDI 16 : Le docteur a envoyé frère Henri en  observation à l’hôpital d’Hazebrouck. F. Henri  nous reviendra le mardi 27, remis en meilleure forme.
DIMANCHE 18 : Un petit détachement de la Fraternité des Parvis est revenu partager l’animation de la messe dominicale, avant d’être rejoint par la communauté dans le jardin de l’hôtellerie pour le repas de midi. Selon le mot heureux de Père Abbé, nos deux fraternités sont en train de s’apprivoiser ; voici déjà quelques années qu’ils sont locataires du presbytère inoccupé de la paroisse St Bernard et que les liens se tissent entre nous ; ce mardi 20 nous serons invités à échanger en communauté sur la suite à  donner à cet apprivoisement, nous et l’Esprit Saint.
LUNDI 19 : F. Michel s’est attaqué à un travail impressionnant qui vient s’ajouter à celui du revernissage des portes de l’église : rien moins que repeindre les chéneaux du toit de l’église. De son côté notre hôte longue-durée Roberto n’est pas en reste pour les longs chantiers dans les jardins et les clôtures. Ce dont nous pouvons tous nous montrer reconnaissants.
VENDREDI 23 : Un technicien attendu depuis longtemps est venu paramétrer le nouveau surpresseur d’eau installé par Sébastien pour toute la maison ; sa mise en route a donné un fameux coup de fouet à la circulation.

Nous lisons au réfectoire l’autobiographie bien intéressante de Georges  Vielledent  : Médecin de campagne, une vie (Calmann-Levy 2014).

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Homélie pour la Saint Jean-Baptiste

La vocation de Jean, et la nôtre.

Jean avait tout pour vivre une vie bien rangée.  Son père Zacharie était prêtre du Seigneur et officiait au Temple où il assurait le service avec son groupe.  Élisabeth, sa mère était elle aussi de descendance sacerdotale.  La famille était installée dans la montagne de Judée, non loin de Jérusalem et du Temple, pour pouvoir s’y rendre rapidement, tant pour les fêtes de pèlerinage que pour les célébrations du shabbat.  Zacharie, lorsqu’il était de service, pouvait rentrer chez lui le soir sans enfreindre les règles de la distance à parcourir.
Jean donc, aurait pu suivre son père et devenir prêtre dans le Temple.  Mais sa vocation propre, il l’a reçue de Dieu Lui-même.  Jean a souvent dû s’interroger sur le miracle de sa naissance, que ses parents lui ont raconté.  Il a dû se demander si les paroles que le prophète Isaïe avait dites ne s’accordaient pas à sa personne :
J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ;
j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.
Jean s’est retiré à l’écart, dans le désert, pour savoir ce que Dieu attendait de lui.  Même si le courant sacerdotal commençait à avoir des opposants, tels les Esséniens et autres communautés de séparés ou de « parfaits », l’appel de Dieu que Jean entendait ne fut pas aisé à préciser.  Qui pouvait lui servir de rabbi pour l’initier à sa vocation propre ?  Il se savait appelé à préparer le chemin pour la venue du Sauveur.  Mais comment faire, que faire, où aller ?
Zacharie son père a également expliqué à Jean l’annonce qu’il avait reçue dans le Temple et qui donne une idée de la vocation de l’enfant à naître.  L’ange lui avait en effet promis :
Il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, … et préparer au Seigneur un peuple bien disposé (Lc 1,17).
Il y a nombre d’autres vocations prophétiques qui sont explicitées dans les Livres de l’Ancien Testament.  Élie et Élisée, Isaïe, Ezéchiel, Jérémie et combien de moins connus, qui d’une manière ou d’une autre ont reçu de Dieu une parole pour leurs contemporains.
Jean devait également se souvenir de la réponse que Jérémie donna au prophète Hananie :
Les prophètes qui ont été avant moi et avant toi, dès les temps anciens, ont prophétisé … le malheur et la peste. (Jr 28,8)
Lorsque le Seigneur appelle Ezéchiel, le livre qu’il est invité à manger est doux comme le miel dans la bouche, mais ensuite il devient amertume dans ses entrailles (Ez 2,8).   Il en fut de même pour le Baptiste.  Jean se joignit au mouvement des prédicateurs appelant à la conversion pour préparer la venue du Messie dont l’attente se faisait pressante.  C’est pour cette vocation spécifique que Dieu l’avait appelé.  Il doit préparer le chemin pour le Seigneur, comme Jean le dira lui-même et comme nous le rappellent les Évangiles.
Très vite Jean invita ses auditeurs à confesser leurs péchés et à recevoir un baptême de conversion dans les eaux du Jourdain.  Une fois qu’il avait trouvé sa voie, la voie à laquelle Dieu l’avait appelé dès le sein de sa mère Elisabeth, Jean confessa :
Celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et s’arrêter, c’est celui qui baptise du Saint-Esprit.
J’ai vu, et j’ai rendu témoignage… (Jn 1,33)
Mais, une fois qu’il a baptisé Jésus, et que les événements ne se passent pas comme il les prévoyait… depuis la prison où l’a enfermé Hérode Antipas, Jean envoie ses disciples pour demander à Jésus :
Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? (Lc 7,19)
Aujourd’hui encore, Dieu appelle…  Pas toujours de manière aussi solennelle dans le Temple, pas toujours pour un ministère de premier plan.  Rarement pour appeler des peuples à se convertir.  Toujours est-il qu’à chacun de nous, Dieu propose un chemin.  Il nous invite à Le suivre, à Lui faire confiance, et à avancer.  Sommes-nous attentifs à entendre ses appels ?  Sommes-nous disposés à répondre à ses invitations ?
Tant de fois, nous ne connaissons pas le terme de la route que nous avons prise.  Peu importe, Dieu nous accompagne, Il nous guide.  Et, un jour, tout s’éclaire…
En cette fête de Saint Jean Baptiste, demandons à Dieu de nous éclairer, de nous donner la force de poursuivre sur la route qu’Il nous invite à prendre.  Qu’Il rassure ceux qui doutent, qu’Il confirme ceux qui hésitent, qu’Il encourage ceux qui avancent.  Qu’Il comble de sa paix et de sa grâce ceux qui Lui font confiance.  Reprenons à notre compte la prière d’ouverture de cette célébration :
Accorde à ton Église le don de la joie spirituelle, et quide l’esprit de tous les croyants dans la voie du salut et de la paix.  Amen.

Frère Bernard-Marie

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Fête de la Sainte Trinité

Le Seigneur vint se placer auprès de Moïse…

Tout au long de l’Ancien Testament, Dieu vient à la rencontre des hommes.  D’abord Adam et Ève et leurs descendants ; Noé ; les Patriarches ; puis  le Peuple Élu.  Dès le récit du Paradis au début du Livre de la Genèse, Dieu se promène dans le Jardin au souffle du jour, pour converser avec nos premiers parents (Gn 3,8).  Des expressions similaires ont été utilisées pour exprimer la relation privilégiée du Seigneur avec d’autres héros de la Bible.
Lorsque le Seigneur vient à la rencontre d’Abraham sous le chêne de Mambré, Il se présente à lui sous l’apparence de trois anges (Gn 18,1-2).  Le Seigneur se tenait debout, près d’eux lorsqu’ils mangèrent avec Abraham, dit l’interprétation midrashique de la rencontre.  Les trois anges ont donné la première représentation de la Trinité dont nous célébrons aujourd’hui la fête.  L’icône de la Trinité qui se trouve près de la Croix rappelle cette analogie.  Mais restons encore quelques instants dans l’Ancien Testament.
Lorsque Dieu décide d’appeler Moïse pour délivrer le Peuple de la servitude d’Égypte, Il lui apparaît dans le buisson ardent dans le désert du Sinaï, près du Mont Horeb.  C’est là que Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jethro (Ex 3,1-2).  Et le texte poursuit :
Le Seigneur vit qu’il faisait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson. « Moïse, Moïse », dit-il, et il répondit : « Me voici ». (Ex 3,4)
C’est la même relation que relate la première lecture de ce matin, où nous voyons le Seigneur descendre et se tenir auprès de Moïse avant de proclamer son nom :
Yahvé, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux,
lent à la colère, plein d’amour et de fidélité.
Saint Bernard, dans un texte célèbre où il commente l’Annonciation de l’Ange Gabriel à Marie, ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme que l’ange Gabriel, Adam et Ève, les patriarches et les saints, et Dieu Lui-même attendent avec impatience sa réponse à l’annonce qui lui fut faite.  Dieu se trouve donc à côté de Marie lorsque l’ange la questionne (Saint Bernard, Missus Est 4,8).
Dieu Créateur ne pouvant pas venir en personne rejoindre les hommes de manière plus sensible, envoya son propre Fils qui prit chair de la Vierge Marie.  Le Fils était invité à représenter en notre chair le visage du Dieu d’Israël.  Le Fils avait en quelque sorte le double de l’esprit du Père, de manière plus forte qu’Élisée vis-à-vis de son maître Élie (2R 2,9).
C’est ainsi que, tout au long de sa vie sur terre, Jésus a affirmé qu’Il était en complète communion avec son Père, comme nous l’a rappelé l’évangile de ce matin.  Jésus n’est pas venu pour juger le monde, mais pour convertir le monde et révéler combien le Père aime le Fils et veut aimer tous les hommes :
Dieu a tellement aimé le monde… qu’il a envoyé son Fils…
pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Mais l’enseignement de Jésus ne s’arrête pas là.  La veille de sa passion et de sa mort, Jésus annonce aux disciples un autre Messager :
le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. (Jn 14,26)
Et un peu plus loin, toujours dans le discours après la Cène, Jésus dit :
Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que
c’est de mon bien qu’il (l’Esprit) reçoit et qu’il vous expliquera. (Jn 16,15)
Le Père envoya son Fils, le Fils envoya l’Esprit qui procède du Père et du Fils.  Les trois Personnes de la Trinité, chacune à sa manière, nous accompagnent sur notre route terrestre.
Dieu, Dieu le Père, nous aime d’un amour inouï, sans limites, infini.  Difficile d’imaginer à mesure humaine cet amour divin.
Dieu, Jésus-Christ s’est fait homme pour nous apprendre combien le Père nous aime.  Il est venu également pour nous montrer comment répondre, avec nos moyens humains, à l’amour divin.  Jésus a fait route sur nos chemins pour nous inviter à faire route à notre tour avec Lui.
Dieu, Esprit Saint, nous est donné pour nous rappeler toutes les paroles que Jésus a dites. Mais également, et surtout, pour nous inspirer nos actes et nos propres paroles.
Dans tous les cas, Dieu est à nos côtés.  Que ce soit le Père par son amour, le Fils par son exemple, l’Esprit qui nous inspire le faire et le dire… nous ne sommes jamais seuls.  Dieu est là, Dieu veille sur nous.
Demandons à Dieu, en cette Eucharistie, de nous aider à toujours davantage prendre conscience qu’Il est à nos côtés, qu’Il nous aime et qu’Il veut nous acheminer vers un bonheur et un amour toujours plus profonds.

Frère Bernard-Marie

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Mai

MARDI 2 : Après deux mois d’interruption Mgr Bernard Podvin est revenu nous partager au long de deux conférences son admiration pour St François de Sales.  Un contemporain du Saint lui écrivit un jour : « J’ai lu six fois cette année votre Introduction à la vie dévote puis une fois votre Traité de l’amour divin ».
LUNDI 8 : Père Abbé s’absente deux semaines ; cette semaine à Hauterive (Suisse) pour la Conférence Régionale ; et la suivante à Frattocchie (Rome) avec Dom Ginepro pour accompagner la première Visite Régulière. En passant de Suisse en Italie il s’arrêtera dimanche à Oelenberg pour la bénédiction abbatiale de leur supérieur Dom Dominique. Autre absence plus brève, celle de notre chantre F. Louis-Marie, parti visiter sa maman, empêchée désormais de se déplacer.  Avant son départ il a adjoint à l’équipe des chantres un nouveau membre en la personne de Père Jacques, qui avait été lui-même jadis notre chantre.  F. Louis-Marie nous reviendra vendredi.
MERCREDI 10 : Nous sommes décidément dans un grand temps d’envols : celui d’aujourd’hui est le plus conséquent puisqu’il voit F. Laurent s’absenter trois mois à Maromby pour y parfaire sa formation de couturier tout en visitant sa famille et sa communauté d’origine. C’est F. Florent qui le remplacera  une fois encore au vestiaire et à la buanderie.
MARDI 16 : Quelque vingt militaires du régiment des fusiliers du Saint-Laurent, au Québec, sont venus avec leur Cornemuse – nous dirions en France notre Clairon – se recueillir devant le Mémorial des soldats canadiens tombés durant la grande Guerre et apposé en 1930 sur le mur d’entrée du monastère. Le moment le plus émouvant fut peut-être le long garde-à-vous silencieux qu’ils ont fait devant la plaque de marbre. Ils ont ensuite assisté à l’office de Sexte et pris leur repas de midi à l’hôtellerie avant de poursuivre leur pèlerinage à Ypres, Arras, Vimy et autres hauts-lieux  marquant le premier centenaire des grands combats livrés en 1917.
LUNDI 22 : Père Abbé nous est bien rentré d’Italie dans l’après- midi. Ses deux semaines d’absence ont été comme abrégées par l’abondance de ses petits mails écrits parfois le matin et que Père Prieur nous lisait le soir même au chapitre. Ce même jour nous arrive pour la semaine F. Franz de Saint-Sixte.
MERCREDI 24 : Le Père Luc Forestier, directeur à Paris de l’Institut des Études Religieuses et à ce titre professeur de F. Pierre-André, entame ce matin un enseignement de six conférences sur les ministères ecclésiastiques.
Autre nouvelle plus triste : F. Jessé est hospitalisé pour observation à Bailleul.
VENDREDI 26 : Les frères travaillant plus ou moins habituellement à la fabrication de notre bon fromage se sont réunis en fin de matinée dans l’ancienne boulangerie pour souhaiter bon accueil au nouveau maître fromager entré en charge le 17 de ce mois : Franck Ambrosini.
DIMANCHE 28 : Quelques années d’un effort d’entretien paisible mais opiniâtre sous la haute main du frère cellérier changent presque du tout au tout l’aspect du monastère. Le dernier changement en date est le nettoyage de la cour de la ferme tant souhaité par frère Aimable : l’amas incohérent de tuiles et autres objets inclassables qui l’encombraient est  aujourd’hui le symbole même de la netteza, agrémentée même d’une toute petite et charmante pelouse verte ; et bien sûr des fleurs de F. Louis-Marie.

Puissent ces jours les plus longs de l’année se montrer aussi à vous les plus beaux. Notre vieux frère Joseph, que l’âge avait rendu aveugle, ne disait-il pas : Chaque soir je suis triste de devoir arrêter ma prière.

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Sixième Dimanche de Pâques

La Trinité

Les trois textes que la liturgie nous a proposés aujourd’hui nous préparent de manière très concrète, par-delà la fête de l’Ascension de jeudi prochain, à la fête de la Pentecôte qui termine le Temps Pascal dans deux semaines.
Les Actes des Apôtres nous présentaient, en première lecture, la conversion de la ville de Samarie suite à la proclamation de Philippe.
Philippe proclamait le Christ, nous dit Saint Luc.
Les foules accueillaient la parole de Dieu, et
reçurent le Saint Esprit par l’imposition des mains des apôtres Pierre et Jean.
Par ordre chronologique de rédaction des textes de ce jour, on peut placer la seconde lecture tirée de la première épitre de Saint Pierre.  Il y est affirmé :
Christ a souffert pour les péchés,
lui, le juste, pour les injustes,
afin de vous introduire devant Dieu ;
il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit.
Enfin, l’évangile selon Saint Jean, dont les critiques situent la rédaction finale vers l’an 90 de notre ère, met dans la bouche de Jésus ces paroles fortes :
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur l’Esprit de vérité.
Il est fort probable que Jésus lui-même a prononcé ces paroles, puisque nous les trouvons également dans les autres évangiles, avec des expressions similaires.  Rappelons-nous la prière que Jésus a enseignée à ses disciples, qui commence par :
Notre Père, qui es aux cieux…
Rappelons-nous également la place de l’Esprit dans toute la Bible, dès la création du monde où l’Esprit du Seigneur planait sur les eaux.  C’est ce même Esprit qui parlait par la bouche des prophètes, c’est ce même Esprit qui descendit sur Jésus lorsque Jean Baptiste le baptisa dans le Jourdain…
C’est après la résurrection de Jésus que les disciples ont vraiment commencé à comprendre tout ce qu’Il leur avait dit : sa relation à Dieu son Père, la venue de l’Esprit.  Ce ne fut pas aisé de définir la relation en Dieu de ces « trois ».  Cela prit à l’Église plusieurs siècles avant de finaliser la définition de la Sainte Trinité.  Il fallut d’abord comprendre que ces « trois » sont trois « personnes », mais également qu’ils sont Dieu.  Comprendre ensuite que Jésus-Christ est à la fois homme et Dieu.  Enfin, découvrir le lien qui unit entre eux les trois Personnes de la Trinité, Père Fils et Esprit Saint.  Ce ne fut pas chose aisée et les théologiens se querellèrent longtemps avant qu’on arrive finalement à la version du Credo que nous chanterons dans quelques instants.
Que Dieu soit un seul Dieu en trois Personnes, est dogme de foi.  Ce qui n’empêche que c’est également un grand, un très grand mystère.  Ce mystère, nous n’arriverons jamais à en faire le tour, ni en cette vie, ni dans l’éternité lorsque nous verrons éternellement Dieu face à Face.
Cela ne doit pas nous chagriner, mais au contraire nous réjouir.  La découverte de la relation entre les trois Personnes de la Trinité, relation infinie d’Amour, doit au contraire nous aider à vivre au jour le jour nos propres relations.  C’est l’amour de Dieu qui prend corps dans notre amour quel qu’il soit.  Le mystère de nos relations humaines est déjà tellement grand que nous ne devons pas nous étonner de la grandeur du mystère de l’amour des Personnes Divines entre elles et de l’amour de Dieu pour chacun de nous.
Jésus, juste avant sa Passion, nous a laissé en mémorial le sacrement du repas eucharistique.  Il a aidé les disciples à comprendre qui était Jésus et à découvrir qu’Il était à la fois Dieu et homme.  En cette eucharistie pascale, demandons au Seigneur Jésus de nous faire entrer toujours davantage dans le mystère de sa vie, de sa passion, et de sa divinité.  La joie pascale irradiera ainsi toute notre vie.

Frère Bernard-Marie

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Avril

SAMEDI 1er : Comme le fit F. Vincent le mois dernier,  F. Jean-Pierre entame à son tour sa 1ère semaine de schola.
DIMANCHE 2 : F. Pierre est hospitalisé à Bailleul pour une grande faiblesse accompagnée de vertiges ; il y restera deux semaines, revenant juste à temps pour passer Pâques avec nous. Nos frères Bruno, Vincent et Laurent vont  passer ce dimanche, qui est celui de la vie religieuse, chez les Bernardines d’Esquermes, où ils se retrouvent être les trois seuls religieux noyés dans un océan de religieuses. Le soir, nous achevons la projection d’un film sur le travail des moines et moniales, précédé d’un très court métrage envoyé par le jeune journaliste de France-Info TV suite à sa plongée en communauté, début  mars.
LUNDI 3 : F. Gilles part 5 jours préparer à En-Calcat la session annuelle des infirmiers monastiques pour un sujet des plus actuels  : la gériatrie.
MARDI 4 : Nous avons partagé ce soir avec simplicité notre expérience de mercredi dernier sur un premier jour de rupture : heureux ? subi ?  En tout cas un bien bon échange, dans l’ensemble tout à fait positif.
JEUDI 6 : Invité par Dom Lode, abbé d’Orval et P. Immédiat délégué de Tilbourg à faire connaissance de l’ abbaye fille du Mont des Cats qu’il n’a encore jamais vue, Père Abbé prend la route des Pays-Bas pour un premier contact.  Il en reviendra après-demain avec F. Pierre-André, que Dom Lode avait ramené avec lui. Père Marc-André nous fera par la suite un rapport chaleureux de cette première visite, voyant Tilbourg comme un second Ste-Marie-du-Mont en plus grand encore, et que ses occupants entretiennent avec une méticulosité inconnue de nous autres. Père Abbé définit la communauté : internationale, interculturelle et surtout intergénérationnelle, comptant 2 novices et 4 profès simples.
DIMANCHE 9 :  Le temps splendide se prêta on ne peut mieux à la bénédiction des rameaux devant l’église. L’assistance s’y révéla même si nombreuse qu’à la communion les hosties manquèrent de peu.
MARDI 11 : Père Marc-André et son prieur se sont rendus à la messe chrismale, précédée l’après-midi par la réunion des prêtres à l’Evêché, car à la célébration elle-même s’ajoutaient les adieux de Mgr Coliche, atteint par la limite d’âge, et l’accueil de son successeur Mgr Hérouard, qui recevra la consécration épiscopale le dimanche 30 avril.
DIMANCHE DE PÂQUES : Après les rudesses du carême, l’entrée dans le temps pascal est une vraie sortie du tombeau avec J.C., encore valorisée par les talents d’un chacun, qui pour le feu pascal, qui pour le chant de l’Exultet et la décoration du réfectoire et, durant l’eucharistie du jour de Pâques, pour la célébration des 50 ans de profession religieuse de F. Jean (16 avril 1967 – 2017) avec chant en breton et sortie de l’église en  fanfare  avec instruments à vent.
LUNDI DE PÂQUES : Pour nous remettre des tensions du triduum pascal, autant sans doute, que pour marquer le jubilé de profession de F. Jean et le retour d’hôpital de F. Pierre, Père Abbé a voulu que le repas de midi soit pris au coin-rencontre du réfectoire, avec menu ad hoc.
MERCREDI 19 ; Deux soirées de suite nous avons pu regarder un petit film (50 minutes) déjà ancien, en 2  parties extrêmement léchées tant pour les images que pour les dialogues, qui nous est venu de la Pierre-Qui-Vire.
MARDI 25 : La liturgie fête aujourd’hui Saint Marc, et la communauté son Abbé. Ce que nous avons commencé à faire sans plus attendre dès hier soir après le repas, en offrant à Dom Marc-André tous nos vœux accompagnés de cadeaux et autres surprises de P. Jacques, notre facétieux prieur. Ce matin encore l’eucharistie, célébrée à l’heure du dimanche, fut suivie d’un repas partagé comme celui d’hier soir en « libre-conversation », puis d’un DVD de Philippe Muyl, Le Papillon, filmé dans la belle nature du Vercors.
MERCREDI 26 : A sa  charge de cellérier, F. Daniel ajoute celle d’archiviste, et à celle-ci celle de photographe, qui toutes trois nous valent de loin en loin de superbes albums retraçant les divers événements et travaux en cours dans la maison, comme ce fut le cas dans l’immédiat avec les récentes fêtes de communauté.
VENDREDI 28 : Notre ancien curé Bertrand Lener est venu nous apprendre mille choses passionnantes sur les migrants cantonnés dans leur jungle de Steenvoorde et qui se trouvent être uniquement de jeunes érythréens et soudanais (Darfour). Ce sont à eux que nous offrons à sa demande les douches de l’hôtellerie deux fois par semaine.
DIMANCHE 30 : Père Abbé et F. Jean-Pierre sont allés se joindre à Lille à  la célébration diocésaine pour l’ordination épiscopale du supérieur du séminaire français de Rome, Antoine Hérouard, devenu  notre nouvel évêque auxiliaire.

La fin du mois coïncidant avec celle du livre du réfectoire, nous fait entamer une volumineuse biographie traduite du néerlandais et sobrement intitulée Godfried  Danneels.

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Dimanche Octave de Pâques

La paix soit avec vous

Lorsque Jésus entama sa montée à Jérusalem qui se termina par la mort sur la croix, Il avait prévenu ses disciples de ce qui l’attendait.  Pierre venait d’affirmer à Jésus : « Tu es le Christ ».  Après la première annonce de la Passion il se rebiffe et reçoit l’injonction cinglante de Jésus : « Arrière Satan » (Mc 8,29.33).  Il est facile, oui, de croire en la messianité de Jésus lorsque tout va bien et que les foules accourent et L’acclament.
Après la Transfiguration, où Jésus dévoile sa gloire à ses disciples préférés Pierre, Jacques et Jean, vient la seconde annonce de la mort prochaine de Jésus.  Les apôtres assimilent l’annonce mais en tirent une conclusion erronée : Ils se mettent à se quereller pour savoir « qui est le plus grand » (Mc 9,7.34). Qui sera à même de succéder au Maître lorsque celui-ci nous aura quittés ?  Voilà la question qui hante les disciples…
Au moment de la troisième annonce de sa mort prochaine, Saint Marc précise que Jésus avait durci son regard et que les foules qui le suivaient étaient saisies de frayeur et de crainte.  C’est à ce moment-là que Jacques et Jean, les fils de Zébédée, demandent d’être assis l’un à sa droite et l’autre à sa gauche dans le Royaume (Mc 10,32.37).
Le contraste est frappant, entre les annonces que fait Jésus et la réaction des apôtres.  On peut continuer la litanie avec les événements dans le Jardin de Gethsémani où les apôtres s’enfuient, avec Pierre qui renie par trois fois son Maître bien-aimé.  Au pied de la Croix et devant le tombeau, ce ne sont pas les apôtres qui se pressent, mais quelques femmes et « le disciple que Jésus aimait ».  Les autres, où sont-ils ?  Ils continuent à se terrer de frousse, certains ont probablement fui la ville de Jérusalem, de peur d’être à leur tour arrêtés.
Cette peur d’une autre catastrophe est celle que dépeint Saint Jean dans l’Évangile de ce matin.  Les apôtres, réunis dans la Chambre Haute, attendent fébrilement confirmation de la Bonne Nouvelle que leur ont annoncée les femmes au retour du tombeau au lever du jour.  Mais Jésus, ils ne l’ont pas vu et ne savent que penser.  Jusqu’à ce que Jésus lui-même fasse irruption au milieu des disciples, alors que portes et fenêtres étaient verrouillées.
Du haut de la croix Jésus avait dit : Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.  Cette parole s’adressait aussi aux disciples, aux apôtres, aux femmes, à tous ceux qui l’avaient suivi depuis la Galilée et qui maintenant… ne savaient pas qui croire ni que croire.  C’est pourquoi, au soir de ce premier jour de la semaine, Jésus ne regarde pas en arrière, mais en avant.  La paix soit avec vous !  puis Je vous envoie ou encore chez Saint Matthieu Je suis avec vous !  (Mt 28,20).
Rappelons également ce que Jésus a dit à Pierre durant le dernier repas qu’Il prit avant sa passion : j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères (Lc 22,31).
Ce qui était vrai pour les premiers disciples l’est encore aujourd’hui pour nous.  Affirmer sa foi, déclarer que l’on est chrétien pratiquant, c’est assez aisé lorsque tout va bien et que la religion est reconnue.  Mais par les temps qui courent, lorsque les chrétiens sont assimilés à des ringards, à des ‘tradis’, voire à des extrémistes, combien d’entre nous font tout pour cacher leur ‘croyances d’un autre âge’ pour faire bonne figure ?  C’est pour nous également que Jésus a dit, sur la croix Père pardonne-leur… et qu’Il a dit à Pierre : affermis tes frères.  C’est en lien avec ce message de l’évangile du Jour que l’on appelle désormais le dimanche de l’Octave de Pâques le Dimanche de la Divine Miséricorde.
Lorsque Jésus, en ce premier jour de la semaine, retrouve les disciples, Il leur parle de l’avenir.  La page de sa vie terrestre est tournée, maintenant il leur est demandé de proclamer la Bonne Nouvelle par toute la terre.  Jésus ne pouvant se montrer à tous pour qu’ils croient, Il dit à Thomas, comme nous l’avons entendu il y a un instant : heureux ceux qui croient sans avoir vu.  La parole des témoins, la parole des croyants à travers les siècles, doit nous suffire pour croire à notre tour.
Comme du temps des Apôtres, nous ne sommes pas seuls à croire, nous ne sommes pas seuls à vivre notre foi, nous ne sommes pas seuls parfois à douter de notre foi.  Mais nous pouvons nous référer à d’autres croyants qui, à l’exemple de Pierre pour les Apôtres, ont la capacité d’affermir leurs frères.
Par la participation à l’eucharistie, par la communion avec d’autres croyants, demandons à Dieu la force d’être, les uns pour les autres, des soutiens dans notre foi aux moments de doute et de peine.  Que Jésus ressuscité nous comble de sa grâce et nous fasse grandir en foi et en amour sur cette terre avant le festin des noces dans le ciel.

Frère Bernard-Marie

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Mars

VENDREDI 3 : Première réunion communautaire pour la mise en forme du rapport de maison pour le chapitre général à envoyer avant le 1er mai.  Le jugement global est encourageant : « synthèse plus louangée que martyrisée mais effort à poursuivre ».
DIMANCHE 5 : Nous achevons la projection en 4 fois du long film italien sur Don Bosco, version française, regardé par presque tous les frères.
MARDI 7 : De plus en plus souvent grâce au site de l’Ordre, de jeunes communautés africaines ou autres nous font part des professions solennelles de leurs nouveaux profès, que nous nous hâtons d’exposer comme autant d’heureux surgeons du vieux tronc cistercien.
JEUDI 9 : Un jeune journaliste des plus sympathiques travaillant à France-Info TV, a demandé à pouvoir passer une journée et demie en communauté avec sa petite caméra. Il s’y est montré d’une discrétion parfaite, partageant offices, repas et visite des ateliers.
VENDREDI 10 : Une seconde réunion communautaire aura suffi pour arrêter à l’unanimité le texte définitif élaboré vendredi dernier à l’intention du Chapitre Général. Il n’est plus qu’à l’envoyer avec une célérité qui fait honneur à notre bonne entente.
DIMANCHE 12 : Les bénédictins de Fontgombault (Solesmes), au diocèse de Bourges, ont reçu voici deux ans la paternité de l’abbaye de Wisques.  Nous avons pris plaisir à regarder ce soir un fort beau film de 40 minutes sur leur communauté.
MERCREDI 15 : P. Abbé est allé sur la journée à une réunion des responsables d’étudiants envoyés à l’Institut d’Etudes religieuses de la Catho à Paris.  Il s’agit chez nous de F. Pierre-André en 2ème année de ce parcours. Le projet étant de bien s’entendre sur la formation recherchée pour laquelle les étudiants sont envoyés.
JEUDI 16 : Père Jacques s’éclipse 3 jours pour aller visiter notre frère Oswaldo à Cîteaux, où il est à présent depuis une bonne année.
DIMANCHE 19 : En nous consacrant ce dimanche, notre évêque Mgr Ulrich nous a offert une journée aussi agréable qu’enrichissante : après avoir chanté la grand’messe et partagé notre repas, il nous a exposé durant une heure de temps ce que pouvait représenter la charge d’un grand diocèse, son quotidien et ses périphériques. Il s’est également déclaré fort satisfait de la mise en application du synode diocésain par les paroisses.
LUNDI 20 : Au passage de notre évêque succède celui de Mgr Jean-Luc Brunin, ancien évêque auxiliaire de Lille en charge aujourd’hui de l’Église du Havre, venu prendre une courte semaine de retraite.
MERCREDI 22 : Père Abbé, accompagné de Mr de Lauriston, de F. Florent et de F. Patrick, se rendent aux funérailles du mari de Mme Mulier, notre comptable en fromagerie.
JEUDI 23 : Mgr Brunin nous a partagé ce soir avec fougue quelques-unes de ses activités, notamment au Conseil Famille et Société de la Conférence des évêques, dont il est le responsable jusqu’au 30 juin après six ans d’exercice.
SAMEDI 25 : F. Daniel nous livre quelques échos de l’avancement des petits et grands chantiers en cours dans la maison.  Le plus spectaculaire reste bien sûr celui des 3 citernes d’eau en cas d’incendie, dont la première, de 120 m3, est déjà remplie, tel un beau coussin de plastic vert posé à même la pelouse du jardin de l’hôtellerie.
DIMANCHE 26 : Le passage à l’heure d’été s’est honoré d’un ensoleillement sans pareil que la petite schola a célébré à sa manière d’une nouvelle voix, celle de F. Vincent.
LUNDI 27 : Raphaël Buyse (Fraternité des Parvis) est revenu nous donner 2 conférences vraiment de saison sur Madeleine Delbrêl.  Elle nous invite en termes étonnants à une conversion, un dessaisissement dont ces quelques mots suffisent : Être prêts à partir vers ce qui arrive ; et encore : Tout doit procéder d’un cœur enseigné (par l’Esprit).
MERCREDI 29 : La communauté a connu son premier « jour de rupture de rythme », dont tous les frères semblent avoir vraiment profité.  Lever libre avec vigiles en privé, laudes-messe à 6 h 30, seul office avant les complies à 20 h 00.  Le repas de midi était en self-service mais celui du soir partagé en commun et parlé, dans le coin réfectoire vraiment utile pour de telles rencontres.
VENDREDI 31 : L’abbé Bernard Podvin, bien connu des lecteurs de la Croix du Nord, est venu nous parler des toutes proches élections présidentielles (11 candidats/candidates), élections qui se montrent plus embrouillées que jamais.

Après avoir achevé le dernier livre de Jean Vanier : Les signes des temps à la lumière de Vatican II (Albin Michel), nous en entamons un plus petit, rédigé par le Conseil permanent de la CEF en lien avec les prochaines élections : Dans un monde qui change retrouver le politique.

Et que la paix et la joie de Pâques vous gardent dans leur lumière.

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Deuxième dimanche de Carême

 Jésus priait.

Nous avons peu de témoignages de la prière de Jésus durant sa vie.  Nous savons seulement, par le témoignage des évangélistes, que Jésus se retirait fréquemment la nuit, seul, pour prier son Père.  Mentionnons également les 40 jours que Jésus passa dans le désert de Judée comme nous le rappelait la liturgie de dimanche dernier.
C’est après avoir passé 40 jours dans le désert que Jésus entame son ministère public.  C’est après avoir passé la nuit en prière qu’Il choisit les douze apôtres.  C’est après avoir passé la nuit en prière qu’Il enseigne à ses disciples le Notre Père.  Après avoir nourri les foules avec 5 pains et quelques poissons, Jésus se retire dans la montagne puis rejoint les disciples en marchant sur la mer.  On pourrait multiplier les exemples…  Mais jamais les disciples ne sont témoins de ce qui se passe entre Jésus et son Père.  Sauf en trois occasions : le Baptême, la Transfiguration et la Passion.
Regardons ce que ces trois révélations de la prière de Jésus ont apporté aux disciples.  Au Baptême, Dieu le Père affirme au Baptiste que Jésus est le Prophète attendu.  Des disciples de Jean qui ont assisté à la scène, décident de se mettre à la suite de Jésus.
Peu avant la Transfiguration, nous avons le dialogue de Jésus avec ses disciples à Césarée de Philippe.  Lorsque Jésus leur demande : Et pour vous, qui suis-je ?, Pierre répond avec conviction : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! (Mt 16,16).  Se sentant investi d’une autorité spéciale après la réponse que Jésus lui a faite : Heureux es-tu Simon, fils de Jonas… (Mt 16,17), Pierre fit de vifs reproches à Jésus après que celui-ci eût annoncé pour la première fois sa Passion prochaine (Mt 16,22).
Jésus se rend compte que les affirmations de Pierre sont fugaces et variables.  Afin de le préparer, lui et les autres disciples, à la passion qui semble inéluctable, Jésus décide de faire entrer ses disciples les plus proches dans l’intimité de sa relation avec Dieu son Père.  C’est pourquoi, sur une haute montagne, Il se montre à eux transfiguré.  Saint Luc précise, dans son évangile, que Moïse et Élie parlent avec Jésus de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem (Lc 9,31).
Jésus reviendra sur cette expérience lorsque, durant le discours après la Cène, il dit à Pierre : Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé.  Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères (Lc 22,31-32).
Devant la grâce insigne qui leur fut faite, et devant la scène inénarrable de la transfiguration elle-même, on peut comprendre, sans que les évangélistes ne doivent le préciser, que Pierre Jacques et Jean n’avaient pas les mots pour raconter leur expérience.  Ces mots leur viendront après la résurrection de Jésus.
Au jardin de Gethsémani, les trois disciples qui sont invités à suivre Jésus au plus près sont également Pierre, Jacques et Jean (Mt 26,37).  Pour ne pas être complètement effondrés par ce qu’ils voient et entendent, depuis la prière de Jésus :  Père, non pas ma volonté mais que ta volonté soit faite…
jusqu’à la mort sur la Croix :  Père, en tes mains je remets mon esprit…
les trois disciples avaient besoin de se ressouvenir de la Transfiguration.  L’épreuve fut terrible au point que Pierre, malgré tout, renia son maître : je ne le connais pas.  Tombé tellement bas, il pleura amèrement mais fut pardonné par un regard Jésus.  Après la résurrection de Jésus, Pierre put affermir ses frères et les aider à comprendre les événements.
Dans notre vie, nous ne sommes pas soumis à de telles épreuves.  Dans le Notre Père, Jésus nous invite à demander de ne pas « succomber » à la tentation.  Lorsque l’épreuve survient, Dieu nous donne la force nécessaire pour ne pas tomber.  À nous de le reconnaître, à nous d’appeler l’aide de Dieu et de ne pas compter sur nous propres forces.  C’est ce que nous enseigne le message de la Transfiguration lorsqu’on le met en perspective de la passion de Jésus.  Comment les disciples n’auraient-ils pas été tentés de se détourner de Dieu s’ils n’avaient pas eu cette vision de gloire peu de temps avant la vision de Gethsémani ?
Durant ce Carême, demandons à Dieu de nous combler de sa grâce pour rester fort dans les moments difficiles.  Nous devons prendre vraiment conscience que Jésus est toujours avec nous, à nos côtés.  Il ne nous abandonne pas si nous faisons appel à lui dans notre détresse.  Qu’Il soit notre joie et notre réconfort dans tout ce que nous sommes appelés à vivre.

Frère Bernard-Marie

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